Thursday, May 31, 2007

Bibil l'a dans l'pet
A ne pas comprendre "en a jusqu'au pet", parce que j'ai dépassé ce stade depuis quelques temps déjà, là j'en ai marre du blocus à un point inimaginable.
Non non, c'est bien dedans du pet.
J'explique.
J'étais passée près du but, trèèèèès très près du but de décrocher un stage à la Commission. Oué. Le chef de section était d'accord. Il m'avait dit oui, je t'engage. Question de formalité, il fallait voir si son adjoint n'avait pas déjà engagé quelqu'un, mais en principe tout était bon.
Et là j'avais commencé à positiver à mort, je m'y voyais déjà trop, j'avais déjà commencé à annoncer la bonne nouvelle.
Ouais.
Mais après ce long week-end de Pentecôte, on m'a rappellée.
L'adjoint avait déjà embauché quelqu'un.
Rhaaaa rage ultime, frustration intense, une boite entière de cookies que je me suis aphonée, une tablette de chocolat, des mini-muffins à la dizaine, et là je suis en train de dégommer mon miel à la petite cuillière tellement ça suffit pas.
Là je suis carrément découragée, j'ai perdu tout espoir d'entrer à la Commission, je me retrouve sans job, en pleins examens, avec une surcharge pondérale marquée, sans parler des soucis que je me fais pour ma grand-mère.
J'aurais bien aimé, juste une fois, pouvoir me dire: "tout va bien se passer".
Enfin j'ai une pensée émue pour les 2500 autres éconduits du Blue Book qui doivent être dans le même état que moi pour l'instant.

Tuesday, May 29, 2007

Le Grand Concours du blocus!
Ca faisait longtemps, tiens, que je n'ai plus organisé de petit concours de blog. Trop absorbée par mes études, trop peu de fun dans ma vie? La flemme d'acheter un petit cadeau et de l'envoyer? Quoiqu'il en soit voici une époque désormais résolue, marquée par le retour en force du grand jeu concours du blocus.
Voici en quoi il consiste.
Regardez cette étiquette. Regardez la bien. Fixement.
C'est l'étiquette de quoi?

Mais quel est donc ce composant mystère?


Réfléchissez bien, c'est quelque chose dont je suis friande, et puis il y a pas dix mille trucs sur le marché qui font du 85gr de sucre sur 100gr.
(Esmé tu ne peux pas participer, tu connais la réponse. Tu peux postuler pour que je te lègue un truc dans mon testament à la place).
Sinon, sans lien de cause à effet, j'ai craqué après plus de dix mois de résistance et j'ai acheté un des pulls hors de prix de la LSE. Comme ça, je pourrai frimer en Belgique. Même si en Belgique il y a peu de gens qui connaissent la LSE.

London School of Economics

Allez, le gagnant du concours peut même postuler pour l'acquisition d'un porte-clé LSE. Mais c'est bien parce que je suis généreuse hein.
Tout commentaire sur la couleur suspicieusement blonde de mes cheveux est malvenu.

Sunday, May 27, 2007

I'm singing in the rain
Enfin, singing, c'est un grand mot, disons que je répète mes cours en y mettant des intonations pour rendre cela moins ennuyeux. "Multiculturalism increases the likelihood that hard choices", si sol, "will be decided", mi ré, "due to a legal process and with considerations to the minorities' sensibilities", fa dièse.
Hé oui, il avait fait beau pendant deux-trois jours, et il a même fait carrément estival mercredi, genre au dessus des 25°C, d'ailleurs pour vous dire, même les ouvriers du marteau-piqueur étaient torse-poil. Une mini-heatwave de quelques heures. Certains ont espéré, moi j'ai plutôt craint.
Heureusement, c'est le retour à la normale.

