Friday, May 30, 2008

Un bon week-end!

Voilà, c'est dit.
Le mien s'annonce bien profitable. Je garde un suspense total mais je vous préviens déjà que dans mes valises, j'ai:
- des bottes
- un poncho rouge flash
- du colorant alimentaire
- des boules quiès
Et beaucoup d'autres choses tant utiles qu'agréables.
Ensuite je propose que nous entamions un mouvement mondial de protestation contre ce temps de m*rde (moutarde?) que nous subissons actuellement.

Tuesday, May 27, 2008

Je suis venue, j'ai vu, j'ai courru

Donc, le grand jour était arrivé.

J'avais l'impression d'être un matin d'examen. Je m'étais préparée pendant des mois, j'avais fait des simulations de parcours, j'étais hyper-préparée, mais le matin-même je me demandais s'il n'y avait pas quelque chose que j'aurais pu faire mieux - trop tard, évidemment. Sauf que cette fois-ci c'était en version fun. J'avais des papillons dans l'estomac rien qu'à penser à ce qui se passerait à 15 heures. A 10h30 j'étais déjà changée. Un bon repas de pâtes (sucres lents), une banane (magnésium), et pas trop d'eau (danger pipi) plus tard, et finalement, il était déjà l'heure de partir, c'est-à-dire l'heure où nous n'en pouvions plus d'attendre et que nous nous sommes dit que quitte à ne rien faire du tout, autant ne rien faire sur place.

Et sur place ça donnait ceci:

Le stand Eurostar: les 51 premiers arrivés à 1h51 gagnaient des aller-retour

20 km de Bruxelles


Nous avons reçu des vitamines au stand Revitalose, des barres énergétiques, des stickers à mettre sur notre t-shirt pour promouvoir des causes, bref plein de trucs gratuits pour nous doper et faire de la pub comme les vrais sportifs. J'ai passé la plupart de ce temps-là à essayer de trouver un WC avec Gé, parce que bon, il faut bien souligner une grande inégalité des sexes sur le parcours: quand la nature appelle, l'homme peut se soulager sur le bord de la route. La femme, elle, doit chercher un buisson, et pour trouver un buisson où il n'y a personne autour par un jour de liesse comme celui-là, et bien, c'est galère.

Donc j'ai passé les deux heures précédant la course à me soucier de l'état de ma vessie. Une façon comme une autre de tromper les montées d'adrénaline.

Avant

20 km de Bruxelles


Et puis nous nous sommes rassemblés dans nos boxes. Je pouvais à peine respirer d'anticipation. Rien que pour cette demi-heure d'attente cela valait la peine de faire cette course. Entourée de 25.000 personnes prêtes à courir, énervées comme des chevaux de course, je pouvais sentir le stress et l'anticipation se propager de personne à personne. Les minutes passaient lentement sur ma montre et plus elles passaient, moins les gens parlaient. J'étais assise par terre et je regardais les centaines de chaussures de jogging bariolées marcher autour de moi.

Puis nous nous sommes dirigés sous les arcades du Cinquantennaire. Nous avons été informés par parlophone que le chronomètre commencerait à la fin du parc (l'occasion, m'a dit mon coloc, d'aller faire une petite pisse contre un arbre avant de courir, aaah l'avantage d'être un mec). Nous avons chanté la Branbançonne, puis c'était le coup de feu du départ. Une grande vague de 25.000 personnes qui déferlait sur le parcours, et j'étais l'une d'entre eux.

J'ai repéré Alexis et Gaëlle qui assistaient au départ (très jolie chemise, Gaëlle, j'aurais bien voulu rester papoter mais là ce n'était pas possible).

C'est là que j'ai commencé à me faire dépasser par plein de gens. La rue de la Loi montait; ce n'est pas grave, je me suis dit, cela descendra après. Et bien tu parles: j'ai l'impression d'avoir courru en montée pendant tout le parcours, même quand c'était supposé descendre. Je me suis fait dépasser par des milliers de gens (13.000 personnes exactement, si je compare mes positions de départ et d'arrivée) pendant presque 10 kilomètres, jusqu'à ce que je me retrouve dans un peloton de gens qui courraient à peu près à mon rythme.

