Wednesday, July 04, 2012

La Vie des Autres - Victoria

Cette semaine, dans cette fabuleuse saga de l'été du blog, c'est Victoria qui s'y colle! Victoria est française, mais je l'ai rencontrée à Londres mon premier jour de cours, elle était en Angleterre depuis plus longtemps que moi et y est restée plus longtemps aussi. Au cours de nos conversations multiples il est apparu que la Belgique avait l'air de singulièrement la fasciner, mais malgré cela curieusement elle habite à présent au Qatar... Elle avait envie de vous partager son impression de la Belgique comme moi j'avais partagé mon impression de la France! Désolée pour vous si vous n'êtes pas Belges, ce n'est pas votre faute, ne blâmez pas vos parents surtout...

***

Mes très Chers Belges. 

Vous ne me connaissez pas. Moi non plus, mais je vous devine un peu travers ce blog. J’avoue, je suis un peu intimidée. Je sais bien que vous avez vos petites habitudes quand vous venez par ici. C’est le soir, vous avez attendu ce moment avec impatience. Vous êtes tous derrière votre petit écran d’ordinateur en robe de chambre, les pieds dans vos charentaises, touillant délicatement votre thé et ricanant à chaque trait sybillien. Mais ce soir, pas de Sybille, pas de photo de bouffe. A la place une usurpatrice vaguement légitimée par une histoire de guest post. C’est que Sybille elle a tellement de talent, elle est tellement drôle et intelligente et pleine de créativité, en plus on la connait… qu’est-ce qu’elle vient nous saouler avec ces guest posts… La prochaine fois je ramènerais le journal. Vous imaginez la pression pour ceux qui se coltinent le dit guest-post. C’est bien simple, je ne dors plus depuis trois semaines. En plus je suis même pas belge, bonjour le décalage culturel ! 

Sybille avait des instructions bien précises pour ce billet: elle souhaitait que je parlasse de mon quotidien. Mon quotidien le voilà : j’habite au Qatar. En ce moment il fait près de 50C et nous ne mettons presque plus le pied dehors la journée (juste pour aller jusqu’à la voiture). C’est pas pour dire mais c’est la déprime, je vais jamais réussir à vous divertir avec ca. 

Mais revenons à nos chameaux Pluto. 

J’ai pris une décision. Cette année j’ai pu suivre avec un brin de tristesse le désarroi de Sybille à Paris. Je me souviens d’un des premiers posts sur cette étape parisienne où je m’étais fendue la poire. Cela peut-être aussi un peu déstabilisant de découvrir les observations relativement détaillées, qui plus est dans sa langue maternelle, d’un étranger sur son pays d’origine. Je me demande comment vous réagiriez si je vous parlais un peu de la Belgique. Je connais très mal votre pays malheureusement mais j’aimerais vous en parler un peu. En fait c’est Sybille qui m’a fait découvrir le plus de choses sur la Belgique même si ce ne sont que de petites choses du quotidien : genre c’est elle qui m’a parlé des « Kots », des « kokoteurs » et des « kokoteuses ». Extraordinaire terminologie. 

 Au début je voulais vous raconter l’histoire du Belge qui prend un taxi à Paris et qui tue un passant mais je me suis rappelée du précieux conseil de mon père. Le moment était grave – je le revois encore. Nous étions dans notre domicile parisien. Il a rabaissé son journal et incliné sa tête pour mieux me voir derrière ses lunettes de presbyte. Très sérieux, il m’a dit que « quand tu racontes une histoire belge à un Belge, c’est mieux de transformer les Belges de l’histoire en Suisses ». Ca m’avait fait réfléchir : « Et pour l’histoire des trous du cul qui font du ski ? Je dis que c’est des Belges et pas des Suisses ? ». Mon père a eu un temps de réflexion mais avait finalement l’air assez sur de lui: « Non, l’expression ‘trou du cul’ n’est pas utilisée en Belgique, tu es donc coincée avec les Suisses ». Moment de bonding intense entre un père et sa fille. 

