Thursday, August 31, 2006

Fryent Country ParkAaaah le calme, la nature, les oiseaux qui chantent, après une semaine dans le stress et dans la pollution de la ville... Regardez bien ces photos, le soleil se lève à peine sur un champ d'herbes folles, perce à travers le feuillage enchanteur d'un bosquet. Qui pourrait croire que cet endroit se trouve à Londres?
Il s'agit de Fryent Country Park, une véritable ôde à la campagne en plein centre de Wembley, le coeur urbain du Middlesex. Le parc couvre 103 hectares, et sa réserve naturelle abrite quantités d'oiseaux, de lapins et de rongeurs, ainsi que d'occasionnels renards. Des petites haies séparent les champs aux tons dorés. Ce qui devait n'être qu'un bol d'air est rapidement devenu un vrai paradis, ravivant la nostalgie de la campagne de mon enfance.
Il est 10 heures du matin, un homme et son fils jouent au cerf-volant, des petites filles se promènent à cheval et des petites vieilles promènent leur chien. La conversation n'est pas difficile à engager, ces dames ont toute une vie à raconter mais préfèrent me parler de leurs labradors et des renards. Je suis une étrangère, cela s'entend, mais elles n'arrivent pas à déterminer mon accent. "Un accent français", je réponds, et elles me disent que j'ai de la chance, parce que le Français est une langue si difficile à apprendre, mieux vaut le connaître quand on est jeune. D'ailleurs tout est mieux quand on est jeune, elles n'ont plus les jambes pour traverser le parc, et elles se contentent tous les jours du même parcours.
Résultat? J'ai fini par porter les sacs du marché jusque chez elles.
Voici une photographie aérienne prise sur le site officiel du Brent Borough of London:
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Wednesday, August 30, 2006

Notting Hill CarnivalColoré, vous ne trouvez pas? Brésil? Rio de Janeiro? Non, c'est le carnaval de Notting Hill à Londres.
Ce festival de rue, mettant à l'honneur la culture des Caraïbes, a été établi dans les années 60. Son but initial était de résoudre les tensions entre les nouveaux immigrants de la mer des Antilles et les autres communautés existantes. Depuis, il ne cesse d'attirer du monde; cette année, ce sont environ 500,000 personnes qui se sont déplacées.
J'étais préparée à beaucoup de choses, mais pas à ça. Le long des rues principales, des danseurs aux costumes colorés défilent et dansent sur les sons de la Jamaïque. Dans les rues secondaires, des centaines de petites échoppes vendent nourriture, boissons et produits touristiques à des milliers de jeunes agglutinés en masse. Si vous aimez les bains de foules, les baffles faisant vibrer votre corps quelque soit la distance qui vous sépare, et si vous aimez vous faire asperger de bière ou de lait de coco, alors le carnaval est fait pour vous! Personnellement, je doute que quiconque, fût-il l'étudiant le plus guindailleur de Louvain-la-Neuve, puisse tenir le rythme plus de quelques heures. Mais même pour quelques heures, le carnaval en vaut le détour.
A côté des célébrations officielles, vous pourrez apercevoir de jeunes anglais dansant à l'extérieur devant leur fenêtre:
Ou bien déguster une noix de coco, comme Caro et moi ici:
Boire le lait de coco, c'est simple. Mais manger la noix, c'est loin d'être aussi facile! Après moultes tentatives avec nos doigts et nos ongles, c'est la carte d'étudiante de Caro qui y est passée. Désolée Caro, mais c'était pour la bonne cause...
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Tuesday, August 29, 2006

Caro in London Tout a commencé par une conversation msn vendredi soir. Caro me demande si "c'est toujours d'accord pour que je vienne demain?" Hein, demain? Et là je me rappelle: je lui ai proposé de venir pour le week-end. "Oui oui tout à fait" je réponds, et pendant que nous réglons les détails, je regarde ma chambre à la dérobée et ne peux m'empêcher de constater une similitude avec un champs de bataille ou avec une jungle sauvage.
Elan de panique.
Vendredi, 23h00: Je me jette sur mes affaires éparpillées, je les empoigne à bras le corps, les planque à droite et à gauche, m'empare d'un aspirateur, passe la salle de bain aux grandes eaux, nettoie, dépoussière et désinfecte.
Samedi, 9h30: Je me rue au supermarché, achète des crumplets et muffins par paquets de dix, passe tout mon répertoire téléphonique à la recherche d'un matelas pneumatique, et finalement arrive une heure en retard au rendez-vous, le frigo plein et ma chambre scintillant de propreté.

