Friday, April 30, 2010

Dé(sin)tox

Il s'agit d'une bonne résolution que j'ai prise approximativement le 25 décembre 2008 vers 21h42, jour où j'ai reçu le livre de Martine Fallon (encore un cadeau des Merri - moultes remerciances, une fois de plus). Un peu de contextualisation: je feuilletais le livre au hasard, pestant à moitié contre le manque évident d'illustrations et contre l'absence criante de la touche glamour Jamie, quand j'ai vu: Cure Détox. J'ai lu le programme à voix haute, parmi les ooôÔôooh et les aaâÂâah de l'assemblée, puis j'ai vu que cela incluait pas mal de cuisine chipot et surtout une journée entière à ne boire que du liquide. Je me suis resservie de bûche en me disant, "un jour, Bibil, tu devras faire ça.".
Et bien ce jour, c'est aujourd'hui. En cette belle matinée du vendredi 30 avril 2010, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai entamé la cure détox de Martine Fallon.
Pourquoi? Je lis. Mais pour "évacuer les toxines accumulées, mettre ses organes au repos, retrouver de l'énergie, de belles formes, une jolie peau." Ah. Ca tombe bien. L'objectif Bikini 2010 est en phase stagnante malgré l'approche imminente de la deadline. Le niveau énergie est basse, j'ai un peu du mal à suivre le rythme de plus en plus fou de ma thèse, et en dépit de l'application régulière du Plan de Lutte contre l'Obésité de Danio (cad courir avec Danio dans la forêt), Gaëlle court toujours plus vite que moi. 
Alors.
Ce matin.
Hop, un verre d'eau chaude avec 1/2 citron (détoxine le foie). Jus de fruit frais de pomme/carotte/gingembre, et pain d'épautre avec de l'avocat dessus. Sauf que. Pour se faire un jus de fruit frais, il faut une centrifugeuse. Ah! Me diront les plus perspicaces, mais Bibil tu n'as pas de centrifugeuse! N'étais-ce pas toi qui d'ailleurs, prenait position contre l'inutilité d'une machine pareille, rajoutant que si on voulait t'offrir quelque chose, il fallait investir dans une machine à glace? (Ca, c'est dit, glissé subtilement et tout, vous avez vu comme c'est bien passé?). Et que fait-on quand on n'a pas de centrifugeuse? C'est très simple: on mixe les fruits et légumes, puis on passe dans un tamis.
Chipot, chipot, et au final j'ai dû supplier mon coloc de manger la purée de pommes/carottes/gingembres, qui était très bonne mais en quantité un peu plus nombreuse que prévue.
Donc en tout, j'ai mis 45 minutes à petit déjeuner. Ce qui fait que sur mon chemin du boulot, j'ai investi dans du jus de carotte. Hé Oh! C'est vendu en magasins bio, c'est que ça doit être bon, non?
A midi, j'amène, pleine de courage et de détermination, ma bouteille de jus Breuss, dont la composition (betterave, carottes, céleri, radis noir), me fait encore plus rêver qu'un plat de chicons au gratin. Mais bon. Il s'agit peut-être d'une appréhension disproportionnée, peut-être qu'en fait, c'est bon. Préjugé que tout cela, il est temps de mettre mon orgueil de côté.
Je me sers un verre. Je regarde. C'est rose foncé. Et là je commets une erreur: je respire la chose. Réaction hypodermique. Berk! Mais je ne vais quand même pas boire ça! Bon, le verre est servi, tant pis: je me lance, je goûte. Le liquide n'a même pas le temps de passer mon palais que je l'ai déjà recraché. Immonde. Infâme. Ignoble. Il n'y a pas assez de mots. Mais en attendant je suis là, au bureau, avec ce verre qui pue la rage, et bientôt des gens qui vont me poser des questions sur son contenu douteux. Dans un geste d'héroïsme et d'abnégation suprême (admirez, admirez), j'aphone - oui, j'aphone! - le verre de jus Breuss, berk berk berk, je bois deux litres d'eau pour faire passer l'arrière-goût, ni vu ni connu. Puis je continue par un plat de risotto aux pleurottes, recette de Jamie, ce qui n'est qu'une petite adaptation personnelle du menu de Martine. Elle avait dit "un plat à base de riz", après tout. 
Enfin, voilà, j'ai presque survécu à la première journée. Sauf que là, il est 17h. J'ai eu droit à un fruit à 16h. J'ai faim.
Je veux du sucre.
Non mais en fait, ce truc, on ne nous le dit pas mais c'est un régime caché, je crois.