(C'est une vidéo de pluie, si la pluie ça vous déprime ne cliquez pas dessus)
Mais j'aime bien.
Si si. Sérieux. J'aime bien.
Argument numéro 1: cela me donne une justification pour ne pas sortir de chez moi. Genre: "Voyons Sybille, est-ce que tu pourrais vraiment faire quelque chose de mieux que d'étudier aujourd'hui?" Je me fais une petite tasse de thé, je sors les biscuits, et je cocoone. C'est comfortable. Comme les dimanches de pluie en famille, où on se mate un petit DVD, où on se fait un petit jeu de société, où on cuisine. Le blocus, et tout le recluement et l'associabilité dont il est synonyme, c'est beaucoup plus facile quand il pleut.
Argument numéro 2: Ceux qui sont en vacances, ceux qui se sont dit qu'ils allaient profiter de ce long week-end (même ici, les Anglais ont beau ne pas fêter la Pentecôte, ils ont introduit une bank holiday), qui espéraient aller dans les parcs ou sur la terrasse des cafés, oui oui, je parle de tous ces gens qui ont encore la notion d'un week-end sans boulot, et bien, tous ceux-là, ils l'ont dans le pet. Il pleut. Bien fait pour eux. Ils n'avaient qu'à pas être en congé.
Argument numéro 3: Il n'y a personne dans les parcs, personne dans la rue, pas de bruit, mis à part la pluie qui coule est les voitures au loin. C'est beaucoup plus relaxant (sauf quand y a des perdus qui claxonnent, ou des sirènes de police).
Argument numéro 4: Pas besoin de sortir les vêtements d'été. Comprendre: pas besoin d'exhiber sa graisse de blocus, sa peau blanche fluo, les poils rebelles sur les guibolles et la peau de crocodile en dessous. (Et paf, autant pour le mythe qu'il est possible de faire sa miss monde en blocus).
Argument numéro 5: Et puis si c'est à choisir entre ça ou la heatwave, la question ne se pose même pas.
Voilà. Mais quand sera venu le temps de mes vacances, il faudra que ça s'arrête, hein.

***
Allez, un petit supplément de bonne humeur pour commencer la semaine.


Gene Kelly-Singing In The Rain2
Uploaded by tibolt

Thursday, May 24, 2007

Trafalgar Square s'est mis au vert Opération: promouvoir les espaces verts dans la ville. Le green est là jusque demain, vendredi 25, pour ceux qui sont à Londres et qui n'ont pas d'examens. Vous pourrez y acheter des picniques, du Pimms, et vous allonger sur des chaises longues.
Et vous boirez en l'honneur de la fille qui vient de s'acheter quelques kilos de surgelés pour ne pas devoir sortir de sa chambre jusque mardi.
Vie cruelle.

Et j'en profite pour souhaiter un joyeux anniversaire de mariage à mes parents. 25 ans, c'est des noces de???

Wednesday, May 23, 2007

Le premier Pimm's de l'année
Au moment même où nous allions célébrer un mois de pluie discontinue, au moment-même où je me demandais bien où avait pu passer ma vie sociale... Je n'y ai pas cru tout de suite, mais il y a eu vu un rayon de soleil, et puis je suis allée boire un verre avec les filles de Voice of a City (bonjour aux nouvelles arrivées sur mon blog), en terrasse. Nous avons pris notre premier Pimm's de l'année.

Le premier Pimm's de l'année!

Le Pimm's, disons, symbolise l'été à Londres. On sirote ça en terrasse, en se disant qu'on a toute la vie devant soi, et il fait chaud, et c'est le pied. Le premier Pimm's de l'année, c'est symbolique, c'est le retour du soleil, quasi les vacances.
Certains l'ont déjà goûté chez moi, ce mélange Pimm's+semi-limonade-moitié-gazéifiée qu'on sert à la pompe dans les pubs, avec en addition, beaucoup de menthe, des morceaux de citrons, citrons verts, oranges et autres agrumes de toutes sortes. C'est très rafraichissant, vachement sucré, tout pour faire plaisir à Bibil, et ça se boit comme de la grenadine alors qu'en fait c'est hyper alcoolisé.

Pimm's avec les filles de VoC

Et puis on a enchaîné avec un deuxième jug de Pimm's, et puis avec une tournée de bière, et une seconde tournée, bref on aurait pu passer pour des Londoniennes typiques, sauf qu'à leur différence on n'a commencé à boire qu'à 19 heures et non dès 17. Ce matin j'ai du mal à émerger. Histoire que chaque seconde d'aujourd'hui me rappelle mon état de semi-vacances d'hier.
Allez je m'en retourne à la formation des party systems en Europe de l'Est. Qu'est-ce que j'ai une gueule de mort-vivant sur cette photo, quand même.