14h00: La journée est superbe, nous décidons de marcher de Victoria station à Big Ben. Puis de là, nous nous disons, pourquoi ne pas remonter jusque Trafalgar square? Et de là, jusque Leicester square? Et de là, jusque Picadilly Circus. Et de là, nous prenons un cappuccino et décidons de passer un peu de temps dans Hyde Park.
19h00: Nous l'avons traversé sur toute sa longueur. Voici Caro posant devant les fontaines:
Et nous voici disant bonjour à Peter Pan.

20h30: Fidèle à moi-même, j'emmène Caro à Chinatown pour un repas student pas cher (quiconque est déjà venu me visiter à Londres a dû expérimenter la chose).

23h00: Après cette journée épuisante où nous avons gagné quelques kilos de muscles et parlé sans interruption pendant une dizaine d'heures, nous nous plantons devant Desperate Housewives. Et là, Caro commet l'inadmissible: elle s'endort.
Crime.
Alors même que Rex apporte à Bree les papiers du divorce.
Le lendemain, dimanche 9h00: réveil avec un petit déjeuner de roi. Muffins, crumpets, porridge, céréales et fruits, cela aurait dû suffir à nourrir un régiment entier mais pas nous.
11h00: Nous tournons un peu autour de Harrow, de son centre commercial et de son école réputée, et concluons le tout par un lunch de tortellinis carbonaras (je n'ai jamais autant mangé de ma vie).
Et hop, ni une ni deux, nous voici parties pour le Carnaval de Notting Hill (voir futur post). 15h00: Il fait chaud comme au milieu de l'été, nous avons bu du lait de coco à même la noix, mangé l'intérieur, fait un peu de bruit en suivant le défilé, exploré les rues bondées de mondes.
17h30: Nous tentons de sortir de la zone du carnaval pour attraper un bus, n'importe lequel, vers n'importe où.
18h00: Nous sommes à l'arrêt au milieu de centaines de personnes tentant de s'échapper.
18h30: Nous attrapons le premier bus qui passe et descendons au premier arrêt de métro que nous voyons.
19h00: Aaaaah! Enfin le calme! Nous voici à Primrose Hill sur Regent Park, admirant la vue sur Londres et surtout le ciel, car nous sommes couchées de tout notre long et entamons une sieste réparatrice. Caro constate, en enlevant ses chaussures, qu'elle a tant marché que la semelle s'est trouée.
21h00: Voici qu'arrive une pizza taille XXL devant nos assiettes. Nous sommes chez un Italien à Hampstead Heath, adresse découverte grâce à l'anniversaire d'Eliana.
23h00: Et nous voilà rentrées, encore plus épuisées que la journée précédente, mais cette fois nous découvrons que Rex a une maîtresse qui satisfait ses passions sado-masochistes et nous ne nous endormons pas devant Desperate Housewives.
Lundi, toutes les heures: du café, encore du café et beaucoup de café. Il pleut, nous marchons un peu à travers le British Museum, collections africaines et la gallerie piège à touristes où se trouve la pierre de rosette et les sculptures du Parthénon. Et puis nous nous abandonnons au Café macchiato de Café Néro.
J'ai utilisé le mot "café" cinq fois dans le paragraphe précédente. C'est dire comme nous en avions besoin.
Remarquez, j'aurais aussi pû utiliser le mot "chocolat".
Merci Caroline pour avoir égayé mon week-end. Je me permets de rappeler aux lecteurs de mon blog que son anniversaire, c'est mercredi prochain, le 6 septembre.
Promis, bientôt, je me mettrai au régime.

Saturday, August 26, 2006

Bournemouth
Une petite échappée pour respirer l'air iodé de Bournemouth. J'y ai retrouvé Dyah, qui y habite maintenant à plein temps. Nous avons bien vite compris que les soldes (-70% chez Monsoon) avaient plus d'attrait que les plages où s'entassaient les corps blanc fluo-rouge homards des anglais.
Nous avons écumé toutes les boutiques. TOUTES! Sans exception. Et sans le faire exprès, nous avons trouvé l'objet des fantasmes de Strepy. Pour ma défense, il s'agissait d'une boutique de lingerie tout à fait normale de l'extérieur... Et pour ma défense toujours, je n'y ai rien acheté.
Et puis j'ai retrouvé ma cousine Caroline (ça rime) qui était à Bournemouth en stage de langue. Nous avons écumé les pubs pour une traditionnelle bière à l'anglaise. J'avais une meilleure photo, mais apparemment elle est allée se perdre en Guadeloupe (je laisse à Caroline le soin d'expliquer).