Je ne pensais à rien. Ces heures sont passées tellement rapidement! J'étais comme une machine qui devait courir à un rythme constant et qui ne devait penser qu'à se réapprovisionner quand la batterie était à plat. Pas une seule fois je me suis demandée si j'étais fatiguée, comment étaient mes muscles, parce que j'étais juste portée par le mouvement. Mes coéquipiers m'ont dit qu'une dizaine de fois ils ont considéré l'option de l'abandon. L'abandon? Quoi? J'étais totalement dans un autre état d'esprit: il n'y avait plus qu'une ligne d'arrivée et un chronomètre.

Et puis il y avait tous les stands de trucs gratuits. C'est bien sympa, ça m'avait bien fait défaut pendant mon entrainement dans le bois. J'ai bien fait attention de prendre le premier ravitaillement de Spa au niveau du Sablon (avec un petit jeu de Bruxelles Propreté: visez les containers! Sauf que j'avais à peine pu prendre deux gorgées que le dernier container était passé). Déjà l'étape la plus difficile du parcours était devant moi, d'autant plus difficile que j'étais à peine préparée à une telle difficulté: les tunnels de l'avenue Louise.

Les tunnels, ça descent très fort, donc c'est très fatiguant, et puis d'un seul coup ça recommence à monter, genre, fort aussi. En plus tous les gens bouchonnent entre ceux qui marchent et ceux qui continuent à courir, il faut ralentir le rythme, ça s'énnerve, il fait étouffant de chaud, bref. Trois tunnels. Trois. Puis nous sommes arrivés dans le bois de la Cambre pour le deuxième ravitaillement d'eau.

Les kilomètres s'égrennaient et la descente n'arrivait toujours pas. Je l'avais calculée au niveau du kilomètre 13, mais une fois arrivés au kilomètre en question, nous étions toujours en montée. Fichtre. Mes pulsasions cardiaques étaient beaucoup trop élevées depuis le début du parcours: au lieu de mon 155 habituel j'étais à 175, voire 180. Je ne pouvais pas faire moins de peur de perdre mon rythme; je savais que dès le moment où je ralentissais, c'était fini. Il y avait partout sur le bord de la route des infirmiers penchés sur des corps inconscients. A trois reprises, nous avons dû nous mettre sur le côté (i.e. entrer en contact avec la transpiration des autres coureurs, beeeeek beek beeeek) pour laisser passer des ambulances. Au niveau de Delta, j'ai vu des brancardiers emporter un homme avec un masque à oxygène, les yeux révulsés. J'ai imaginé un instant que je m'écroule de la sorte, avec mes parents qui auraient attendu pendant toute la course que je passe devant eux alors que j'aurais été derrière, dans l'ambulance. D'ailleurs je commençais à sentir un certain besoin de sucre. Je courrais depuis 1h15 à un rythme infernal et j'avoue, je faiblissais. Nous arrivions au niveau de l'Hippodrome de Boisfort et la foule commençait à devenir très compacte. Il y a définitivement quelque chose dans l'encouragement des gens qui pousse à aller jusqu'au bout de soi.

Puis s'est profilé le stand Isostar, telle une apparition célèste, venant me délivrer de mes faiblesses physiques. Ô Isostar, ta boisson énergétique, dégueulasse mais tellement bienfaisante! Sans toi je n'y serais pas arrivée.

L'enthousiasme des gens était contagieux, on se faisait acclamer comme des héros. J'entendais tout le temps des "Allez les filles", sans doute des supporters qui savaient mieux que quiconque à quelle inégalité de vessie nous étions exposées. Les enfants étendaient leurs mains pour que nous frappions dedans sur notre passage. Il y avait des musiciens spontanés, mais aussi des orchestres, des acclamations, enfin c'était le véritable délire. Peu importe les bip bip insistants indiquant que même dans la descente, mon rythme cardiaque ne descendait pas en dessous du 170.

Et c'est vers ce moment-là que s'est déroulé un des événements les plus ennivrants de mon existence. Juré, c'était comme mon poids en cheesecake mais en mieux. Au bout de deux heures de parcours, j'étais arrivée au kilomètre 16. J'ai vu ce panneau et j'ai eu une sorte de révélation. Je me suis dit, je peux terminer tout ça en 2h20.

A partir de ce moment-là j'ai commencé à dépasser tout le monde.

Ma mère était là quelques mètres plus loin, et me voyant me frayer un chemin parmi la foule épuisée, elle a commencé à crier: "c'est ma fille! c'est ma fille!". Plus loin j'ai vu mon père qui était tout fier, il a tenté de me suivre en vélo mais il m'a perdue de vue. J'ai vu Manu, j'ai insisté à lui taper dans la main alors que j'étais dégueulasse de transpiration, la pauvre. J'ai courru les 3 kilomètres de l'avenue de Tervueren comme ça, en donnant tout ce que j'avais.

