*Attention, dernier post de 2010*
*Musique feutrée, éclairage à la bougie, odeur de cannelle*
*On est bons*
*Action*
On a un peu l’impression de se répéter avec le temps, mais voici encore une année qui se termine ! Sauf que cette fois-ci, elle est passée tellement vite que j’ai l’impression qu’il n’y a eu que quelques mois entre janvier et maintenant.
(Même si techniquement, c’est le cas)
(Voici qui vient de rompre le quart d’heure philosophique du blog).
Et comme il est de coutume à cette période de l’année, j’ai considéré ma liste de potentielles bonnes résolutions. Même si, dans la vie, je ne pense pas qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises résolutions. D’ailleurs si je devais résumer ma vie avec vous aujourd’hui, je dirais qu’il s’agit de rencontres, de gens qui m’ont tendu la main à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards ou les rencontres forgent une destinée…
(Quelque part dans ce post se cache un remake subtil d’une scène de cinéma célèbre ; ami lecteur, seras-tu assez fin que pour le débusquer ?). 2010, donc. Qu’est-ce que j’ai fait en 2010 ? Heu. Et bien, ma thèse. Parce qu’on a beau dire, « oh ben peinard Bibil, tu as jusque 2013, » une année de thèse ça passe très vite, et une deuxième année aussi d'ailleurs, et j’ai mine de rien un calendrier à respecter, et la mi-thèse dans quelques mois. D’autant plus que la date fatidique du renouvellement de ma bourse arrive, et que je voudrais bien avoir quelques résultats tangibles à montrer au jury. Donc, il faut bosser.
Mais la thèse ce n’est pas juste un job, c’est tout un processus mental. Un peu comme un dégât des eaux… L’eau trouve toujours un moyen de se frayer un chemin ; et une fois qu’elle est dans la maison, elle s’étend partout, laisse des marques partout, fait pousser des formes de vie parasites partout. (Oui, j’ai eu un dégât des eaux récemment). (Je vous expliquerai). Le résultat c’est qu’on devient complètement obsédé par la thèse, elle vous habite, elle vous possède, vous n’êtes plus qu’un simple outil dans le but ultime de sa réalisation, tout en angoissant légèrement en vous demandant si votre vie aura encore un sens une fois que vous l'aurez terminée.
Alors BIEN SÛR je nie la chose en me disant que j’ai une vie riche et remplie ; la preuve, c’est qu’il y a eu plein de projets en dehors de la thèse. En mars, par exemple, les Merri m’avaient donné les six pots d’herbes aromatiques les plus utilisées par l’ami Jamie en me disant, « on ne sait jamais que tu ais envie d’en planter dans ton jardin »… Et bien, 17 herbes aromatiques plus tard, on lançait un potager avec 7 légumes différents. Puis il y a eu l’entrainement aux 20km de Bruxelles, que j’ai tellement fait à fond que j’ai amélioré mon score de 15 minutes (contre 3 minutes l’année précédente). Ensuite il y a eu le scrapbooking. Puis la couture. Et puis, et puis… En fait en 2010 j’ai géré mes hobbies exactement comme ma thèse : il fallait de la production plus que de la création, il me fallait des résultats concrets. Autant j’avais la pression de devoir démontrer que je progressais dans ma recherche, autant je me mettais celle de devoir montrer que je progressais dans ma créativité. Du coup tous les hobbies que j’ai développés cette année étaient des passe-temps à faire seule ; forcément, puisque personne n’était prêt à suivre le rythme que je m’étais imposé. Parce qu’au final, impliquer quelqu’un dans mes loisirs c’était me ralentir, j'avançais plus vite toute seule, et de toutes façons ça n’intéressait pas vraiment personne. C’était assez frustrant, finalement, mais au moins je faisais ce que je faisais de mieux.
2010 a donc été hyper crevant. Chaque soir de la semaine était occupé par un cours ; chaque minute de mes week-ends était consacrée à un projet créatif. J’arrivais tout le temps en retard chez les gens, et je n’étais jamais à l’heure quand je les recevais chez moi. Je voyais toujours les mêmes personnes, d’ailleurs, car je ne prenais plus la peine que d’inviter les gens qui m’invitaient en retour. Je n’avais plus vraiment le temps de m’impliquer dans les amitiés oubliées, de garder le contact avec ceux qui ne faisaient pas d’effort de leur côté. Et puis, j’ai refusé trois propositions de vacances. Je n’allais plus à mes cours d’écriture créative. Je ne lisais plus. Je n’étudiais plus mes cours d’allemand. Deux ou trois fois par semaine, je mangeais des céréales le soir, parce que j’étais trop fatiguée pour me faire à manger. Et quand je repense à 2010, je repense à ce rythme infernal, à cette pression que je me suis imposée à moi-même, à cette to-do list irrationnelle qui ne fait jamais que s’agrandir, et à ces deadlines incroyables pour me prouver que je progresse. Et je me dis qu’il faut que ça s’arrête, que je ne tiendrai pas à ce rythme-là une année de plus, que finalement le temps passe très vite et que je suis tellement occupée que je ne vois plus les semaines ni les mois partir.
*La musique de fond s’intensifie, la lumière se tamise davantage, le suspense atteint son paroxysme*
*Et paf ! Pause publicitaire*
*Haha, un quart d’heure plus tard, vous revoici, bandes d’addicts.*
Tout ça pour dire que cette année-ci je devrais arrêter avec toutes ces résolutions, ces promesses internes d’accomplir des choses. Je devrais plutôt me recentrer sur ce qui est important ; c’est-à-dire que bon, oui, je suis en retard sur l’agenda de thèse que j’ai fixé avec mon promoteur, et qu’il ne faut pas déconner avec ça. Mais le reste n’est pas important. Je ne suis pas obligée d’améliorer mon score à chaque fois que je cours les 20km de Bruxelles. Ce n’est pas important si j’invite des gens autour d’un bête spaghetti et d’un dessert tout préparé. Ce n’est pas important si j’arrive à un dîner avec juste une bouteille de vin au lieu de quelque chose de plus spécial. Je ne suis pas obligée de toujours être généreuse. Les gens n’en ont finalement que très peu à faire si j’amène des muffins au bureau, si j’organise leur anniversaire ou si je leur donne des plants de tournesol de mon jardin. Personne ne me reprochera de diminuer les trois updates de blog/semaine. Et puis, je n’ai pas une deadline pour apprendre à coudre, ni pour écrire un livre ; il faut que j’arrête de penser que je devrai tout avoir accompli avant mes 30 ans, et que la vie s’arrêtera après ça. Au fait, pour résumer cela, il faut que j’arrête de m’obliger de toujours devoir aller de l’avant, de toujours devoir découvrir de nouvelles choses, de toujours vouloir apprendre sans arrêt. Cela ne me rend pas plus intéressante pour autant ; cela me rendra juste plus fatiguée.
...
Évidemment si vous avez envie d’inclure dans vos bonnes résolutions de 2011, « retranscrire les entretiens de Bibil gratuitement », vous êtes les bienvenus, hein !
Ah oui, et heu, * Générique de fin.*
*Pendant que les crédits défilent dans une toute petite fenêtre, on annonce avec une voix enjouée le futur premier post de 2011*.
*Bientôt.*
*Si.*








