Wednesday, January 04, 2012

Oui, oui, je sais, c'est fini les fêtes.

Au cas où cela ne se serait pas remarqué, j'ai fait comme un break d'ordinateur pendant les fêtes. Cela ne voulait pas dire que je ne travaillais pas, cela voulait juste dire que j'ai soudainement réalisé qu'attendre une réponse à mes emails entre Noël et Nouvel An était illusoire et que je pouvais me permettre - ô luxe suprême du doctorant! - d'éteindre mon PC et le ranger dans un coin jusqu'à l'année suivante.
(J'ai lu des articles à la place)
(Et j'ai quand même checké mes emails professionnels tous les jours depuis mon téléphone)
(Si vous voulez tout savoir, j'ai reçu un email, un seul, de la part d'une de mes étudiantes qui s'excusait de ne pas avoir pu retranscrire un entretien dans les temps impartis mais que maintenant elle était en blocus et que fallait plus compter dessus).
Il était plus que temps que je fasse un break, parce qu'avec ces horaires de fous, ces weekends qui n'en étaient pas, ce terrain bloqué et cette administration française kafkaïenne, j'étais un peu dans un état semblable à celui d'un macaron passé sous un rouleau compresseur. 
(Techniquement parlant je me demande si cette métaphore tient la route, parce que je ne suis pas sûre que dans ce cas de figure le macaron resterait aplati comme une bouse en miettes sur le bitume, il est très probable qu'il colle au rouleau compresseur à la place. Mais soit. Je demande à ce qu'on teste la chose).
Je me suis fait quelques amusantes petites crises d'angoisse en décembre, vous savez, celles où vous avez du mal à respirer et où la pièce vacille soudainement, et où vous vous répétez "tout va bien tout va bien il ne peut rien m'arriver" jusqu'à ce que cela ait l'air suffisamment crédible. Ou ces gentilles insomnies où vous vous demandez si c'est vraiment ça que vous voulez faire de votre vie, et si la vie a seulement un sens, et où vous vous rendez compte que soudainement vous êtes vieille et seule et moche dans un endroit étranger et vous vous demandez comment vous en êtes arrivée là. Enfin bref, ce genre de bonnes pensées positives qui vous aident à vous lever le matin d'un bon pied et qui ne semblent vous faire aspirer qu'à une seule chose: des vacances. D'où le break ordinateur plus que nécessaire.
Ca promet pour la fin de thèse, tout ça. 
Bon maintenant ça va, je vois les choses d'une façon plus positive. La situation du terrain se débloque progressivement maintenant que les fêtes sont derrière nous. Ici à Paris on est d'accord pour que je reste un peu plus longtemps si jamais je n'ai pas terminé mon terrain fin janvier. Entretemps, j'ai investi dans des légumes, des vitamines, de la viande et des fruits pour me rebooster le système. J'ai amené dans mes valises mon oreiller belge (no insult à celui de la Maison des Belges, mais quand même quoi), du linge propre et du chocolat. 
Par contre j'ai oublié mon épilateur.
Voici qui est fâcheux. Même en hiver.
Je suis gonflée à bloc, je vais réussir ce terrain, je dois réussir ce terrain, j'ai rechargé mon crédit téléphonique, je ne crains plus ni les "je vais vous retransférer au central", ni les "il a bien reçu votre email et il y répondra en son temps", ni les "ah mais vous voulez dire que vous enquêtez sur quelque chose qui s'est passé avant la refonte du système?". Et puis après tout nous pouvons toujours discuter sur la notion de réussite d'un terrain. Qu'est-ce qu'un terrain "réussi" après tout. Mmmh.
Que le prochain qui me dise que la thèse c'est la glande et que je suis sûrement en train d'utiliser l'argent de l'Etat pour batifoler dans les boutiques se fasse entartrer au merveilleux.
Quoiqu'il en soit, je constate que je suis arrivée au bureau à 9h, que j'y suis toujours et que j'ai faim; je vais donc vous laisser avec la promesse de posts futurs. Promis. J'ai bien reçu votre requête d'update du blog et j'y répondrai en son temps. Maintenant, je vais vous repasser au central.

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