Monday, February 12, 2007

Eurostarlette
Samedi matin, 4 heures, le silence de la nuit (si on peut appeler ça le silence, il y a un oiseau sadique qui chante à partir de 2 heures du matin, quel malade) est interrompu par la sonnerie stridente de mon gsm. Debout. Ah, quoi, qui, pourquoi? Un coup d'oeil à l'énorme valise à mes pieds, et cela me revient. Prendre l'Eurostar. Parce que dans sa très grande bonté, l'Eurostar m'a octroyé des billets gratuits, mais seulement à 6 heures du matin... Joie. Enfin je file sous la douche, le regard sexy-balles de ping pong des difficiles lendemains, et puis je suis partie.
Le chauffeur de taxi a l'air fatigué. Je lui demande si je suis sa première cliente. Non, il a travaillé toute la nuit: tous les week-ends, il travaille la nuit, depuis 4 ans. C'est un peu difficile d'acquérir le rythme, mais on s'y fait. Par contre c'est agréable d'avoir une conversation normale avec ses clients de nuits, parce que d'habitude ils ne sont pas sobres. Il me demande pour quelle occasion je voyage. Je lui réponds, c'est juste pour revoir ma famille et mes amis.
"It is so hard to keep in touch when you're abroad", je lui dis. Il est tout à fait d'accord. Sauf que lui vient d'Afrique, et rentrer chez lui, c'est difficile. Il téléphone parfois. Internet, sa famille ne l'a pas, et lui non plus d'ailleurs.
Moi c'est par internet que je garde le contact. J'écris un blog, j'écris des emails, je parle sur msn. Je ne veux pas me l'avouer mais mine de rien je suis quand même isolée. En Belgique, j'ai revu des gens que je n'avais pas vu depuis longtemps, et j'ai appelé des gens que je n'avais pas entendu depuis plus longtemps encore. J'étais chez moi, et j'appelais pendant des heures comme quand j'avais 14 ans. Puis j'allais manger une pitta comme quand j'en avais 20. Et j'allais boire des bières au Coach comme à chaque fois que je rentre Londres. J'avais tellement de choses à dire, tellement de choses à entendre, tellement de bêtises à raconter, tellement de choses à rattraper. Tellement de nouveaux souvenirs à créer.
En même temps, j'aime aussi l'idée d'être comme un oiseau migrateur. M'immerger dans un pays, puis retourner dans un autre, et voir comme tout a changé mais en même temps que tout est resté le même.

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