Sunday, May 20, 2007

Examens
"This is not about what you know. This is about what you can write on the day of the exam". C'est un petit conseil de révisions, mais pas grand monde y va pour les écouter.
"Getting the facts right is not enough", rajoute le prof. J'ai une petite pensée à Louvain-la-Neuve, où j'aurais eu une grande distinction en énumérant le cours. "You need authors' names. You need arguments. You need counter-arguments You need empirical evidence. And you need to give your own opinion". Et si je n'ai pas d'opinion? "You just need to have one. And you need to explain why you are thinking that way".
Une autre prof nous explique: "the difference between a 58 and a 60 lies in one or two sentences added at a critical moment." Mais aussi. "The difference between a 60 and a 58 lies in the one or two sentences that you placed when you didn't need them". L'intelligence, la rapidité d'esprit, l'intuition. C'est ça qui comptera.
L'examen, la course contre la montre. Tout le monde nous en parle. Mais à mon opinion, le plus dur, c'est maintenant. C'est la course d'endurance.

Examens


Khrushchev, trois "h". Seulement un à Zhivkov, mais deux "v". Timisoara, deux "i", deux "a". Balcerowicz, s'écrit "viks"; Mazowiecki, "ck". Przeworski, "p" "r" "z" dans l'ordre de l'alphabet. Tous les moyens mnémotechniques sont bons. J'y repense avant de dormir, je me les récite dans ma douche, l'orthographe m'omnibule. Les lieux, les dates, les noms. "You can get away with the names by describing the post" m'a dit mon prof. Voyons. Dubcek, "secretary of the Slovak Communist Party". Remplace Novotny comme "Communist party secretary". Mais pas comme président. Le poste de président, c'est pour Svoboda. Et si je devais connaître le nom et le poste?
"Read the question". Rien de pire que de commencer à répondre à toute vitesse, et de se rendre compte trop tard: Je ne réponds pas à la question. C'est le même sujet, d'année en année, mais ce n'est jamais la même tournure de phrase.
  • Question de révision: Compare the development of nationalism in the European semi-periphery to that in the core
  • 2006: Compare and contrast the role of state nationalism and sub-state nationalism in the European semi-periphery
  • 2005: To what extent did nationalism promote democracy in the European semi-periphery?
On pense qu'on connait sa matière, et puis on ne sait pas la formuler. Et on s'exerce, avec les questions des années précédentes. On en fait deux. Quatre. Bientôt on en a fait dix. "Time yourself. The timing is very important". Un chronomètre à côté de moi, m'imaginant en conditions d'examens. Imaginant le stress. J'essaie de répondre en 50 minutes, pour être sûre que le jour de l'examen, je le fasse en 60.
Et je relativise, j'écoute cette chanson de Regina Spektor.


This is how it works
You're young until you're not
You love until you don't
You try until you can't
You laugh until you cry
You cry until you laugh
And everyone must breathe
Until their dying breath
Je ferai juste de mon mieux.

Friday, May 18, 2007

Oeuf du Matin... Chagrin?
Ce matin, je me suis réveillée vers 4 heures, et je ne suis pas arrivée à me rendormir. J'étais une fois encore perdue dans un de ces rêves de blocus où j'essaie d'étudier une page qui n'existe pas, ou bien où je me casse la tête à inventer des théories qui n'ont aucun sens (et dont je ne me souviens jamais, de toutes façons).
Bref après une heure de tournade et retournade dans mon lit, après avoir expliqué le comment du pourquoi de l'univers, en passant du "j'ai trop chaud" au "j'ai trop froid" au "keske c'est pas confortable", j'ai abandonné, et à 5 heures j'ai ouvert mes rideaux pour regarder le lever du soleil.
Quelle torture ça doit être pour les gamins lève-tôt qui doivent attendre une heure décente que leurs parents se réveillent, qu'est-ce qu'ils doivent s'emm*rder les pauvres.
Ceci dit, pour entrer dans le vif du sujet: les oeufs dès le matin.
J'ai une prof extra pour les révisions, elle passe des heures entières à nous donner des conseils d'examens, en nous parlant de sa propre expérience d'étudiante et de celle de son mari (son college sweetheart, si vous voulez tout savoir).
Hier, elle nous a donné ce conseil judicieux: le matin de vos examens, mangez des oeufs. Les oeufs, c'est "full of good stuff for the brain", et ça a assez bien marché pour elle: elle a toujours réussi avec des "A" (ooh jalousie!) et même le matin où elle a dû présenter sa thèse de doctorat... Elle a eu un oeuf.
Alors. Je voulais vous demander votre avis. (Amaury l'allergique aux oeufs, ton avis ne compte pas).
Moi perso je trouve ça très difficile de digérer un oeuf, comme ça, dès le petit lever, ça bousille mon foie un truc de dingue. Et en manger un avant l'examen, merci, mais je sens que je vais focaliser pendant des heures sur le fait de: "je vais être malade, là, je vais pas le digérer, ça va être la honte, est-ce que j'ai le droit de sortir si je suis malade, mais si je sors je vais perdre du temps de réponse?"
Alors le tout est de savoir: est-ce que c'est vraiment "full of stuff for the brain" ou bien juste full de calories et graisse? Un avis scientifique sur la question?
PS: Moi mon petit secret ce sont les kiwis. Plus besoin de café quand on a un kiwi dès le petit matin.

