Friday, September 07, 2012

Bibil is back!

Hé oui, me voici à présent rentrée de vacances, fraiche et dispose et légèrement mexicaine, ayant eu le temps d'emménager chez mes parents, de me réadapter à la vie en Belgique, de terminer quelques projets de couture, de commencer la promotion d'un livre, mais aussi d'aller à Londres, Düsseldorf, et Uccle (c'est loin, dites). 
La réadaptation a été un peu surprenante: je m'imaginais que cela se ferait instinctivement, d'un seul coup. Quand vous rentrez chez vous, c'est un peu comme si vous n'étiez jamais parti, non? Et bien en fait pas du tout. Tout d'abord, cela m'a fait très bizarre de rentrer chez mes parents, et d'être de nouveau nourrie, logée et blanchie comme pendant mon adolescence. Ce n'était pas pour me déplaire, en fait, mais il m'a fallu un petit temps pour réaliser que je ne devais pas aller faire mes courses quand j'avais besoin de quelque chose, je pouvais l'écrire sur la liste des courses, et un petit lutin allait me le chercher gratuitement. 
Il m'a fallu un peu de temps aussi pour réaliser que j'étais là sur le long terme. A chaque fois que j'ouvrais une brique de lait, je me demandais quand était la prochaine fois que je partais à l'étranger, pour savoir à quel rythme je devais la boire. A chaque fois que je choisissais mes vêtements de la journée, je faisais une sélection entre ceux que je comptais mettre en Belgique, et ceux que je comptais mettre dans ma valise. Le premier weekend que j'ai passé à Bruxelles a été très étrange: le samedi matin, je me suis réveillée super tôt avec la pression d'accomplir un maximum de choses et de voir un maximum de gens, pour me dire qu'en fait ce n'était pas grave, j'avais le temps, je ne devais plus compter mes jours.
Ensuite, une fois que je me suis sédentarisée un petit peu plus, je me suis rendue compte du temps qui avait passé. En un an et demi, il y en a eu des mariages, des bébés, des gens qui se sont casés ou qui sont partis vivre ailleurs. Ce n'était plus du tout comme en mars 2011. Les sorties avec mes amies célibataires se font maintenant aussi avec leurs copains; quand je rend visite à mes amies à bébés, je me retrouve non plus avec un, mais avec deux ou trois enfants; j'ai eu, en tout et pour tout, six annonces de grossesse à mon retour, toutes pour des filles plus jeunes que moi. 
Au bureau, nous avons à présent une fontaine à eau, des nouveaux WCs et une imprimante recto-verso. Je suis à présent dans les doyennes du centre de recherche, dans le top cinq des plus âgés. Tous ces petits jeunes de 23 ans qui commencent leur doctorat avec enthousiasme. Il y en a qui sont nés en 1990. Ils me regardent avec admiration quand je leur dis que j'approche de mon centième entretien. 
Si ils savaient, les pauvres, qu'un jour ils se retrouveront à ma place, face à la date du 1er octobre, marquant officiellement le début de l'Année de l'Enfer, l'année de la deadline, du bout du bout, du burn out et de la déprime, à savoir, la dernière année de financement (erronément appelée dernière année de thèse, même si en théorie il est toujours mieux que la thèse soit finie en même temps que le financement).
Bref. Bibil is back, same as ever. Avec la différence que quand elle vous invitera chez elle vous rencontrerez aussi ses parents, ses soeurs, son chien, et ses cousins; et il est fort probable qu'elle vous pousse à acheter son livre, ou au moins à retranscrire son centième entretien.

3 comments:

Dgé said...

Il est fort probable également qu'en allant voir sybille, vous décrouvriez une multitude de petits lutins en blocus ..

Bibil said...

Ce ne sont pas les mêmes lutins que ceux qui font les courses, par contre...

Maman said...

Lutins partis. Reste les parents,mais qui bougent eux aussi.
Sybille en profite pour étendre son domaine dans les chambres inoccupées.