Monday, April 26, 2010

Alert, Alert

Les limaces ont insidieusement, perfidement, soudainement et surtout totalement envahi Curry la plante Curry, et Martin le thym citron... Booooh... Moi tout ce que je voulais c'était vivre en paix dans un monde en harmonie plein de petites fées et de papillons!
Suivant les bons conseils d'un livre récemment reçu, on a mis de la bière à proximité. Mais [coloc anonyme] me dit quand même que s'il était une limace, il resterait sur la plante curry, elle sent meilleur. Et pourtant c'est un coloc qui aime bien la bière. Ah, le désespoir. 
J'ai bien eu envie de vider mon pot de sel mais j'ai eu peur des effets secondaires sur Curry et Martin.

Friday, April 23, 2010

Cela marchait d'ailleurs tellement bien que...

... J'ai décidé de m'aventurer à faire des semis.
Semis
Oui. J'ai de nouveau eu recours au livre offert par les Merri, et j'ai planté des potimarrons, des tomates cerises et des butternut squashs, en recouvrant le tout d'un film plastique pour leurrer la graine et lui faire croire qu'elle est dans une serre, youpie, grand luxe, et en fait pas du tout. Mais enfin. Ne nous attardons pas sur les désillusions précoces de ces pauvres petites graines qui n'ont encore rien vu du monde que l'emballage d'un sachet Brico.
Ami lecteur, à ce stade-ci, tu te demandes sans doute ce qu'est une butternut squash. Saches que Jamie (mon idole!!! Aaaah!!! Jamie!!! Je me pâme) l'utilise beaucoup dans ses recettes. Les supermarchés anglais en débordent, il y en a plein partout, mais dès qu'on arrive de ce côté-ci de la Manche, c'est une autre paire de - enfin, vous voyez de vous-mêmes le jeu de mot qui s'impose. La butternut squash s'appelle Doubeurre en français, nom qui évoque le goût délicieux de cette courge, en particulier le velouté que sa texture permet d'obtenir en cuisine. Je n'invente rien, c'est sur wikipedia. Et pour le moment ça pousse, lentement certes, mais ça pousse. A part un plan qui a décidé de moisir. Mais c'est son choix.
Et by the way je ne suis pas la seule à faire des petites plantations chez moi.
Kevin a planté des courgettes
A croire que les doctorants ont beaucoup trop de temps devant eux (à en juger par les cernes de ce cher confrère qui doivent être aussi importants que les miens).

Thursday, April 22, 2010

Oh, du texte.

