Wednesday, July 27, 2011

La Suisse, donc.

Donc.
Nous étions partis pour la Suisse, avec comme but initial de faire ceci:
Le tour du Wildhorn en quatre jours. Challenge challenge, il s'agissait d'un parcours un peu plus difficile (lire: vertigineux) que notre précédent Tour des Combins, et qui allait sérieusement mettre à l'épreuve nos muscles et articulations de citadins dans la vie "active" (qui, nous le savons bien, n'est active qu'intellectuellement). Les prévisions météo n'étaient pas folichonnes, mais ce n'est pas grave, on décide de quand même tenter le coup.
Donc. Premier jour, nous garons la voiture au barrage de Sanetch, enfilons notre complet de pluie (car oui, il pleut), prenons quelques barres énergétiques pour nous donner du courage, et hop hop hop! On commence par descendre, puis monter, puis descendre, enfin normal quoi. La définition même de la marche en montagne, c'est que tout ce que tu descends tu devras le remonter, et vice-versa.
Entre Sanetch et Hind Wispile
Contrairement à toutes nos attentes, les chevilles d'Alice se tiennent tranquilles, et ce sont les genoux du Zouzou qui souffrent. Au bout d'une heure de douleur lancinante, il accepte, non sans dépit pour sa fierté masculine, de porter une genouillère. Au final tout le monde se porte bien, une personne aura des marques de bronzage bizarres au niveau du genou, et se profile une sombre histoire de gourde qu'on ne veut plus utiliser (mais ça n'a rien à voir avec le reste).
Bug!
Le tronçon Sanetch-Geltenhütte est en somme un peu sportif (surtout la "promenade de santé" sur la fin, 2h de montée raide pour arriver au refuge), mais pour les gens qui souffrent du vertige (comme moi) c'est impeccable: larges sentiers, ravins à distance. Et la vue est à couper le souffle, malgré les nuages menaçants.
Vue depuis Hind Wispile
Il y a plein de chutes d'eau entre Lauenensee et Geltenhütte, on se croirait dans un autre monde!
Vers Geltenhütte
(Cette photo a été prise juste avant la "promenade de santé" susmentionnée. Oui, la réponse est que la cabane se trouve très loin au dessus de cette petite chute).
Vers Geltenhütte
Et finalement, entourée d'un halo de lumière céleste (enfin presque) se découvre notre point de chute, merci Saint Genoux, et en enlevant nos chaussures on se rend compte directement que le lendemain, on va beaucoup moins rigoler.
Geltenhütte
Mais à ce que cela ne tienne: on a des bières, des magazines à thème alpin, un jeu de Uno, un repas gastronomique avec un de ces veloutés aux champignons ("non mais le plat principal on ne se ressert qu'une fois, hein" nous a dit la gardienne après notre troisième demande de refill), et plein de produits frais, on se demande comment ils sont acheminés jusque là (on mise sur un système de poulies un peu caché des regards).
Geltenhütte
Le lendemain, les courbatures se font sentir, on fait comme si elles allaient passer sans stress et on entame le second tronçon: Geltenhütte - Iffigenalp.
Vue sur Lauenensee depuis Geltenhütte
Nous nous retrouvons très rapidement dans un sympathique alpage totalement typique, ronronnant perpétuellement au son d'un petit générateur électrique, et alimenté par un système de poulie artisanal que nous avons pu cette fois-ci admirer de près.
On y trouvait aussi des porcs.
Porcs
Ainsi que des vaches.
vaches
Enfin, nous arrivons à un embranchement, indiquant tous deux Iffigenalp, mais l'un plus long et l'autre plus court. A côté du plus court, en signe d'indication, il est quand même écrit "Vorsicht". "Bah, ça n'a pas l'air terrible" dit Papa malgré mes protestations multiples (j'ai le VERTIGE j'ai dit). Alors bon, on y va quand même.
Vorsicht!
Oui, en effet, ça, c'était la partie qui n'avait pas l'air terrible. Mais après ça j'ai vite arrêté de prendre des photos, j'ai plutôt opté pour l'option "lutter pour ma survie", qui consiste à avancer au maximum avant que mon cerveau ne puisse enregistrer le vide en dessous de moi, parce que si je me laissais le temps d'y réfléchir, j'étais paralysée, c'était foutu, je ne savais plus avancer. Donc bon. A fond de balle sur des sentiers dont la taille faisait la moitié de la largeur de ma chaussure, juste à côté de ravins abrupts, mes muscles poussés par l'adrénaline, autant vous dire que je faisais une meilleure performance que les dopés du Tour de France. "Le problème avec toi c'est que tu t'imagines dans le ravin" me dit Papa. Non mais un peu, oui. On se trompe de chemin, il faut faire demi-tour, l'option "face à la montagne" n'est clairement pas permise car le chemin fait 5 cm à tout pêter, et hop vas-y qu'on se retrouve au dessus du vide, sans être encordé, j'en suis encore malade rien que d'y penser. Ma soeur a kiffé par contre, elle s'était crue au Parc Aventure à Wavre - la sécurité en moins, quoi.
Arrivés au sommet, on voit ceci.
Nur für geübte Berggänger
Nur für geübte Berggänger.
SANS. BLAGUE.
Vous pouvez le voir à ce stade, le ciel était carrément sombre, et la pluie se mettait à nous retomber dessus. Tout ce que je peux vous montrer c'est ceci, avant notre petit détour par Wildhornhütte, où nous nous sommes arrêtés pour manger au sec.
Vue sur le Wildhorn
Et après mon appareil photo était au fond de mon sac entouré par 3 sacs plastiques, et nous sommes descendus sous la pluie battante et dans le brouillard complet vers Iffigenalp. On était assez lents, les genoux de Cédric se manifestaient à nouveau, et mes muscles totalement tétanisé par leur expérience du matin refusaient de coopérer. Enfin, avec l'exception du moment où je me suis fait charger par un troupeau de chevaux (véridique), là bon l'adrénaline est revenue et je me suis barrée vite fait.
Bon, le soir-même, à Iffigenalp, le moral était un peu bas, mais ça s'est vite arrangé à la perspective d'une douche, d'un poêle et d'un chocolat chaud. Nous avons pu jouer avec les cochons au jeu de "cochon-cochon", qui consiste à s'approcher d'un cochon, lui dire "cochon-cochon" et le voir détaler.