Tuesday, May 15, 2007

Hauts et Bas
Je crois que je dois m'excuser pour mon humeur de ces derniers jours. Elle vascille du haut vers le bas vers le haut vers le bas en l'espace de quelques secondes. Elle explose, elle gèle, elle bouillonne; je suis aussi instable qu'une association de dihydrogène et de dioxygène*.
Côté extrême noir. La santé de ma grand-mère, le stress des examens, la peur de ne pas être prise pour le stage de la Commission.
Côté extrême rose: et si je réussissais mes examens? Et si j'étais prise pour le stage? J'explose dans des excès de joie en me projettant dans un futur plus qu'incertain.
Et je repasse en extrême noir, en repensant à ma grand-mère.
Trop de choses en même temps, trop de choses que je ne peux pas changer.
Il y a des moments où j'ai tant pensé à ma grand-mère que je finis par accepter la situation. Je commence à faire mon deuil, mais je reviens automatiquement en arrière en me disant que c'est indécent d'y penser aussi vite. Il y a d'autres moments où je n'y pense plus, où je me mets à penser au stage, à tout ce que cela changerait si j'étais choisie. Il y a des moments où plus rien de cela ne compte, où je veux juste avoir fini mes examens, peut importe mon grade. Des moments où je veux juste dormir.
La plupart du temps, j'essaie de penser à maintenant juste comme à quelque chose de temporaire. Quelques sales semaines. Un mauvais moment à passer. Un mois, et tout sera résolu, en bien ou en mal, mais au moins j'aurai l'esprit moins chargé.
En attendant, ne soyez pas choqués si je déborde un peu sentimentalement.
Un mois, et tout sera résolu.
* Je remercie grandement l'Assistant pour sa métaphore scientifique. (Vous pensiez vraiment que j'avais trouvé ça toute seule?)

Monday, May 14, 2007

Bibil est présélectionnée
Ca y est, ils sont arrivés, les résultats de la présélection pour le stage de la Commission sont là.
Tout beaux, tout frais de ce matin, ils sont apparu soudainement sur le site il y a moins d'une heure. Moi cela faisait bien dix jours que je cliquais dessus tous les quarts d'heure de façon obsessionnelle.
Mais ils précisent: "un email a été envoyé à tous les candidats de cette liste pour les informer de leur présélection".
Oui, mais, je n'ai toujours pas d'email. Pourtant, je ne rêve pas, c'est bien mon numéro de candidat qui est là, dites-moi que vous voyez bien la même chose? C'est bien ça? Ce n'est pas une illumination collective? Je détourne les yeux, je reviens. Je checke les chiffres un par un. Ca m'a l'air d'être exactement le même de façon identique. Mais pourquoi on ne m'envoie pas d'email? Je checke mon spam... Non, c'est pas dans le spam. Mais de toutes façons est-ce qu'un email de la Commission arriverait dans le spam.

En attendant je compte le nombre de sélectionnés, ça me prend 20 minutes, ils sont près de 3000, et on sera 600 à être pris. Zut. Il va falloir que je lobbye pour ma personne. Mais sur le site, ils précisent très explicitement qu'il ne faut pas qu'on spame les gens de la Commission dans l'espoir de décrocher une place.

Un peu de la même façon qu'ils nous disaient qu'ils allaient nous envoyer un email. Je rechecke mon inbox, toujours rien, mais qu'est-ce qu'ils foutent là-bas? Est-ce que c'est un complot, ils ont déjà décidé que je ne serai pas choisie? MAIS TU ME L'ENVOIES CET EMAIL, OUI????