"Bibil, c'est pas cool, sur ton blog il n'y a plus que des photos, et il n'y a plus jamais de texte". Certes, je te le concède, ami lecteur. Et il y a une raison bien spécifique pour cela: je travaille. Enfin, pas à l'heure actuelle, car au moment où ce post sera publié, je me trouverai dans un Eurostar en direction de Londres, où j'irai consulter un éminent spécialiste en... Ah, non, c'est aussi du travail. Fichtre.
Mais le concept reste le même: la deadline, les complications dues aux interruptions du trafic aérien, le travail le week-end, les nuits sans sommeil à cause du stress traumatique, tout ça. Je me trouve déjà très généreuse de penser à ton divertissement, fidèle lecteur, et de scheduler des posts pour que tu ne tombes pas dans un syndrome de manque et ne me facture pas la dépression qui va s'ensuivre.
Mais soit.
Du texte tu veux, du texte tu auras, et tu seras donc forcé de TOUT lire sur mon nouveau potager, et de m'en remercier en exprimant ta joie.
***
Tout a commencé par un soir de mars, où de généreux convives m'ont offert pour mon anniversaire de 25 23 ans deux énormes bacs de plantes aromatiques en me disant: "Bibil, ton challenge, c'est que ce truc reste en vie."
Le cadeau
Certes. Faut-il rappeler mon historique jardinier, où j'ai tué en une semaine trois des dix plantes que Nina m'avait confiées en plante-sitting. Ainsi que de successifs plants de basilic, coriandre et autres achetés pour compléter une recette de Jamie et sporadiquement arrosés jusqu'à leur inévitable décès... Et je ne vous parle même pas de mes fraises sur Farmville qui - Ah non, c'est vrai, ça ne compte pas.
Mais bon, autant vous dire que de maintenir en vie pas moins de 9 sortes d'herbes aromatiques différentes, c'était le challenge du siècle. D'ailleurs les Merri m'avaient offert un livre explicatif au cas où j'aurais besoin d'assistance. Et j'avoue, J'AVOUE. Ce n'est que lorsque le basilic a commencé à piquer du nez que je me suis dit, Bibil, ce livre tu le lis.
Et là j'ai lu. (Retranscription approximative).
1. "Bibil, dès le moment où tu reçois les plants d'herbes aromatiques, tu les plantes dans ton jardin, genre tout de suite, là, il faut que tu te bouges." Ah, ben pour le coup ça faisait déjà deux semaines; c'est malin, il y avait des racines qui s'étaient échappées par les petits trous en dessous des pots et qui s'étaient développées tout autour. Mais bon. J'ai tout planté. Après avoir dégagé le parterre de rosier qui était envahi par des mauvaises herbes de toute sorte; vous ne me croirez peut-être pas, mais ça m'a fait trois brouettes de trucs à aller dumper généreusement donner au compost de mes parents.
2. "SAUF le basilic." Ah. Je déplante le basilic, hop, dans un pot très large avec du terreau, pour lui laisser de l'espace, tout ça.
3. "PAS que du terreau, Bibil, enfin! Le mélanger aussi avec de la terre du jardin, sinon la terre est trop riche, le basilic pousse trop vite, etc etc". Nom d'une bêche. Hop, un peu de terre en plus, ni vu ni connu. Ahaaa il pousse quand même vite, mais on va dire qu'on n'a rien vu.
4. "Ah oui et by the way, ne pas trop arroser le basilic, sinon les racines vont moisir". Ca, ça va. Sauf que j'avais beau ne pas trop l'arroser, j'avais l'impression qu'il était comme constamment noyé et que le terreau la terre mélangée au terreau était dans état de pourriture permanente. Jusqu'à ce que mon coloc me dise, une semaine plus tard, "tu as vu Bibil j'arrose ton basilic tout le temps, presque deux fois par jour! C'est cool hein?". Ce qui est très généreux, mais malgré tout n'a pas reçu la gratification que cela méritait. (Je m'en excuse d'ailleurs publiquement, si toutefois ledit colocataire lit mon blog. Mais comme je sais bien qu'il ne le fait pas, je peux balancer tout ce que je veux sans que cela ne me porte préjudice).
Enfin, après toutes ces péripéties, cela fait près de deux semaines que j'ai tout planté, et je dois même dire que le jardin se porte bien. Je l'ai même agrémenté de quelques plantes supplémentaires...
Plantes aromatiques
Ce qui fait que j'ai à présent dans mon jardin de la sarriette, du thym, du thym citron, deux sortes de romarins différents, une plante curry, de la coriandre, de l'estragon, de la ciboulette, du persil, de la sauge et de la menthe.
(Ici, la sarriette)
Sarriette
Et bien entendu le si problématique basilic.
Basilic
Pour le moment, je ne leur ai pas encore donné de prénom, à l'inverse d'un fidèle lecteur et ami bloggeur à qui je viens subrepticement de retirer l'accès à mon blog. D'un autre côté, ce serait un peu difficile, vu que tous les prénoms évidents (Basile le basilic, Tomato la tomate, Syboule la ciboulette...) ont déjà été pris par le colocataire de l'individu susmentionné (qui parle à ses plantes) (c'est véridique)(Aaaah je suis en Angleterre, je ne peux pas retirer cette info avant dimanche, c'est dommage). J'avais pensé à Romain le Romarin et Persée le Persil, mais à part ça... Si vous avez des idées...