Cochon Cochon! from Bibil on Vimeo.

Le soir, on nous a servi du cochon (oh tiens, justement), cuit en hypocuisson à 80°C pendant 12 heures, un délice. Et une crème au chocolat, aussi.

Crème au chocolat from Bibil on Vimeo.

Le lendemain, malheureusement, il pleuvait toujours autant, sans perspective d'amélioration pour les prochains jours. Il avait neigé 10cm de neige sur le col que nous devions emprunter, au point où le refuge de notre prochaine nous a conseillé de rebrousser chemin, même si mon père insistait que nous étions des geübte Berggänger (heu, objection). Nous avons donc dû couper court à notre parcours, et prendre un bus, puis un train, puis un autre train, puis un bus, puis un téléphérique pour retrouver notre point de départ.
Le retour
Bon, au final, on avait quand même mal partout, et j'avais été checker des images du Col des Audanes que nous devions prendre le lendemain, avec toutes ses petites cordes et échelles au dessus du vide, et ça ne me faisait pas vraiment rire. Et il a plu sur l'Oberland pendant toute la semaine où nous étions en Suisse. Donc bon, on a pris la bonne décision. Enfin, il aurait fait beau que nous aurions peut-être eu la chance de passer par certaines localités:
Sur le Sex
Sex Rouge
Sex Noir
Pro du Sex
Allez, ce sera pour la prochaine fois!

1 comment:

Dgé said...

He ben on peut dire que vous vous embêtez pas ! J'espère au moins que tu mettras toutes tes photos et commentaires dans un bel album hein!