Tuesday, May 08, 2012

... Et après tout ca, je suis arrivée à Berlin

Vous connaissez cette sensation désagréable de retour de vacances au soleil, quand vous aviez quitté le sol espagnol à 28 degrés à l'ombre et que vous débarquez à l'aéroport de Bruxelles, il fait 2 degrés, il neige, vous etes en t-shirt et en sandalettes et avez oublié votre veste? Et bien, imaginez une impression contraire. 
Imaginez que vous quittiez Bruxelles, 10 degrés, pluie, grosse veste et grosses chaussettes, et vous débarquez à Berlin, 30 degrés, premier mai, congé, tout le monde heureux dans les rues en jupes et en ballerines avec une bouteille de bière apfelschorle dans les mains.
Ah, je pense que je me suis trompée de ville, j'ai atterri à Madrid et... Ah non, je suis au bon endroit.
Donc, le premier mai, je suis arrivée, j'ai constaté qu'il faisait douf, j'ai pris le U-Bahn, et je me suis rendue à mon appartement. 
Die Wohnung
Alors, les appartements à Berlin.
Sachez que dans Berlin il y a différents quartiers. Chaque quartier a un petit peu sa propre personnalité. En conséquence, le quartier que vous choisissez détermine qui vous etes. Un peu comme les arrondissements a Paris (sauf qu'eux ils déterminent juste quel est votre niveau de salaire).
En l'occurence, des tests de personnalités très poussés tendaient à démontrer que je devais soit choisir Prenzlauer Berg, le quartier bobo qui monte, soit Kreuzberg, le quartier jeune et branché. De toutes facons je n'avais pas trop le choix, j'ai galéré sévère à trouver un appartement pour une si courte période de temps, et finalement ca s'est fait deux semaines avant de partir, via une Allemande que j'ai rencontrée à Paris qui avait mis mon annonce dans une newsletter qui a été lue par une amie d'une fille qui cherchait à sous-louer son appartement pour cette période de temps. (Vous suivez toujours?) Et je me suis retrouvée (la coincidence n'est-elle pas formidable?) près de la Bergmannstraße à Kreuzberg, soit le sous-quartier bobo du quartier jeune et branché. Ce qui fait de moi, basiquement, une touriste qui suit les recommandations de son Lonely Planet. Mais je peux vivre avec ca. 
Das Brezel
Surtout quand on voit le quartier.
Le premier jour, donc. J'avais une présentation importante à faire le lendemain devant mon nouveau centre de recherche, il fallait que je répète; mais bon, le beau temps, le congé, tout ca, j'ai bien vite fait de faire ceci à la place.
Das Bier
Avec des amis d'amis qui avaient vu sur facebook que j'étais bien arrivée à Kreuzberg, et qui s'y rendaient justement ce jour-là. Eux ont trouvé un appartement à Charlottenburg, ce qui apparemment fait d'eux la vieille aristocratie allemande (??) (il y a une faille quelque part dans ce système d'évaluation). Et bon, ma présentation, ben voilà, oui.
Donc. Le lendemain, premier jour de travail.
J'arrive.
En retard.
Parce que j'ai pris le métro. Mais cette explication a généré des "aaaah" de compassion et a mené, dans les jours qui ont suivi, à un pret quasi-immédiat d'un vélo qu'une de mes collègues avait en double parce que franchement, je ne pouvais pas survivre sinon. 
Enfin, premier jour de travail, la responsable administrative m'amène à mon bureau.
Attendez, oui, là, relisez bien, mon bureau. Non non, pas un open space. Un vrai bureau. Avec un ordinateur, un téléphone, quatre rangées d'étagères, et mon nom écrit sur la porte dans une plaque de métal. Incroyable et déconcertant à la fois. Sachez qu'il a fallu six mois pour que mon centre de recherche belge imprime mon nom sur un bout de papier. De ma vie je n'ai jamais eu autant de luxe.
Puis, une fois installée dans mon bureau, l'administratrice me fait faire le tour du centre de recherche. Elle me présente à mes collègues qui 1. me répondent, 2. en anglais ou en francais parce qu'ils savent que je ne connais pas l'allemand et 3. d'une facon sympathique. Quel contraste par rapport à Paris, j'avais envie de me mettre à genoux et pleurer de reconnaissance. 
Puis vient le moment de ma présentation. On m'écoute, s'intéresse à mon sujet, me pose des questions critiques mais constructives (cad qui ont le but de m'aider et pas de me descendre comme à Paris), et on me demande, d'emblée, de les rejoindre pour le lunch. Dans la cantine. Cantine qui sert à foison des asperges, des schnitzels et des boules de Berlin pour 3€.
Je ne sais pas ou j'ai débarqué mais ca me semble etre le produit d'une heureuse substance hallucinogène se trouvant dans le pumpernickel de la veille, c'est pas possible autrement.
Et le soir, ben, de facon inattendue, ma vie sociale est assez bien remplie, parce que je connais des gens qui habitent à Berlin, ou alors parce que je connais des gens qui connaissent des gens qui habitent à Berlin, enfin tout cela finit par etre un très petit monde.
Die Gingercake
Vous reconnaissez Saskia bien entendu.
Quelques petites observations sur Berlin:
- Toujours regarder des deux cotés avant de traverser une piste cyclable.
- Les frites se disent "Pommes".
- Quand on ne sait pas quoi dire, on peut juste dire "genau".
- Dans le supermarché, il y a un rayon entier dédié au pumpernickel. 
- Un autre dédié à la viande.
- Le poisson par contre ca n'existe pas.
- Dans les boissons notoires, mis à part la bière, on a le Spätzi (moitié Coca, moitié Fanta), ou encore le Schorle.
- Et le Schorle c'est juste une tuerie. En fait c'est d'une simplicité déconcertante, c'est juste moitié jus de fruit, moitié eau pétillante, servi frais de préférence. Il y a le classique Apfelschorle, mais on peut le décliner à toutes les catégories, mes préférés étant de loin le Birneschorle (poire) ou le Rhabarberschorle (rhubarbe). 
- Et au supermarché, le schorle se trouve entre l'eau et les bières.
- D'ailleurs l'eau, par défaut, est pétillante. Il faut spécialement demander de l'eau plate si on en veut (et là on est inévitablement démasqué comme touriste).
- J'ai déjà eu une longue discussion sur des Brezels. Comment faire les Brezels, quels Länder s'y prenaient le mieux, quels gouts étaient les meilleurs, et pourquoi les Suédois n'y comprenaient rien. (?) (J'ai toujours pas compris pourquoi, en fait).
-Mon quartier est très connu pour etre celui de Curry 36, le "chez Antoine" berlinois, ou on peut manger la meilleure Currywurst de Berlin, avec des "Pommes" si on veut.
- La Currywurst est a ne pas confondre avec la Leberwurst. C'est très très différent.
- Un mec m'a réparé gratuitement le vélo que j'avais en pret et n'a pas arreté de m'appeler "Baby". Mais c'est parce que je venais de lui louer six vélos pour le weekend.
Oui. Six vélos.
Pourquoi?
Vous le saurez ce weekend.