Wednesday, April 21, 2010

Oh, un vieux dossier

Suisse 20
Bon, allez, je vais me calmer, maintenant. Sauf si l'un de vous repère justement une photo dans mon compte flickr qui aurait le grand mérite de se retrouver sur le blog...

Monday, April 19, 2010

Oh, un vieux dossier

Brulage de Culotte de Diane
Il n'y a pas de raison que Ga*lle soit la seule dont les photos de l'enterrement de vie de jeune fille ressurgissent...

Saturday, April 17, 2010

Oh, un vieux dossier

La vengeance est un plat qui se mange froid, et aux Invalides, on aime bien les crudités...

Friday, April 16, 2010

Oh, un vieux dossier

Daft Punk revisité
Je me demande bien comment il n'est pas ressorti plus tôt, celui-là?

Monday, April 12, 2010

Oh, un vieux dossier

Oooh qu'elle est jolie dans le métro
(Désolée de cette relative trahison, j'avais dit que JAMAIS je ne la montrerais, mais c'était pour le bienfait de mon lectorat)

Friday, April 09, 2010

Thursday, April 08, 2010

Je peux le faire.

Bon, le temps passe, tout ça, mais il est temps que je m'établisse un petit planning.
- Aujourd'hui à dimanche 11 avril: terminer la partie théorique de ma thèse. (On y croit). (J'ai plus que 400 pages à lire et ça devrait être bon).
- Lundi 12 avril: commencer mon terrain.
- Lundi 12 avril à la semaine d'après, je... Mais, MAIS! Qu'est-ce que c'est que ça? Je pars à Londres? Rho Bibil, mais tu es inconsciente ou quoi? Bon. Rectification. Lundi 12 avril jusqu'à ce que je parte à Londres: je fais 5 ou 6 entretiens. 3 non-directifs, puis j'établis un guide d'entretien et je teste sur 3 entretiens semi-directifs. Je file les retranscriptions à un étudiant naïf pendant que je pars à Londres, je reviens, tout est fait. On sera dimanche 25 avril. Au besoin, je décharge ma frustration sur l'étudiant naïf et je fais comme si tout était de sa faute.
- Entretemps, samedi 17, j'entame la saison des mariages.
- Du lundi 26 avril, je... Mais, MAIS! Qu'est-ce que c'est que ça? Trois jours de conférence? Non mais je... Ah oui quand même, ça a plutôt l'air important. Enfin, imaginons, les retranscriptions sont terminées, j'analyse un peu, tout ça, et hop, dimanche 2 mai l'analyse des données c'est fini.
- Lundi 3 mai je commence à synthétiser, genre les entretiens plus tout ce que j'ai fait depuis octobre 2009.
- Mardi 18 mai je présente les premiers résultats de ma thèse. C'est possible. Inspirer. Respirer. C'est touuuuut-à-fait réalisable. Ah, j'ai écrit un truc. ...gnagnagnagna "rendre article mardi 11 mai." C'est genre une semaine plus tôt, ça, non?
- Bon, soit, ne stressons pas pour si peu. J'ai tenu de bien plus brefs délais. Allez, la semaine d'après, qu'est-ce que je vois? Dimanche 30 mai, 20km de Bruxelles. Ah oui, tiens. Bon, zou, j'intercale dans tout ce beau planning, "entrainement 20km de Bruxelles."
- Mais oui Bibil, intercales-le, le sport c'est bon pour ce que tu... Oh! J'ai écrit un truc, là, en tout petit? ...gnagnagnagna "Attention, examen final d'Allemand fin mai - date à confirmer."
Iiiiiik.
Respire, Bibil, respire.
Un peu de méditation zen. ôôôÔÔôôm. Je me sens détendue. Je suis capable de gérer mon temps. Je... hein? La saison 5 de How I Met? Sans rire, on me la file demain?

