Monday, December 05, 2011

Meet me at the Cupcake Cafe, Jenny Colgan

Si le titre ne vous en avait pas convaincu(e), la couverture ne vous laisse aucun doute: ce livre, c'est de la chick lit. Chic. J'adooore la chick lit.
"Meet me at the Cupcake Cafe", de Jenny Colgan, répond à tous les critères standardisés de la littérature du genre: une protagoniste à laquelle l'Anglaise moyenne peut s'identifier (à savoir très sympa, au physique anti-mannequin, sans le sou, qui aime la vie et avec un ou deux petites manies embarrassantes). Une situation de départ plus qu'insatisfaisante, avec un travail et un copain qui tous deux ne reconnaissent pas sa valeur. Elle a une super meilleure amie/coloc un peu excentrique et à l'amitié sans faille. Et elle a une passion: dans ce cas-ci la pâtisserie. Notre point de départ annonce aussi très clairement notre point d'arrivée, à savoir une situation idyllique dans laquelle tous les problèmes auront été résolus, où on aura la réponse au sens de la vie, et où bien entendu sera vécu le Grand Amour (en la personne d'une sorte de Mr Darcy rencontré assez tôt dans l'intrigue, mais comme la vie de la protagoniste c'est tellement le chaos, elle s'obstine à ne pas remarquer qu'il s'agit là de l'Homme de sa Vie - alors que bon même nous on l'a très bien compris).
Cette situation de départ plantée, arrive très rapidement un dénouement bouleversant (mais en même temps assez attendu parce qu'annoncé dans la quatrième): Issie, notre protagoniste à la muffinite aigüe, se fait virer de son boulot, larguer par son copain, et se retrouve de nouveau au point de départ à l'âge de 32 ans. Elle décide donc d'enfin poursuivre ses rêves: elle va lancer son propre cupcake café. 
Et c'est là que cela devient intéressant. Car qui n'a jamais rêvé de lancer son propre salon de thé? (Mais si c'est votre rêve, si vous pensez que ce n'est pas le cas c'est que vous êtes en déni, c'est tout). Et vous vous étiez imaginé cela comment, dites-moi? Un monde tout à fait idéaliste où vous porteriez un tablier à pois dans un salon de thé aux tons crèmes, roses et vert d'eau, avec des super fauteuils et plein d'espace et de lumière? Un endroit rien qu'à vous où vous seriez constamment entourée de farine, de sucre et de pâte à tarte que vous mélangeriez et goûteriez librement au cours de votre journée? Alors que se pressent continuellement des clients toujours sympas et vous achetant toute votre production parce qu'ils adorent tellement ce que vous cuisinez? Et en déco des livres et des Dala Horses et au menu des spécialités suédoises et des Cookies Merriman? (Bon d'accord, il se peut que j'ai déjà eu cette discussion auparavant avec une fidèle lectrice qui se reconnaitra).
Et bien ce livre est là pour vous démystifier. Il vous montre d'abord toutes les étapes par lesquelles est passée Issie: trouver l'endroit, obtenir un prêt, une licence, développer un business plan, un menu, le design des menus, faire des travaux, trouver les grossistes, et pour cela bien calculer quelles proportions seront nécessaires pour quoi, se spécialiser rapidos en café, trouver du personnel compétent, se conformer aux critères des 'food and safety inspectors' et 'fire inspectors', gérer la comptabilité et une paperasserie extraordinaire, se lever à 4h30 six jours par semaine, et tout ça dans un bon vieux contexte de crise économique. Et après avoir mis tant d'efforts dans son concept, on voit Issie ouvrir son salon de thé, et se rendre compte qu'il n'y a personne qui vient. Mais genre, personne, même pas ses propre potes. D'où le développement de multiples stratégies marketing, parfois foireuses, parfois moins foireuses, et l'arrivée de quelques horribles déceptions psychologiques. Le livre nous montre aussi que le monde de la pâtisserie n'est pas aussi rose qu'un cupcake à la framboise: des horaires impitoyables pour de très petites marges de bénéfices, une concurrence acharnée, une clientèle radine et/ou obsédée par son poids et/ou préférant aller au Starbucks. Au point où on est parfois, comme Issie, totalement écoeurée des cupcakes qu'elle cuisine matin après matin, toujours les mêmes, selon les mêmes recettes, répétés au final plus par la nécessité plus que par la passion de les faire. Après l'avoir lu, on réalise à quel point c'est un plan qu'il ne faut pas prendre à la légère. Et on a tout à coup beaucoup de sympathie pour les petits commerçants.
Mais cela reste de la chick lit avec tous ses critères de lecture: une feel-good atmosphère, un style d'écriture facile, de bons vieux clichés, des protagonistes qu'on aime ou du moins dont on rigole, une très prévisible happy ending, beaucoup d'humour et beaucoup d'amûr. Futile mais sans trop l'être. Assez enjoyable par ces temps de pluie. Et avec en bonus plein de recettes à l'intérieur.
En clair, je vous conseille de le lire si vous aimez la chick lit, si vous vous adonnez à la confection de pâtisseries à vos heures perdues, si quelque part dans vos rêves les plus fous ouvrir un salon de thé c'est votre kif, et si vous vous appelez Gwen. Ou alors si vous avez simplement envie d'avoir un livre rose avec des motifs de cupcakes dans votre bibliothèque.
(Attendez un petit peu si vous voulez le commander sur amazon.co.uk, d'ici quelques jours je suis prête à parier que la livraison va devenir gratuite pour les fêtes).

6 comments:

Anonymous said...

Je suis plus tables en pin et nappes à carreaux rouges et blancs, vintage style. Sinon I'm in.

Bibil said...

Quoi tu aimerais bien des nappes vichy? Mmmmh... On a un problème, là, Gwen. (Heu je veux dire Anonymous).

Esmeralda said...

As-tu change d'avis alors? Ou tu gardes cette idee pour tes vieux jours?
Parce que je me souviens bien de notre conversation qui a abouti a sortir ce bouquin de ma bibliotheque...lol

Je voulais aussi rajouter: N'oublions pas non plus que les certificats de Health and safety sont probablement plus faciles a obtenir en Belgique. D'un autre cote, etre independant sur le plat pays...

Esmeralda said...

Au fait ce serait vachement bien de te mettre au defit de faire toutes les recettes au moins une fois, a la Julie et Julia!! Y compris le truc aux poires retourne! ;) mmmmm

Alice said...

Ah ben merde, on est déjà trois à se reconnaitre dans la "lectrice anonyme". Cela dit, le fait que tu mentionnes les dala horses ne fait plus de doute, non? non? (Le dalahästkaffe?)

Bon, va falloir que tu me files ce livre hein!

Bibil said...

J'avoue que j'avais en tête le Dalahästkaffe en écrivant cela, mais aussi que j'ai librement partagé ce potentiel projet autour de moi...
Par contre je ne peux pas filer ce livre, vu qu'on me l'a déjà filé (et d'ailleurs Esmé je ne veux pas dire mais ce n'est pas ton nom écrit sur la page de garde)