C'est ainsi qu'au kilomètre 18 où j'avais annoncé que je serais toute boitillante, j'étais au summum de mon énergie, courant comme une malade là où tout le monde commençait à marcher. Les gens s'étaient spécialement mis dans la montée pour nous soutenir dans la souffrance. J'ai vu Gabrielle au niveau de Montgomery.

Puis ce dernier kilomètre a été une agonie. Je voyais la fin du parcours, et d'un seul coup, tous les gens que j'avais dépassé ont décidé de faire un dernier effort et ont rattrapé leur retard. Une dame m'a donné un sucre au niveau de l'infirmerie, que j'ai choppé dans un mouvement d'épuisement. L'arrivée était en vue mais elle n'arrivait pas, au moment où j'en avais le plus besoin le temps a soudain commencé à me paraître très long.

Ensuite j'ai franchi la ligne d'arrivée.

J'ai arrêté ma montre et j'ai vu mon temps, 2h18, et là j'ai été envahie d'un sentiment de fierté intense, me disant que j'avais largement dépassé mon objectif de base: moins de 2h30, et dans les 20.000 premiers. La suite des événements m'apprendrait que j'étais 18035e.

Ensuite je me suis retrouvée agglutinée dans une foule compacte et dégoulinante de transpiration dégueulasse. Il a fallu que j'attende environ une demie heure. Les gens ne dégageaient pas.

Là j'ai eu comme un long moment de vide, où je me suis assise sur la pelouse, en train de récupérer un rythme cardiaque normal, à tenter de manger un mars et à boire ma bouteille de spa (ô grands sponsors). J'ai récupéré ma médaille, j'ai rejoint les autres, qui avaient tous faits des performances de malade (de 1h30 à 1h45) et qui m'attendaient depuis perpette. Du coup mon score a été qualifié de "score de gonzesse", ce qui n'a pas dû faire plaisir à l'Assistant, qui n'a fait que 30 secondes de mieux que moi (hé oui je balance si je veux).

Après

20 km de Bruxelles


Il n'empêche que dans l'heure qui a suivi on a dû en amener un à l'infirmerie pour cause d'hypoglycémie. C'est là qu'on a croisé une de mes connaissances (anonyme) qui avait fait une syncope au niveau du kilomètre 19 après une performance du feu de Dieu. Comme quoi, cela servait à grand chose de se donner à fond si c'était pour ne jamais terminer la course. Cela aurait pu m'arriver à moi. Promis juré, pour l'année prochaine, j'améliore ma cardio (tout conseil à ce sujet est le bienvenu).

Quand on est rentrés chez moi pour un petit barbec personne ne se sentait très bien. On a comaté comme des malades après des douches d'1/2 heure. Néanmoins ma petite Maman, très attentionnée (et fière, je le rappelle) m'avait déposé une bouteille de champagne, un bain anti-courbatures et un appareil de massage. Merci Maman, cela me touche.

Cela va sans dire, le lendemain a été très difficile. Tout d'abord, parce qu'il y a quelque chose d'hautement addictif à ce genre de compétition, et que je suis inconsolable de savoir que la prochaine édition n'est que dans un an. Ensuite, parce que cela fait deux jours et je ne sais toujours pas marcher correctement, alors autant ne pas mentionner comment ça se passe pour les escaliers.

Et c'est là que je vais conclure par une question rhétorique mais pour le moins existentielle.

Pourquoi, mais POURQUOI donc, n'y a-t-il pas d'escalator à la station Maelbeek?
Bonus: Lien vers la vidéo de mon arrivée (spottez-moi au moment où le mesuromètre arrive à zéro. Je cours comme une grand-mère courbaturée. Au tout début de la vidéo vous pouvez voir l'arrivée triomphante de l'Assistant).

Monday, May 26, 2008

2h18

C'est le temps que j'ai fait pour courir les 20 km.
Comme ça vous savez.
Aujourd'hui je suis trop crevée que pour vous raconter la chose dans son entièreté mais demain vous saurez tout, avec des photos.
PS: Si vous voulez me parrainer il est encore temps. Voir cette page. Communication: Don ASBL Infirmiers de Rue - Parrainage Sybille Regout 20km de Bruxelles.