Ceci dit, il n'y a pas si longtemps, j'étais sur les pistes de ski

Juste pour vous le rappeler, au cas où aviez cessé de m'envier depuis mon retour. Ski. Neige. Grand air. Tout ça. J'y étais. J'espère que vous êtes tous très jaloux.
(Parce que pour le coup si vous êtes en vacances à l'heure actuelle, je ne vous envie pas, mais alors là PAS DU TOUT.)
Quelques photos pour étayer mes dires.
Bon, on a eu un peu de tout avec la météo. Pluie, neige, beau temps... Hein? Oui, pluie, sur les pistes de ski. Pas du tout bizarre, pas du tout, surtout que contrairement à la neige, la pluie se fiche du nombre de couches d'imperméabilisant que vous avez mis sur votre combinaison. Mais détail que tout cela, pour le reste on a eu vraiment de la chance avec le temps, la météo nous a été très favorable, et je dirais même plus: un très beau temps pour la saison.
Tempête!
(Et hop, une petite photo de piste noire très pentue, sur laquelle nous pouvons voir Gaëlle posant fièrement, et en arrière-plan Christophe récupérant ses skis).
Mal embarqués
Et que serait une bonne piste ensoleillée sans une bataille de boule de neige pour nous refroidir?
Le vainqueur de la bataille de boules de neige
Attention falaise!
Falaise!
Et je pourrais continuer à élaborer sur les zitchdogs, waterslide, killer, Junta, nothing suits me like a suit et Allo le monde multiples, mais je pense que je vais juste conclure avec cette photo évocatrice:
Chick Lit
Ne cherchez pas trop longtemps de qui il s'agit, c'est Gé.
(Qui nous ferait bien un petit guestpost, non?)

Tuesday, April 06, 2010

Bibil, à 16 ans

La suite, la suite, la suite!
(C'est pour faire genre on m'acclame, on a vraiment envie de savoir ce qui se passe après, il y a du suspense, tout ça).
(Voilà qui est fait.)
(Et donc voici la suite).
Aaaah, mes 16 ans, que de souvenirs! La première fois que mon coeur a fait boum... Quoi, Bibil serait-elle en train de déroger à une de ses règles fondamentales et vous révélerait-elle sa vie sentimentale? Hum. Je me tâte, je me tâte. Mais enfin, dans ces circonstances-ci, je pense que je peux élaborer. Si, si. Je vous avais dit que j'avais du lourd.
(Maman, vas donc faire un tour dehors et reviens à la fin du post.)
(Et je serais reconnaissante à celles qui connaissent le prénom de l'intéressé de le garder pour elles).
(Line, tu remarqueras l'exaltation euphorique de ce post, j'espère que ça te fera plaisir).
(Oui, je rajoute des parenthèses si je veux, ça postpose le moment où je vais devoir révéler ce que je vais devoir révéler).
(J'ai honte).
(Mais enfin, je l'ai écrit, je l'assume.)
(Ou pas).

