Sunday, November 20, 2011

The Time Traveler's Wife, Audrey Niffeneger

Comment serait votre vie si vous pouviez voyager dans le temps? C'est, je pense, l'idée de base qu'a eue Audrey Niffeneger avant d'écrire ce livre. Elle a imaginé un homme (Henry) qui, de façon incontrôlable, se retrouve à voyager dans le temps. Le voyage commence comme une crise d'épilepsie; et hop! Henry disparait, laissant derrière lui vêtements et affaires, et débarque nu dans des endroits liés à son passé ou à son avenir. Parfois c'est sa chambre d'enfant, son appartement, la maison de son père; il s'auto-rend visite dans son passé. Parfois c'est dans une rue, dans un centre commercial, par -30°C. Pour survivre, il doit voler des vêtements, de l'argent, fuir, se battre, échapper à la police. Il ne contrôle pas quand il part ni où il arrive; c'est son subconscient qui décide pour lui; ça, ou une sorte de main invisible qui le place là où il doit être pour que les choses se passent comme elles se sont passées.
Puis, il y a Clare, l'épouse d'Henry.
Henry a rencontré Clare quand il avait 28 ans, et elle 20; mais elle, par contre, a connu Henry depuis qu'elle a six ans. Comment? Tout simplement parce qu'une fois qu'Henry a rencontré Clare dans son présent à lui, il s'est mis à voyager dans son passé à elle. Clare n'est pas le seul narrateur, mais c'est son fil conducteur temporel qui guide l'action, puisqu'elle avance dans le temps de façon linéaire, et Henry de façon circulaire. 
En fait, dans ce récit, on ne peut que se poser la question de la poule et de l'oeuf; qui est venu le premier? D'un côté, c'est Henry adulte qui va rendre visite à l'enfant Clare, et qui lui révèle leur avenir; mais quand Clare rencontre Henry dans son présent, il ne la connait pas, c'est elle qui lui raconte ce qui va advenir. Ou doit advenir. C'est comme pour tous les événements de leur vie. Tout ce qui s'est passé se passera, et tout ce qui doit se passer se passera également. Henry ne pourra rien y changer. Il pourra, par exemple, voyager dans le passé juste à temps pour assister à l'accident d'un proche; mais jamais à temps pour pouvoir l'éviter. On se demande dans quelle mesure Henry et Clare sont maîtres de leur destin, ou ont juste l'illusion d'avoir un choix. De fil en aiguille, le déterminisme se transforme en fatalisme. Les brèves incursions qu'Henry fera dans son avenir, ou que le futur Henry fera dans son présent, laisse prévoir de très sombres choses. Et le récit va devenir très très sombre.
Que veut-on réellement connaître de son avenir? Connaître les chiffres du loto à l'avance, c'est plutôt un avantage. Et puis savoir où on habitera plus tard, quel métier on fera, ça évite de se poser des questions. Mais imaginez savoir à quoi ressemble l'avenir des autres; s'ils parviennent à réaliser leurs rêves, s'il leur arrive au contraire le pire. Connaître la date et les circonstances du décès de chacun de vos proches, et vous inclus? 
Finalement, le récit est beaucoup de choses à la fois. Il explore les thèmes de l'amour, de la famille, de la perte, de l'absence, de la mort et du libre arbitre. Il est hyper bien ficelé, bien écrit, bien pensé. Ne le lisez pas d'un coup, par contre, savourez-le par petits bouts, et laissez-vous le temps de réfléchir aux différentes phases de la vie d'Henry et Clare. Parce que si on est un tout petit peu dedans, ça devient comme une vie réelle: il ne faut pas la laisser filer trop vite, il faut prendre le temps d'en profiter.
Bon et sinon la question existentielle de tous ceux qui regardent des films au lieu de lire des livres: oui, le film est aussi très bien. Il est fidèle au livre sans lui être trop fidèle; il en respecte l'esprit mais vous laissera l'occasion de découvrir l'histoire complète à la lecture. Bon le seul truc c'est qu'Eric Bana ne ressemble pas trop à Henry; Henry est maigre, félin, une croquette de combat; tandis qu'Eric Bana est hyper musclé et hyper bien présentable. Mais bon. Ce n'est pas moi qui vais me plaindre, hein.
Petite anecdote sympathique pour conclure: la première scène que l'auteur a rédigée, c'est la scène de la fin. Non mais n'allez pas la lire avant, hein, bande de schmets.

1 comment:

Anonymous said...

Rachel McAdams n'ôte rien non plus au plaisir du film :) elle a le don de me faire pleurer toutes les larmes de mon corps aussi (