Friday, May 23, 2008

20 kilomètres

Les 20km de Bruxelles se déroulent ce dimanche. Comme le temps passe vite. Je m'entraîne depuis le mois de mars et dire que nous y sommes déjà...
~~**20 km**~~.
Ca a l'air de rien quand c'est dit comme ça mais la réalité c'est que 20 km c'est une sacrée distance, surtout en courant. Prenez vos paris: y arrivera-t-elle? Abandonnera-t-elle? Supportera-t-elle toutes ces heures d'effort physique, et surtout, sans aller aux WC?
Et bien, chers lecteurs, j'ai un scoop pour vous: j'ai déjà courru 20 km.
Oui, avec mes petits pieds menus qui ressemblent à présent à deux ballons de foot.
Je les ai courru ce mercredi soir pour être précise. Je suis allée dans la forêt de Soignes, dans le parcours qui commence à l'abbaye du Rouge-Cloître, et j'ai fait la grossière erreur de ne prendre ni eau ni nourriture avec moi, et en plus de ça de me garer à perpette.
J'ai commencé à courir à 19h, il faisait clair, j'avais mes lunettes de soleil, les températures étaient encore relativement acceptables, bref, les conditions optimales. Je me suis armée de toute ma meilleure volonté et je voyais les communes défiler sur les panneaux: Auderghem, Watermael, Uccle, La Hulpe (quand je vous dit que 20 km c'est beaucoup!), Watermael de nouveau pour retourner à Auderghem, cette petite précision géographique ne s'adressant qu'à mon lectorat bruxellois et n'ayant en aucune circonstance comme but de discriminer mon lectorat international. Malheureusement, progressivement, la nuit a commencé à tomber, ma gorge à se déssecher, mon estomac à réclamer son dû, et je m'inquiétais de plus en plus quant à ma potentielle heure de retour.
Puis, vers le kilomètre 15, cela a été le drame.
Ma fesse gauche a commencé à faire mal.
Je courrais déjà depuis près de 2 heures et je commençais à attendre mes limites musculaires, voyez-vous.
Telle situation m'était déjà arrivée il y a quelques semaines, à ce moment-là au kilomètre 8 d'un parcours de 10 km (comme quoi j'ai doublé ma performance, je n'en suis pas peu fière). Je savais ce que cela voulait dire.
La douleur a progressivement mué pour s'étendre sur l'entièreté de mon admirable quoique peu musclé fessier. Au kilomètre 16 elle était descendue sur mes cuisses. Au kilomètre 17 elle avait atteint les genoux et les hanches, et pour couronner le tout j'avais les épaules qui commençaient à faire mal à force de les balancer à gauche à droite pour me donner du rythme.
J'ai commencé à sautiller/boitiller dans une tentative désespérée d'utiliser d'autres muscles à partir du kilomètre 18.
Et au kilomètre 19, j'ai craqué... J'ai marché.
IL N'EMPECHE
(Et je ne dis pas ça pour donner une contrepartie à ce lamentable aveu du kilomètre 19)
Que j'ai effectué l'opération en 2h41 (161 minutes, oui oui) et que j'en ai perdu 1664 calories (j'ai un appareil qui mesure ça, c'est merveilleux ce qu'on fait avec la technologie de nos jours).
Faites vos paris que dimanche je ferai mieux que cela...
PS: Oui, je suis rentrée vivante chez moi, je ne l'aurais pas cru parce que j'étais dans un état assez lamentable, m'étant déliberrement perdue au milieu des bois la nuit avec mes lunettes de soleil, sans eau, sans nourriture, sans téléphone et sans argent, inconsciente créature que je suis, et me disant quand même que vers 22h il faisait vachement caillasse pour être en t-shirt en Belgique.
PPS: Si vous voulez venir me voir entamer une nouvelle démarche boitillante/gambadante, il faudra vous poster au niveau du kilomètre 18, le Chien Vert sur l'avenue de Tervueren si je ne me trompe pas.
PPPS: Il est encore temps de me parrainer.

Wednesday, May 21, 2008

Ego-booster

Voici un email qui circule dans la Commission (il a été envoyé à toute la DG par notre chef d'unité, entre autres) (Comme quoi ça travaille dur ici)
Voyez ce que vous réserve l'avenir!