Mon père sait très bien de quoi il parle car il avait eu le temps de visiter la Belgique étant jeune homme. Un jour quand il avait 20 ans il a voulu aller passer des vacances en Grèce et comme ses parents l’avaient envoyé se faire cuire un œuf, il avait fait du stop. Sauf que : le chauffeur de camion s’était bien fichu de lui et il s’était retrouvé à Bruxelles. Si vous n’étiez pas tous Belges je vous dirais bien que mon père c’était lui le Belge de l’histoire mais malheureusement dans ce cas de figure très précis, je ne peux pas appliquer la règle citée plus haut et traiter de Suisse mon Marseillais de père qui se retrouvait en Belgique. Franchement, c’est tordu. 

J’ai été deux fois en Belgique. La première fois, c’était en 1999 pour le weekend de Pâques. J’avais quinze ans. J’allais avec une copine qui connaissait des vrais Belges (moi je connaissais que des doubles nationalités qui habitaient hors de Belgique). Je me suis retrouvée dans un endroit étrange qui s’appelait le Whos-Whos. Je n’oublierai JA-MAIS. J’avais tiré cinq enseignements de ce séjour (non pas au Whos Whos mais bien en Belgique) : 
1. Les Belges prononcent « ui » inversement de nous les Français. Par exemple, le « ui » de Quick se prononce comme celui de notre « huit » et vice versa. A l’époque je m’étais demandé comment vous vous sentez, vous, les Belges, quand un Français vous donne rendez-vous chez Quick à huit heures. Je n’avais pas osé poser la question, mais ce soir j’ose tout: Alors, c’est comment ? Dieu Merci, on se rejoint sur le « Oui » . 
2. Les Belges éclairent leurs autoroutes, eux. 
 3. PERSONNE ne ponctue ses phrases d’un « une fois ». 
4. Les Belges sont accueillants, sympas et joyeux. Évidemment c’est stupide de généraliser mais vous savez dans mon pays, on est tous un peu comme ça. 
5. Les Belges pensent que nous sommes belges et se prennent pour des Français : ils nous regardent bizarrement parfois et parlent lentement. 

Je ne m’étendrai pas sur ma deuxième visite en Belgique – un échec cuisant puisque je me rendais à Charleroi depuis Paris pour aller chercher mon amoureux anglais de l’époque sans portable et que cet idiot avait raté son avion et s’était rabattu sur un Londres/Paris… C’est pour vous dire que dans notre famille il y a une malédiction qui traine : on est happés par la Belgique. Cela se confirme avec ma sœur qui part s’installer à Bruxelles en juillet, également sur un quiproquo puisqu’au fond elle me le disait encore hier « je ne sais pas ce que je fiche en droit européen ». 

Avec tout ca, vous ne savez pas beaucoup de choses de moi et vous êtes rongés par la curiosité, c’est certain. « C’est qui cette folle qui s’est foutu de notre prononciation des « ui » sur ton blog Sybille ? ». Et moi qui essayais d’être drôle… J’ai même réussi à ne pas vous raconter de blague… jusque là… En fait il y en une que j’ai sur le bout de la langue et qui doit sortir. C’est une blague qui se raconte chez moi au Pays Basque. 
 - Qu’est-ce qu’un Basque ? 
- Un Belge qui n’a pas trouvé l’Espagne. 

Hahaha.

***

Victoria me précise qu'elle espère que mes lecteurs ont de l'humour au premier degré... Je l'ai rassurée en lui disant que vous étiez bon public (hein, dites?)
La semaine prochaine, nous avons Ophélie qui parle de son mémoire et de sa recherche d'emploi!

2 comments:

Anonymous said...

quick - huit
aucune différence de son pour moi !!
ca s'écrit u-i, ca se prononce u-i, non ?

je dois être belge :-)

Anonymous said...

ah mais si mon papa il dit trou du cul et il est belge! Puisque j'ai dit ça faut que je reste anonymous...