Ouf. Respirons. Gardons le contrôle de nos nerfs. Où en étais-je, ah oui, le lobbying. J'en appelle à votre bon coeur, si vous connaissez des pistons.

Sunday, May 13, 2007

Bonne-Maman
Pendant plus d'un an, à chaque fois que j'allais la voir, je me disais avant de partir que peut-être que je la voyais pour la dernière fois. Je retournais à Londres. J'apprenais derrière mon écran d'ordinateur qu'elle avait eu une crise cardiaque. Puis une autre. Puis une troisième. Je pleurais un peu, mais je savais qu'elle était encore là.
Elle s'en remettait à chaque fois, et j'allais encore la voir, elle était encore la même. Toujours, le même sourire, la même démarche, un peu plus lente peut-être, comme si rien ne s'était passé. A chaque fois, je repartais en me disant, dans le coin de ma tête: peut-être que je la voyais pour la dernière fois. Mais je la revoyais toujours.
Sauf maintenant.
En avril, tout avait changé. Elle n'avait plus de sourire, plus de démarche, plus la force de marcher. Elle était épuisée. Je monologais, je répétais trois fois la même chose, cela n'avait pas d'importance. Elle n'avait plus la force de m'écouter. Elle ne mangeait plus rien. Une demie-heure après mon arrivée, elle est allée se coucher, et je suis restée avec mon grand-père sur la terrasse. "L'homme n'est pas fait pour vivre aussi longtemps" m'avait-il dit. Il était résigné. "Nous sommes prêts à partir". Si vulnérables.
Et cette fois-là, c'était difficile de laisser ce "c'est la dernière fois" dans le coin de ma tête.
J'enverrai une carte postale demain, comme je le fais deux fois par semaine depuis que je suis ici. Mais cette fois-ci je ne sais pas si elle arrivera à temps pour qu'elle la lise.

Saturday, May 12, 2007

How would you be defined in the dictionary?
Plus besoin d'inventer des mots qui sont pas dans le dico: internet le fait pour moi. Si j'étais un adjectif, je serais...



Sybille --

[adjective]:

Visually addictive



'How will you be defined in the dictionary?' at QuizGalaxy.com


Jusque là, c'est cool, mais attendez la suite...


Bibil --

[adjective]:

Having the texture of congealed cheese



'How will you be defined in the dictionary?' at QuizGalaxy.com


Donc attention à vous, le fromage congelé entraîne une dépendence visuelle!

Et vous, comment seriez-vous définis si vous étiez un mot?

Friday, May 11, 2007

Le compte à rebours

Exam timetable


Dans un mois, mon programme ressemblera exactement à cela.
A six examens en neuf jours.
Ou peut-être devrais-je ajouter: à six examens de la LSE en neuf jours. Ca va être chaud chaud chaud, je n'attends que ça, je ne vis plus que pour cette semaine de réjouissances.
Le système d'examens est tellement différent qu'en Belgique, cela en est presque plus stressant que la matière elle-même. Que je vous schématise un peu comment cela va se passer.
Je vais arriver là-bas, connaissant au maximum 70% de ma matière, c'est-à-dire une moyenne de 50% du total de mon cours. Déjà ça, en soi, c'est un peu perturbant, mais passons.
Je vais avoir huit questions différentes. Je devrai en répondre à deux. J'ai une heure pour chaque question, donc deux heures au total. Je diviserai mon temps de la sorte: 5 minutes pour faire une outline, 45 minutes pour répondre à la question, 10 minutes pour relire, et rebelotte pour la question suivante. Je sortirai de la salle d'examens sur les genoux et les mains en feu d'avoir écrit à une vitesse surhumaine et je m'en irai joyeusement étudier mon examen du lendemain.
Ma feuille de papier rendue avec tant d'émotion ne portant en entête que mon numéro d'étudiant (pas de nom, pas de nom) s'en ira chez mon prof, qui le corrigera, qui le donnera à un autre prof de la LSE, qui le corrigera également, qui le donnera à un autre prof n'appartenant pas à la LSE qui corrigera de même. Si les notes coïncident plus ou moins, on me donnera la plus avantageuse (ah, merci!). Si elles divergent, des discussions intensives vont s'ensuivre.
Cela n'est pas tout. Une fois le mois d'octobre arrivé et ma dissertation rendue, l'Institut Européen de la LSE va se réunir et discuter de façon très réfléchie mes résultats pour me donner un grade final. On va voir si on peut m'augmenter (oui oui oui) ou me rabaisser (ah non hein) en fonction de ma moyenne.
Compliqué?
A peine. Mais c'est essentiel si on veut rester neutre.