Sinon, sur un autre registre, une petite citation par un des membres de notre EU club d'écriture créative, qui illustre bien notre impression de la Commission:

Words grow legs.
Letters breed -
EU
EP
SME
ESC
ESF
SME
NOW
ERDF
FIFG
EAGGF
PESCA
REGEN
URBAN
RETEX
ADAPT
STRIDE
PRISMA
RECHAR
LEADER
KONVER
RESIDER
HORIZON
ENVIREG
INTERREG
RENAVAAL
EMPLOYMENT
TELEMATIQUE
YOUTHSTARTH
as, ever in the concours of human endeavour,
So little been owed by so few to so many

(Le prix de l'excellence EU à qui reconnait un maximum de ces abréviations)

PS: Désolée pour tous ceux qui n'arrivent plus à poster leurs commentaires. C'est une mesure anti-spam. D'ici un mois ou deux je tenterai de revenir à l'ancien système, pour voir si mes commentaires sont de nouveau spam-free. En attendant je décerne le prix de l'excellence journalistique à Vincent (Be a Tiger) pour sa réponse par email.
Tout ça pour dire que les emails sont tout aussi bienvenus que les comments.
PPS: Désolée aussi pour ce post qui part un peu dans tous les sens. Le label est Totally Pointless. Ca aurait dû vous mettre sur la piste.
PPPS: Tant que je suis dans le pointless, j'ai décidé de partager avec vous les mots clés ayant mené à mon blog durant le mois:
- granulome vésicule biliaire (et autres): environ 40%
- En relation avec enterrements de vie de jeune fille et discours de mariage: environ 20%
- Une nouveauté du mois: "tuer des guêpes dans un trou", "guêpes dans mon chassis", "une guêpe traverse la chambre quand je dors".
- Les traditionnels: "vidéos d'hommes nus sous la douche" ou "dans les douches communes photo gratuite", pour changer.
- Dans la catégorie connaissant un succès discontinu depuis la seule fois où j'en ai parlé: "sucre manque affectif" ou "lolita Japon"
- En enfin le meilleur: "masque pour bébé au cerveau surdoué"
Je me demande quelles sont les préoccupations des gens quand ils cherchent sur google...

Friday, May 16, 2008

What comes next?

Je me suis posée beaucoup de questions sur mon avenir récemment. Mon stage à la Commission se termine en juillet, cela fera 5 mois que je serai employée au même endroit, ma plus longue période de boulot full time jusqu'à présent. Oui, ça a l'air un peu abhérent dit comme ça, et croyez-moi ça l'est. Depuis juillet je collectionne des expériences professionnelles sous-payées (voire non payées) d'une période variant de un à trois mois. En additionnant tous ces stages avec ceux que j'ai effectués dans le cadre de mes études de journalisme, j'en suis déjà à mon septième stage, et je n'ai jamais eu de vrai boulot.
Je vous avoue que c'est usant. Au début on me taquinait un peu avec ça mais maintenant ce n'est carrément plus drôle. J'en ai assez de me demander ce que je ferai dans trois mois, ou dans quelle ville je le ferai, si je peux développer des attaches quelque part sans me dire que de toutes façons c'est une affaire de jours pour que tout redevienne différent. J'ai besoin d'un projet à long terme.
"Tu as ton doctorat" me dira-t-on. Oui et non, parce que je n'ai toujours pas de bourse. C'est difficile de se sentir motivée quand on n'a pas de deadline, aucune ligne directrice, et quand au bout de quelques mois à lire et à lire on n'a toujours pas l'impression d'avoir commencé.
En fait, je voudrais pouvoir me lever le matin pour aller à un job que j'ai envie de faire, tout simplement.
Mais rien n'est simple.
Tout d'abord, c'est extrêmement difficile de décrocher un premier boulot, surtout dans le secteur européen, où la compétition est si grande et où l'expérience professionnelle compte plus que les diplômes. En juillet je pourrai ajouter "Commission européenne" à mon CV et logiquement cela m'ouvrira un peu plus de portes que juste "London School of Economics". Ajouter "PhD" à cela et je pourrais presque avoir un job. Tout cela pour décrocher un boulot que j'aurais pu faire sans aucun de ces diplômes et me sentir trop qualifiée en permanence, comme la plupart des gens qui travaillent dans le secteur européen. Mais soit.
L'autre grande question, c'est que c'est extrêmement difficile de savoir ce que je voudrais faire, en fin de compte. J'ai dit non au journalisme parce que je trouvais que c'était trop stressant, des horaires trop contraignants, que cela me drainait de toute ma créativité pour finalement très peu d'épanouissement personnel. J'ai dit non à la communication, pour de multiples raisons, pouvant simplement se résumer à que ce n'est pas fait pour moi. Je suis en train de dire non à l'administration européenne: on n'est qu'un chaînon qui doit suivre une procédure. J'ai une opinion mitigée quant aux ONGs - tout dépend de la mission de l'ONG, de son efficacité et de la motivation de l'équipe. Le secteur des ONG est malheureusement très difficile à percer et cela n'en vaut la peine que lorsqu'on peut voir qu'on a un impact véritable sur la cause qu'on défend. Il me reste encore à tester: les think tanks, les boites de consultance, ou être assistante d'un parlementaire. Seulement j'en ai marre des stages, cette fois je veux un job, je veux pouvoir payer mon loyer à la fin du mois et être mieux traitée que la personne sur qui on se décharge des dossiers dont personne ne veut. Quand j'avais commencé l'université j'avais l'illusion que je pourrais faire carrière, que je pourrais atteindre le top (de quoi? bonne question), qu'on se souviendrait de mon nom même après ma mort. La grosse désillusion, c'est que finalement je suis très petite parmi une foule de gens aux mêmes ambitions.
Alors que faire? Est la grande question.
Depuis environ un mois j'ai l'impression que tous les gens qui m'entourent se posent la même question. Il y a ceux qui veulent changer de job, qui postulent dans tous les secteurs et dans tout pays, sans trop savoir ce qu'ils veulent sauf qu'ils veulent du changement. Il y a ceux qui rompent des relations de quelques années, parce qu'ils ne voient pas de futur commun - c'est triste à dire mais je peux maintenant compter les cas sur les doigts de deux mains. Les "relations confortables" mais "ne menant à rien" qu'on rompt à cause du "temps qu'on ne peut plus se permettre de perdre".
Plus le temps passe, plus la pression semble grande. Je ne compte plus les amis qui étaient traditionnellement connu pour collectionner les petites aventures et qui maintenant cherchent une relation durable, comme si soudainement tout ce qui dure était devenu une nécessité. Se trouver un plan à long terme. Un avenir.
Et la difficile sensation que tous les choix qui seront pris maintenant nous engageront pour le reste de notre vie...
Je vous laisse avec cette photo des stagiaires de ma DG (équivalent de Ministère mais au niveau européen, si vous vous demandez). Le prix de l'excellence géographique à qui reconnait cet endroit.