"11/05/1999

Cher Journal,

La vie est si belle! Si belle! Comment n'ais-je pu m'en rendre compte plus tôt? Je me sens si bien, si légère... C'est comme si je n'avais plus aucun soucis dans ma vie. J'ai l'impression de planer au dessus de moi-même. Je n'ai jamais été aussi heureuse!
En fait, samedi soir, dans le trajet du retour, [Ohooo?] s'est incrusté. J'avoue qu'au début, je n'étais pas enchantée qu'il vienne. Il a un gros appareil dentaire et j'ai toujours eu l'impression qu'il n'en avait rien à [gros mot] des filles. Le trajet a commencé, on était tous très fatigués. Les autres dormaient tous. J'ignore comment, mais [Ohooo?] et moi avons commencé à parler. De quoi est-ce qu'on a parlé? Ce serait trop long. Nous avons surtout parlé de son école, de la mienne, des musiques que nous aimions, enfin de tout et de rien. Ce serait impossible de tout énumérer. Il m'a donné du chocolat blanc, j'ai horreur du chocolat blanc! Mais je l'ai mangé quand même et je ne déteste plus le chocolat blanc maintenant. Il m'a promis de m'écrire.
Le temps était trop court, la voiture s'est arrêtée chez moi, j'ai pris mon sac, je suis descendue, j'ai dit au revoir et la voiture est partie. Je suis restée un moment sur place. Que faisais-je là? C'est fou comme les choses se passent différemment de ce qu'on avait imaginé.
J'ai vraiment envie de le revoir, de recevoir sa lettre. J'ai envie d'entendre sa voix. Mais peut-être est-ce que je ne suis qu'une fille à qui il a parlé pour passer le temps trop long d'un trajet? Je m'en fiche. Je suis heureuse, je suis dans les nuages. Je me sens vraiment bien."

Mon quotient intellectuel en a pris pour son grade et je m'en navre. On n'est pas forcément rationnel quand on a 16 ans et qu'un mec de 17 ans avec un appareil dentaire vous cause pendant une petite heure.
Aaah l'adolescence, cette crasse.
Pour ceux qui se posent des questions sur cette mention de lettres, sachez qu'à l'époque il n'y avait encore ni gsm, ni emails. Tout devait donc transiter par les parents, genre les coups de fils où on n'était jamais sûr que quelqu'un d'autre n'écoutait pas à partir d'un autre combiné. Et aux dîners de famille ça donnait, "vous savez quoi? Ma fille a un prétendant. Il l'appelle tous les jours vers 18h." Gloussements multiples, taquineries peu fines, anecdotes non-demandées de "tu sais, moi, à ton âge..." Enfin, je ne sais pas comment ça se passait chez vous. Mais du coup, à l'époque, il fallait recourir à la voie épistolaire: les parents s'en rendaient compte, mais ils ne savaient pas forcément de qui ça venait. Ou bien s'attendre à la sortie de l'école. De préférence avec une moto. Celles qui sortaient avec des ados qui avaient des motos étaient des vraies stars.
Tout ceci ne nous rajeunit pas.
J'ai sans doute oublié de mentionner qu'à l'époque, moi aussi j'avais un gros appareil dentaire. De mes 9 à mes 17 ans, en fait. 8 ans d'appareil dentaire. Si telle est la demande populaire (Strep & Soph, c'est à vous que je parle), je pourrais même poster une photo...
(Ah Maman, tu es encore là? Mais je t'avais dit d'aller faire un tour dehors!)

Sunday, April 04, 2010

Bibil, à 14 ans

A la grande demande populaire (cad Strep & Soph, je considère ça comme une grande demande si je veux), j'ai ressorti quelques vieux vieux journaux intimes, histoire de remonter ENCORE plus loin dans le temps... Remonter, remonter et remonter, jusqu'à ma tendre adolescence. Et bien sachez que j'ai beaucoup hésité, relisant la chose en me cachant presque de honte, divisée entre le désir de tout brûler illico et de le partager au monde.
Et vous l'aurez deviné.
Avant de tout brûler, je vais le partager au monde. Enfin, presque. Pas tout. J'ai trop honte.

***

Commençons par mes 14 ans.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il faut juste préciser qu'on ne m'avait pas vraiment prévenue que la puberté était une sorte de package deal, que ce n'était pas juste un soutien-gorge et une soudaine réalisation de l'existence de la gente masculine, mais que heu, il y avait quelques contraintes en plus. J'ai nommé, l'anarchie relative de mon système hormonal, et son influence quelque peu déboussolante sur mon humeur.
Voilà.
Un moment de honte et de solitude auquel je vais volontairement me soumettre pour le bienfait (quoique?) de mon lectorat. C'est dire comme je vous aime.