Heureusement que le mois de mai est un mois à 31 jours. Souhaitez-moi bonne m*rde.

Wednesday, May 09, 2007

La note fourre-tout du mercredi
... Pas spécialement parce qu'on est mercredi, en fait. J'aurais pu le faire hier, ou demain, ça se serait appelé différemment mais le contenu aurait été le même.
Mais je m'égare.
***
Tout d'abord, je voulais exprimer ma compassion envers tous les gens qui ont tapé sur Google: "Homme Nu", "Fille Naturiste" ou "grosse en mini-jupe" et qui ont atterri ici. Ces braves et honnêtes gens qui ont sans doute une raison tout-à-fait valable d'entrer ces mots-clés ont dû se sentir trompés, floués, voire humiliés par leur moteur de recherche préféré. Sachez que je partage votre douleur.
Moi-même quand je tape "Bibil", je suis renvoyée vers une bibliothèque religieuse, avec Google qui me demande gentillement, "did you mean bible".
***

Buy Now


Sans transition, j'ai réservé mes vacances aujourd'hui.
Je m'en vais gambader joyeusement dans la campagne islandaise, manger du poisson grillé et (ré-)expérimenter les douches communes dans la convivialité. Quelques mois plus tard, je prendrai le métro à Tokyo, je mangerai des sushis et je me saoûlerai au saké dès 8 heures du matin (n'est-ce pas Kanako, c'est bien ça le programme?).
Pfouf, mon compte banquaire s'en trouve directement plus allégé, ouais faut le dire ce petit combo estival m'a coûté la peau des fesses, et je ne vous dirai pas à combien j'ai fixé le prix de la peau de mes fesses (ça vaut pas les 10 millions de Jenifer Lopez, ça c'est certain).
Maintenant que ceci est dit, je me demande combien de gens sur Google vont taper "fesse" et arriver ici.
***
Allez, bonus du jeudi, rien que pour vous.
Voici les mots clés qui ont linké sur mon blog hier.

Mots clés pour arriver à mon blog

Tuesday, May 08, 2007

Bibil n'est pas française.
Venu de mon flatmate, dimanche soir.
- So who did you vote for?
Mon flatmate qui, si je peux le rappeller, vit avec moi depuis septembre. D'accord qu'on me demande mon opinion; mais qu'on me demande pour qui je vote? Ca a été comme ça toute la journée d'hier, et j'ai bien dû me rendre à l'évidence: ici, on pense que je suis française.
Non mais zut à la fin, il faut que je le rappelle comment? Je ne suis pas française, I am not French, ik ben geen Fransemachin, je suis BELGE. I am from ze pays of ze (French) fries.
Et donc, non, je ne suis pas déçue parce que Sarkozy est élu, ça ne me gache pas ma journée, je ne songe pas à changer de nationalité, parce que de un, je ne soutenais pas Royal, de deux je ne peux pas voter pour un pays qui n'est pas le mien et de trois, au final, ça va changer que dalle à ma vie quotidienne.
Ce qui m'a frappée dans ces élections, c'est à quel point tout le monde s'est senti incroyablement impliqué, qu'ils soient français ou non. J'ai eu droit à des débats passionnés, de brillantes tirades, des analyses pointilleuse, tout cela de la part de gens qui ne voteront pas. Ici, le débat incluait souvent un ou deux français et plein d'étudiants internationaux, et le débat prenait place entre deux tirades sur les affaires internationales. Puis, on passait aux Américains pour un éternel débat sur Bush, et puis le tour de table en venait chez moi et puis... eeeeeuh... et toi Sybille ton président t'en es contente?
Mais par contre il a fallu que j'évite msn ces derniers jours, et ce de façon délibérée, admirez la persévérance. Rien qu'à voir les pseudos qui ne parlaient que des élections française, et j'étais découragée. J'ai envie de dire, oh les mecs vous êtes belges, parlez un peu de nos élections à nous! Oui oui parce qu'il paraît qu'on va avoir des élections un de ces quatre en Belgique... Mais bon jettez-moi la première pierre parce que j'ai quand même fini par en parler sur mon blog.
Je crois que l'occasion est d'ailleurs bien choisie pour vous balancer un petit vox pop réalisé par Victoria, qui s'est baladée dans le terminal de l'Eurostar dimanche (et s'est fait éjecter par le personel de bord). Ca donne ça:


