Wednesday, November 02, 2011

Elle sort de son lit, tellement sûre d'elle...

(La palme de l'excellence musicale à qui sait me dicter la suite de cette chanson).
Et oui, me revoici, avec une glorieuse connexion internet qui s'appelle Alice et plein de charmants voisins partout autour de mes murs, plafonds et planchers, que j'entends tout le temps mais ne croise jamais.
Je suis arrivée à Paris via la nouvelle ligne de Thalys qui fait Zaventem-Paris Nord. Au départ, je trouvais ça très louche: il n'y avait PERSONNE. Puis on a fait une escale à Bruxelles-Midi, et j'ai compris (didju même l'Eurostar aux heures de pointe c'est pas aussi rempli).
Thalys
Mais j'ai (re)commencé à lire "the Time Traveller's Wife", qui est un excellent bouquin une fois qu'on passe les cinq premières pages. J'étais tellement accrochée que je n'ai même pas remarqué quand nous sommes rentrés en gare. Pourtant je connais l'histoire, hein, je sais ce qui va se passer. (Moi qui avais pris du point de croix et mes exercices d'allemand pour m'occuper, je pense que tout cela va patienter jusqu'à ce la fin du livre). (En même temps, je trouverai toujours quelque chose pour faire patienter mes exercices d'allemand).
Alors, la question que tous les Pariphiles me posent dès que je leur dis que je vais à Paris, c'est: "où ça?" Et bien, que cela vous intéresse ou non, sachez que je travaille dans le 6e à Sciences Po, et le quartier n'est pas mal du tout en fait. Dans ma rue se côtoient Ladurée, Gien, quelques antiquaires et pâtisseries à se pâmer. Un peu plus loin il y a le boulevard Saint Germain, avec toutes les grandes marques qu'on ne trouve que sur l'avenue Louise. Cet après-midi, j'ai même passé un peu de temps à essayer de voir quels magasins n'avaient pas de succursale dans le 6e. Pour le moment, je ne vois que Mariage Frère. (Mais en même temps, ils sont au Bon Marché dans le 7e, apparemment c'est pas si loin non plus).
Passage obligé 1
Passage obligé 2
(Passage obligé. Désolée. Et si vous vous demandez, non, ce n'est pas Dgé ci-dessus. Si cela vous intrigue, je vous laisse émettre vos propres hypothèses).
Mon premier jour de "travail" a été assez atypique, je ne m'attendais vraiment pas à cela. Il faut dire que j'avais derrière moi l'expérience de Londres, où je n'ai eu aucun problème à m'insérer dans le groupe, le problème a plutôt été de le quitter. Ici, c'était différent. Une fois toutes les formalités accomplies (badge, carte de bibliothèque, accès internet, etc), on m'a balancée telle la proie dans la fosse aux lions dans un open space, où se trouvaient sept ou huit doctorants hyper concentrés sur leur travail. Silence de mort. J'ai osé un petit "bonjour" qui a cassé le silence aussi fort qu'un pet dans un costume d'astronaute, personne n'a regardé, et je me suis assise à une place libre. Toute tentative d'engager un contact visuel s'est résumée à l'échec. En attendant le temps passait, et vous devinez la suite de l'histoire: est arrivé midi.
Il faut savoir que j'ai comme une sorte de hantise à chaque fois que je commence à travailler à un nouvel endroit: l'échec de ma vie sociale et professionnelle, dont l'essence et le principe-même se résume à ce simple postulat: ne pas avoir quelqu'un avec qui manger à midi. C'est bête, hein, mais depuis l'école secondaire c'est comme ça. C'est pas que ça me dérange de manger seule si je suis chez moi ou en déplacement. Mais si je suis dans un lieu où la norme est de socialiser sur le temps de midi, et que je ne suis pas dans la norme, j'angoisse.
Bref. Arrive midi. (Plutôt 13h30 en fait, mais ils sont fait de quoi l'estomac des français pour parvenir à attendre jusque là? Leur truc c'est se gaver de baguette le matin ou quoi?) J'espérais un départ groupé, genre ambiance de groupe, on s'aime entre collègues, je vais chercher des sandwiches tu en veux un, un peu comme à Bruxelles; ben non, je vois chacun se lever et se barrer individuellement sans dire un mot, toujours dans ce silence sacré. Bon. Il faut agir. Vient le moment crucial où j'entre en action, j'en choppe un au hasard sur le départ pour lui demander quels sont les arrangements pour le lunch. Il s'avère qu'il y a une salle à café quelque part dans le bâtiment et qu'on peut manger là. (Aaaaah voilà qui est mieux). Et apporter son repas si jamais on n'a pas envie de payer le prix de base du sandwiche dans le 6e, à savoir entre 5€ et 10€ (oufti). Bien.