Wednesday, May 14, 2008

Belfast

Et oui, que voici que revoilà mon glorieux retour, je suis en Belgique depuis près de 38 heures et je n'ai toujours pas bloggé (choc), j'ai honte, c'est affreux.
I am in ze bilouke. (Le prix de l'excellence cinématographique à qui reconnait cette citation).
Sans plus tarder parlons donc de ceci:
My name at the conference
Oui, mon nom sur une table, et un micro à côté.
Nom d'une Guiness que c'était stressant.
Il y avait là 200 personnes spécialistes en mon sujet, me regardant avec intensité comme si j'allais leur révéler que l'hélicoptère du Prince William avait atteri dans mon jardin (le prix de l'excellence journalistique à qui reconnaît ce fait divers). Sauf que quand je dis mon sujet, je veux bien entendu dire le sujet de mon promoteur. Comme il ne voulait pouvait pas venir en personne, il m'a donné son livre et il m'a dit, en substance, "débrouille-toi".
Je me suis donc débrouillée.
"Your topic has got such a boring potential. How did you make it so interesting?" a été le commentaire qui m'a fait le plus plaisir.
Ce commentaire, évidemment, était noyé dans une marée de critiques et questions prononcées avec tous les accents, et par là je veux surtout dire avec l'accent très marqué de Belfast.
Exemple:
Q: Why is your study focusing on the policies only and not on the outcomes?
Q: Don't take it wrong, but I think that what you are doing is pretty useless. Q: How long have you been working on the project? (Ouh, problématique)
Q: Hey, what are your plans for diner tonight?
Voyez-vous venir un petit ragot dans cette dernière question? Et bien détrompez-vous LOURDEMENT. La plupart des conférenciers avaient la cinquantaine célibataire et étaient venus pour faire de nouvelles rencontres. Seulement après une vingtaine d'expérience sur le terrain et aucune touche ils étaient un peu désespérés et se sont sans doute dit que j'étais nouvelle sur le marché - alors qu'eux étaient clairement au rayon des invendus. J'ai fini la première soirée au resto chinois avec tous les conférenciers, la deuxième soirée à un concert de musique malienne et mon dernier petit déjeuner en faisant usage du room service afin de pouvoir manger en paix.
En parlant du room service (vous avez remarqué comme je fais bien la transition?). Voici ma chambre:
My room at the conference
Tous frais payés par l'organisateur, ça, ainsi que mes frais d'avion, de taxi et de nourriture.
Classe.
Riez, riez, mais on se sent quand même spécial.
Je dois vous avouer que j'ai très peu accroché avec Belfast (la ville). Etait-ce ma fatigue, mon envie prononcée d'être en une autre compagnie, le fait qu'il pleuvait (la seule ville européenne où il pleuvait ce week-end, prenez-en bonne note)? J'ai trouvé Belfast très petit, avec un passé très douloureux et des gens peu agréables. En fait, ça casse pas des briques, comme on dit. Après Belfast je suis allée à Londres, mais ça fera l'objet d'un autre post.
PS: Béni soit l'aéroport d'Heathrow et ses distribouffes.