Je sais pas pour vous, mais j'aime bien entendre l'accent français!
Sinon, ben, aujourd'hui, j'ai incroyablement la tête dans le c**, je me lève de plus en plus difficilement et surtout avec de moins en moins d'enthousiasme. Je vais vous faire un petit inventaire, tiens. Du côté des choses qui diminuent:
- La qualité de mon sommeil
- La motivation face à ma matière
- Les jours avant de passer chez le bourreau (i.e. avant les examens)
- La propreté de ma chambre
Par contre, du côté des choses qui augmentent dans des proportions hors de contrôle:
- Le stress
- Le temps que je passe sur internet
- Mon appétit
- L'ennui!
Je me demande ce que je serais en train de faire si je n'avais pas choisi ce master, et sans déconner, y a des jours où le chômage/le métier d'archiviste me paraît comme une alternative plaisante.
Oh faut se reprendre. Tous avec moi, au travail, feignasse.

Sunday, May 06, 2007

L'identité de la nation française
Je sais que je me refuse de parler politique sur ce blog, mais quand même, il y a des débats auxquels je suis sensible. Je me spécialise en immigration, minorités, identités nationales, j'écris un mémoire sur l'intégration des minorités ethniques et j'ai étudié à travers l'histoire les différentes idéologies qui ont voulu créer une nation homogène à l'exclusion de ceux que l'on juge ne pas appartenir.
Et je trouve que le tournant qu'est en train de prendre la France est dangereux.


D'accord, j'aurais pu choisir un autre critique que Gérard Miller pour exprimer mes propos. Mais ce débat sur l'identité nationale, cette tentative de redorer le passé de la France, cela devrait tirer la sonnette d'alarme. Je doute très fort que la nouvelle identité nationale de Sarkozy va inclure les immigrants, les minorités ethniques ou les minorités religieuses; pourquoi donc? La France a toujours eu tendance à rayer de son histoire nationale l'immigration, refuse de se reconnaître comme ethniquement hétérogène, et si on combine à celà un orgueil sur un passé français que l'on redessine sans tache... Et auquel on appartient pas par citoyenneté, mais par conformité ethnique, religieuse, culturelle, ou oserais-je dire, par descendance? Comme cela me rappelle certains discours des années 30. Manipuler le passé à des fins politiques, c'est toujours loin d'être innocent.
Bon, ce serait gentil que vous ne me harceliez pas sur msn ou par email, si vous avez une remarque vous pouvez le faire publiquement via les commentaires. Si c'est une insulte au moins ayez le courage de sortir de l'anonymat. Et je tiens à signaler que je ne soutiens pas Royal juste parce que je critique Sarkozy. J'exprime juste une opinion, pour laquelle je n'ai pas de solution. Au final, c'est la France qui choisira, et je ne pourrai rien y changer.
PS: Si je peux me permettre une remarque sur les raccourcis que fait Sarkozy au deuxième passage. Que dit-il? Les Musulmans sont polygames, ils pratiquent l'excision sur leurs filles, ils égorgent des moutons dans leur baignoire. Vous en connaissez beaucoup, des Musulmans comme ça? Vous auriez envie d'en connaître si c'était vraiment ce que vous pensiez d'eux? Et comment vous sentiriez-vous si c'était vous qu'on rejetait de la sorte? N'auriez-vous pas raison de vous sentir insultés?
L'excision, par exemple. Jusqu'à preuve du contraire, en Europe, c'est reconnu comme une pratique culturelle, et non religieuse. Il s'agit certes d'une pratique ignoble, d'une mutilation, illégale à juste titre, mais qui fait partie des traditions culturelles de certains pays, et pas du Coran. Oui, les raccourcis. C'est vite dit, trop vite dit pour qu'on puisse y réfléchir. C'est trop facile. Des images fortes et barbares pour démoniser l'Autre, et se définir en opposition à lui.

Friday, May 04, 2007

Un peu de surréalisme
Il y a des jours comme ça...