"12/03/1998

Cher Journal,

J'ai eu une journée pourrie. Tout a commencé ce matin, par un contrôle d'histoire où je suis tombée sur une question que je ne connaissais pas. De mauvaise humeur, l'heure suivante on a eu grec, où je me suis fait engueuler. En Latin on a reçu le contrôle d'auteurs, j'ai eu 7/20 et je ne me sens pas capable de faire mieux. Emeline a eu 14/20 et est venue se vanter devant moi, j'étais vraiment en colère. En sciences, j'ai essayé pendant tout le cours de me calmer, et je me suis fait engueuler par le prof parce que je ne suivais pas. En plus, Diane et Sophie ne m'avaient pas gardé de place à côté d'elles. Au repas chaud, c'était vraiment dégueu, et puis après on a eu titulariat et puis messe. Au titulariat j'ai commencé à crever de mal au ventre, et à la messe c'était ch*ant, on nous parlait tout le temps de nos péchés comme d'habitude. Pour rentrer en bus, Emeline ne m'avait pas attendue , je suis rentrée toute seule. Ma journée avait été tellement pourrie, je suis allée dans ma chambre pour pleurer, mais ça ne m'a pas soulagée. Puis Maman a voulu entrer. Elle veut tout le temps entrer dans ma chambre, elle n'aime pas que je m'enferme. Alors du coup j'avais fermé ma porte à clé, pour qu'au moins elle frappe. Elle m'a dit d'ouvrir, j'ai dit non, elle a de nouveau demandé que j'ouvre, et j'ai dit que je n'avais pas envie. Elle a beaucoup insisté et pour finir j'ai ouvert la porte mais je n'étais pas contente. Elle a commencé à me poser des questions, comme, il y a quelque chose qui ne va pas, allez dis-le moi, et j'ai dit que je n'avais pas envie de lui répondre. A la fin, elle s'est mise en colère, alors j'ai éclaté en sanglot. Je lui ai dit que tout le monde m'ignorait, que les profs m'engueulaient tout le temps, que je n'ai pas réussi mes interros de la semaine, que je n'arrive plus à étudier, que je dois présenter un exposé en néerlandais demain que je ne connais pas, que je ne sais pas quoi faire pour les examens, que je suis fatiguée, super stressée, etc. Calmée, elle m'a monté une tasse de thé et des petits gâteaux, et Alice m'a même donné une partie de son goûter. Je ne sais pas pourquoi j'ai répondu comme ça. On aurait dit que ce n'était pas moi, pas possible! J'ai eu un caractère tellement insupportable aujourd'hui, ce n'était pas moi."

... Voilà, la honte, etc. Ma mère a été très patiente avec mes hormones, je pense que je ne la remercierais jamais assez. (Et que ceux qui me disent que les choses n'ont pas vraiment changé se prennent une baffe virtuelle).
Diane, dans 13 ans et demi, ce sera toi en train d'insister derrière une porte fermée à clé...

Friday, April 02, 2010

J'avais très envie de faire un guest-post

Voilà.


C'est fait.


(L'auteur de ce blog me faisant chanter, je ne peux développer plus amplement le contenu de ce billet tellement parfait.)

Juste pour Alice

Qui avait fait ce post-ci il y a deux semaines.

J'aime aussi "our rock stars aren't like your rock stars"...

Hum.

Voici ce qui se passe sur facebook un premier avril.
Pour ma part, j'ai juste changé mon anniversaire... A hier. Bon, l'occasion pour toute la communauté facebook de me le souhaiter gaiement, même ceux qui auraient dû connaitre la date exacte; sauf bien évidemment les lecteurs assidus de ce blog, qui eux m'ont souhaité un joyeux 28 ans.
Bon anniversaire à moi-même.
J'ai planqué des magasines douteux dans la chambre d'un de mes colocs, aussi, mais ça il ne le sait pas encore. Je me demande quand il s'en rendra compte. Un jour, peut-être, sa mère l'aidera à déménager, et là...