Ben&Jerry's vending machine

Wednesday, May 07, 2008

Avant de partir

Je suis bientôt partie pour Belfast, où j'assisterai à quelques jours de conférences, et où encore mieux (ou encore pire en fonction de mon niveau de stress) je parlerai pendant 20 minutes sur les recherches de mon promoteur.
Recherches qui sont d'ailleurs financées par l'unité à laquelle je travaille à la Commission européenne. Je vous jure que c'est un hasard. AB-SO-LU-MENT aucun conflit d'intérêt. J'ai dû promettre de ne pas mentionner mon stage à la Commission et insister que je parlais au nom de l'ULB.
Bref.
Pour vous faire patienter pour le week-end je vous balance une photo du brûlage de culotte de Diane. J'ai promis de garder la plus stricte confidentialité par rapport à ce qu'on y a fait/ce qui s'est dit (créons du mystère) mais je peux vous confirmer que
1. Nous avions toutes des t-shirts. Diane avait un t-shirt rose disant "Je me marie" et nous en avions un blanc avec "Diane se marie".
2. Nous sommes allées en vélib de la rue Mademoiselle à la rue Madâme.

Brulage de Culotte de Diane

Pour le reste je resterai silencieuse sauf sur l'excellente organisation de la part des témoins, et puis aussi pour dire que la météo nous a été très favorable.

Tuesday, May 06, 2008

Ma maison est un zoo

J'ai parlé de façon tout à fait anodine de l'affaire de la guêpe/des abeilles à mes colocs et il paraît que:
1. Un de nos chassis s'est transformé en ruche. Il y a plein d'alvéoles dedans avec des petites larves que ma coloc s'évertue à détruire tous les jours pour les trouver reconstruits par la suite. J'ai bien peur qu'il n'y ait des alvéoles quelque part dans notre toit ou dans nos murs et qu'on se retrouve avec un essaim d'abeilles d'ici la fin du mois...
2. Nous avons une invasion de fourmis. Elles ont dégommé les bretelles de soutif en plastique de ma coloc (véridique). Le soutif est retourné chez ses parents et les fourmis ont disparu. Il n'empêche.
3. A l'étage du dessous, mon coloc doit faire face à des musaraignes. Il en a dégommé deux avec sa chaussure. Ca court partout dans sa chambre et ça l'empêche de dormir.
4. Je marchais innocemment dans le couloir et j'ai fait un bond de 10 mètres en gueulant "Aaaaah mais C'EST QUOI CETTE BETE" face à la carcasse d'un insecte inconnu mais énorme. Ma coloc dit que c'est un gros scarabée. Je dis que c'est un cafard. Mon coloc l'a pris et l'a mis dehors; 2 minutes plus tard, il n'était plus là où on l'avait laissé, faisant craindre que le truc était encore vivant et est possiblement de retour chez nous.
Au.
Secours.
Help les amis.
Que faire dans telle situation?