Bon, du coup, je suis allée là-bas, j'ai mangé, j'ai socialisé, les doctorants sont divisés en petits groupes et ne se parlent pas les uns les autres même si ils travaillent dans la même pièce, c'est un peu bizarre. Maintenant c'est bon, ils voient qui je suis, ils ne me parlent pas encore de leur propre initiative mais sourient si ils me voient, pas sûre par contre qu'ils soient vraiment chauds pour que je mange avec eux tous les midis. Enfin on verra. Ca va être un long travail.
Après ça on m'a montrée une machine à café avec une révérence telle qu'on aurait dit que la lumière du spot, là, était une sorte d'aura céleste entourant la chose. Il s'est avéré qu'en fait le droit d'utiliser cette machine est réservé aux professeurs et aux chercheurs invités; donc moi par automatisme je fais "ah non ben je suis doctorante ça ne va pas", et on me regarde comme si c'était l'évidence-même et que j'étais la seule à ne pas l'avoir remarqué: je suis là avec le status de chercheur invité. Classe et pas classe en même temps. Ca explique partiellement le fait que tout le monde me vouvoie.
Ca va vite changer, cette histoire.
En attendant ce café était divin mais de ma vie je n'ai jamais bu quelque chose d'aussi strong. J'ai commencé par taper sur mon clavier de façon overcaféinée, puis j'ai commencé à trembler comme une alcoolique, puis mon estomac a fait des bruits bizarres, et un moment donné il a juste fallu que je rentre parce que ce n'était juste pas possible de travailler avec une dose pareille de café dans le sang.
(Puis j'ai pris une gosette en chemin, qu'on appelle chausson au pomme ici, et c'est allé mieux, et au lieu de rentrer chez moi je suis allée aux Champs Élysées pour constater que les magasins là-bas sont ouverts jusque 21h, mais c'est une autre histoire).
Enfin. Pour ce qui est hors du boulot ça va très bien, je vous remercie. Il y a plein de gens sympas à Paris que je n'arrête pas de voir et de revoir, des restos, pièces de théâtre, promenades, et autres macarons. Je loge temporairement dans une chambre de bonne dans le 7e, à côté de laquelle se trouve un Starbucks et un Sushi Shop. Je vais au boulot à pied, le matin je vois ceci:
Tour Eiffel
Et le soir je vois cela:
La Seine
(Enfin bon là je triche, ça a été pris un jour de congé, le soir quand je sors il fait noir en fait).
A part ça, quelques observations en vrac:
- J'ai envie de pain. De beaucoup de pain. Dans lequel je mettrais un macaron, ou un merveilleux. Mais pour le moment je me contente de Fourme d'Ambert (mmmmh par contre pas sûre que mes collègues vont kiffer). 
- Il faut que je me convainque une fois pour toutes que l'essuie-tout c'est du Sopalin, qu'un essuie est une serviette, ou le contraire, qu'on ne dit pas concierge mais gardienne, et qu'il va falloir faire quelque chose à propos de ce numéro de téléphone où il y a deux septante et un nonante, parce que soixante-dix et quatre-vingt-dix, il n'y a rien à faire mais c'est contre la logique de la langue française. 
- Il existe plein de sortes de baguettes différentes. Parfois jusque dix par boulangerie. Traditionnelles, spéciales, campagnardes, ficelles, au sésame, aux raisins, aux figues, aux noix, au miel, etc. Par contre les boulangeries n'ont pas toutes du pain, vous savez, du bête pain à tartines. Du pain quoi.
- L'info insolite du jour: au Carrefour, ils vendent des conserves de Tripes à la mode de Caen.
Voilà qui referme ce long post bien détaillé, et sur ce, je vous souhaite une très bonne fin de semaine!

6 comments:

Strep said...

la seine, la seine, la seine...

(keske j'ai gagné?)

Bibil said...

Allez Strep, parce que c'est toi, tu gagnes une visite de ma nouvelle maison! (Je suis sûre que tu exultes de joie)

Strep said...

Qu'exculte tout l'univers, que soit chantée en tout lieu, la puissance de Dieu, dans une même allegresse, terre et cieux dansent de joie, chante... (et toi, tu peux compléter hein?)

Bibil said...

Ben, chante Alleluia, hein, mfi! :-)

Alice said...

tu sais le Strepy c'est un inspiré de la chanson. Rien qu'aujourd'hui il m'a dit "first I was afraid, I was petrified" :-)

Line said...

ah paris! et ... les parisiens lol ben oui paris sans les parisiens ce serait pas pareil!
pour la baguette, perso j'adore la ficelle :p