Strange days

Même nom, orthographe différente. Il paraît que c'est la sienne qui est correcte.
Arh. Je suis une faute d'orthographe depuis ma naissance. Quelle ironie.
Et puisque j'étais dans le coin, voici une photo du Gherkin, autrement appelé "la fusée", ou bien, d'après ma mère, "le suppositoire géant", affectueusement renommé "le suppo" par moi, et j'ose pas vous dire ce que Guillaume l'a appelé.

The Gherkin




The Gherkin

Question posée par Vincent: comment est-ce que je trouve le temps d'updater mon blog pendant mon blocus?

Réponse: Je n'ai pas le temps. Mais je le fais quand même. Et du coup je dors moins. Donc j'aime le marteau piqueur chaque matin. Mais là ces derniers jours la fatigue m'est tombée dessus alors j'update moins.

Voilà. Je perds aussi beaucoup de temps à planifier mes vacances, ça me distrait, ça me donne quelque chose à espérer et une raison de survivre à ma session d'examens. Sérieux, on en discutait entre classmates. On se disait: "si jamais on devait mourir maintenant, quelle serait notre première pensée"? Réponses: "No exams!" ou encore "Sweet, I don't have to do my dissertation". Pfff. Il faut voir ça comme un mauvais moment à passer. Comme une appendicite ou un cors au pied. Etendu sur deux mois. En se faisant opérer à vif pendant une semaine. Allez je m'en vais shaker mes noix de coco pour me donner du courage, de toutes façons tout le flat est réveillé, on a eu un combo marteau piqueur/camion poubelles ce matin.

Tuesday, May 01, 2007

Ô marteau piqueur
Que je t'aime, que je t'aime! Pendant un mois je n'avais plus entendu ton doux son, me réveillant sans aucune contrainte extérieure et perdant ainsi de précieuses heures de travail.
J'avais oublié ce que je ratais. Mais heureusement ces glorieux temps sont de retour.
Dites-le moi, qui n'aime pas profiter du lever du soleil à 6h30 am - AM, oui ça veut dire le matin, oui oui oui - par le son de la route qui se perfore, accompagné d'éventuelles vibrations quand le camion se met à forer de concert?
Autre argument. Qui ne s'est jamais couché en oubliant d'allumer son réveil, et malgré le comfort de sa couette, a dû se lever à contrecoeur pour tout mettre en route? Et bien, grâce à toi, ô marteau piqueur, je peux dormir tranquille sans m'en préoccuper, sachant que la municipalité s'occupe de mon réveil en douceur. La municipalité veille sur moi. Elle m'aime. Elle se préoccupe de mon bien-être.
Et puis, ô marteau piqueur, si je peux me permettre, je trouve que ton son répétitif me rappelle vaguement la techno des boites dans lesquelles je ne vais plus, examens obligent, et m'ouvrent une fenêtre d'évasion sur mes cours. Trraaaatraaatratraaaaaaam poum poum, que tu fais, et le camion t'accompagne de concert, tit tit tit tit vroum vroum, et tes ardents ouvriers participent avec un fond vocal fort harmonieux et assez indistinct de leur accent. Il n'y a pas à dire, le chant des oiseaux qui rompt le silence, c'est démodé, et je jubile à l'idée de connaître désormais des rythmes plus urbains et branchés.
Et puis une fois que je suis réveillée, le fait de savoir que je ne suis pas seule, d'être constamment rappellée qu'il y a une présence dans la rue, cela me donne l'impression d'être dans la vie active. Cela me permet de faire une séparation entre la semaine et le week-end. Pardon le dimanche, parce que heureusement le samedi tu es là aussi.
Je ne sais comment je surmonterai ton absence, ô marteau piqueur. Je remercie la providence que tu sois toujours là malgré qu'on ait annoncé ton départ pour la fin du mois de mars. Je pense que je vais t'enregistrer sur 10 CD avec bonus, que je jouerai cette douce mélodie chaque matin au réveil, à des heures que je n'ai pas choisies pour connaître cet émerveillant sentiment de gueule dans le c** quand on est sorti la veille. Je chanterai dessus. Je danserai dessus. Je ferai des remixs, ça fera un tabac. Ô marteau piqueur, si tu acceptes d'être ma Muse, à nous deux nous pourrons monter les marches du succès et briser les préjugés musicaux, métaphore renvoyant à la façon dont tu brises la route, comme ça, sans pitié.

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Bon. La morale de cette histoire? Retrouver les boules quiès mises de côté depuis le départ de la flatmate dépravée.