Monday, May 05, 2008

La plus grande peur de Bibil concrétisée

Je vais commencer par une petite définition.
PHOBIE.
Selon internet, les phobies sont des terreurs irrationnelles et obsédantes de certains objets, animaux, ou situations. En gros, une peur panique de quelque chose qui, objectivement, ne présente aucun danger pour ma vie, mais que je perçois comme une menace nucléaire.
Voilà. Et moi, ma phobie, c'est tout ce qui pique. Dans l'ordre des priorités:
1. Les guêpes
2. Les seringues
3. Les abeilles
Et bizarrement, ça s'arrête là, car les moustiques et les araignées je sais les écraser sans qu'ils me piquent et les objets domestiques (épingles, couteaux) c'est en général moi qui les manie.
Jusqu'à mes 20 ans, je faisais des crises de panique incroyables en présence d'un de ces objets (souvent en public (ce qui était fort gênant j'en convient (surtout pour les gens qui m'accompagnaient))). Les épisodes épiques incluent une lutte pour ma survie à force de coups et de cris contre les médecins qui voulaient me faire le vaccin contre la fièvre jaune (12 ans); quand je me suis mise à pleurer devant toute ma classe de secondaires pendant un test de dépistage (14 ans); la fois où je me suis enfermée dans une tente en pleurant parce qu'il y avait des guêpes sur mon assiette (18 ans); ou la fois où j'ai sauvé la vie de la fille que je babysittais en l'arrachant de façon extrême à son berceau quand une guêpe s'est approchée d'elle à moins de 5 mètres (20 ans).
C'est un peu contraignant au quotidien, je l'avoue. En été j'évite de manger dehors MÊME quand il fait 40°C à l'ombre, parce que la nourriture attire les guêpes. Par cela j'inclus aussi les boissons sucrées et les glaces. Mon plus grand rêve, quand j'étais enfant, c'était d'avoir un super-pouvoir qui tuait les insectes à un rayon de 1 mètre de mon corps, pour que j'arrête d'avoir peur de me promener dehors. Même maintenant je n'ose toujours pas m'approcher d'un parterre de fleurs en été ou me balader pieds nus dans l'herbe. L'été est une saison horrible. Surtout quand je pars en vacances dans un endroit où il y a des guêpes: je reste enfermée dans ma chambre. L'hiver, quand il gèle, ma seule pensée c'est que ça va peut-être tuer des guêpes dans leur sommeil. Je sais, c'est obsédant.
Je suis aussi en retard pour tous mes vaccins et quand je sais qu'une prise de sang arrive je commence à stresser une semaine à l'avance au point de ne pas savoir dormir la nuit la veille.
Bref.
Tout ça pour dire qu'il y a une semaine j'ai trouvé une abeille morte dans ma salle de bain. (Bruits stridents de violons qui crissent).
Les abeilles c'est moins vicieux que les guêpes parce qu'elles meurrent une fois qu'elles ont piqué l'adversaire, ce qui doit les faire réfléchir à deux fois avant de passer à l'acte, quoiqu'avec un cerveau de cette taille on se le demande bien. J'ai légèrement paniqué, pris un morceau de papier WC, ramassé le corps, balancé dans les WC, chasse d'eau (tant pis pour Kyoto, dans des situations pareilles l'urgence nécessite de grands moyens) et l'abeille a rejoint la tasse quelque part dans les canalisations.
Puis je me suis mise à tegiverser des divers moyens par lesquels cette abeille avait atterri là, la pire hypothèse étant un nid dans la maison, la moins pire consistant à dire qu'elle était venue par le trou d'aération, mais au final cela rejoignait la pire des hypothèses car cela voulait peut-être dire un nid dans le système d'aération.
Bref.
Avant-hier j'ai trouvé une deuxième abeille. Oui, j'ai aussi paniqué.
Et hier soir. Oui, hier soir. J'ai déplacé ma trousse de toilette et j'ai découvert un CORPS DE GUEPE juste en dessous. J'ai fait un bond de 10 mètres, j'ai courru hors de la pièce, c'était l'apocalypse totale, ma main avait approché une guêpe à quelques centimètres. Ma première réaction était de checker s'il n'y en avait pas une de vivante quelque part (mais étant sûre que non, parce que depuis le temps mon ouïe s'est surdéveloppée pour détecter le bourdonnement d'une guêpe à 100 mètres).
Il m'a fallu quelques exercices de respiration pour calmer ma panique parce que même inanimée, une guêpe reste une guêpe. Rien que d'imaginer que cette chose a été vivante dans une pièce que je fréquente tous les jours, et pire, qu'il s'en était peut-être fallu de peu pour qu'elle ait encore été vivante au moment où je me suis brossée les dents (sans parler de l'hypothèse qu'elle ait pu toucher la brosse à dents que je venais d'utiliser), et bien, j'en avais des sueurs froides.
Il m'a fallu énormément de courage pour prendre la chose inanimée avec du papier WC, la balancer dans ma cuvette et tirer la chasse de façon violente deux ou trois fois d'affilée au risque d'éveiller les soupçons de mes colocataires.
Damned.
Je ne sais plus que faire.
Je ne peux pas continuer à éviter ma salle de bain, il va bien falloir que je me lave un jour.