Thursday, August 24, 2006

English Brunch
Dimanche passé, Patrick, notre professeur de journalisme écrit, nous a invités chez lui pour un lunch/goûter/diner anglais. C'est-à-dire, on s'est assis là, et on a causé et mangé toute la journée, en sirotant un peu de thé et en admirant la beauté des roses.
Patrick habite Bushey, en dehors de Londres, dans une charmante petite maison qu'il a aménagée avec passion et parfois avec un peu de kitsch typiquement British.


Si vous aviez vu la table du repas! Des dizaines de petits bols dans lesquels se trouvaient des petits légumes, bitesizes de pain ou de chou-fleurs, humous, sauces et salades variées. Il a dû leur falloir quelques jours de travail pour pouvoir la dresser. Le jardin ressemblait à une jungle tropicale, avec de hauts arbres et plantes gigantesque cachant les maisons environnantes L'entretien ne prend pas beaucoup de temps, dit Patrick: il n'y a que des buissons que le ciel de Londres arrose copieusement.

Mais cette fois-ci le ciel a été clément et nous a même offert quelques rayons de soleil.

Si vous observez bien ces photos, vous pouvez voir des cookies Merriman, ainsi que des blueberry et chocolate muffins que j'ai cuisiné de mes blanches mains.

Et pour comme beaucoup ne pourront pas être là à la graduation ceremony, Patrick a décidé d'en organiser une un peu moins formelle pour nous offrir ce diplôme tout à fait officieux.

"Everybody has a toilet wall", a-t-il conclu en nous l'offrant.

Wednesday, August 23, 2006

Le malheureux destin des jeans de Bibil
Un mardi matin comme les autres, je sors de ma douche, j'enfile un jeans et un t-shirt, je me fais une tasse de thé. Comme toujours, je suis la première levée, et un silence complet règne dans l'appartement, même dans la chambre de la flatmate dépravée. Il pleut un petit peu. Rien ne laisse présager le drame. Je baille, je m'étire. Je me prépare à mettre mes chaussures, je me penche, et... crac. Une énorme déchirure au niveau des fesses.


Rha! Mon jeans GAP préféré! C'est pas vrai! Après une investigation poussée, force est de constater que le tissus est usé jusqu'à la corde (et non pas, comme le disent les mauvaises langues, que j'ai beaucoup grossi).
Je dois être maudite. C'est le deuxième que je déchire cette année. J'en veux pour preuve cette photo d'un autre jeans GAP qui s'est rompu au mois de février:


Heureusement, rien de cela ne s'est passé en public...
Petite note mentale: investir dans des sous-vêtements un peu plus sexy. Posted by Picasa
Allez, une minute de narcissisme. Posted by Picasa
Quelques photos supplémentaires du mariage d'Olivier et Marie
Un grand merci à Pierre-Antoine pour cette photo d'Olivier et Marie dans l'église...
...Et pour cette photo à la sortie de l'église.
Que de filles, que de filles!
Si vous saviez ce que ça s'est raconté... Posted by Picasa
Les lumières de la ville
Les lumières de la ville défilent devant mes yeux. Elles dansent, se cachent, se devinent, dessinent des bâtiments, et s'effacent pour en faire venir d'autres, alors que le train s'enfonce plus loin dans la nuit. Au loin, la Tamise et ses reflets; près de moi, des maisons.
J'aime regarder par les fenêtres, apercevoir un meuble, une personne, et m'imaginer à sa place. Un mardi soir dans un salon ou derrière les rideaux d'une chambre, face à un écran ou absorbé dans une conversation.
Puis les lumières s'estompent dans la vitre pour faire place à mon propre reflet. A chaque fois j'ai l'air plus âgée, enroulée dans mon châle pour échapper au froid de la nuit. Ce n'est pas tant mon visage mais plutôt son expression, cette sensation de fatigue et de paix après une journée chargée.
Je viens de laisser ma cousine avec ses amis qui n'ont pas plus de 18 ans. Leurs conversations sont banales, leurs sourires gênés, et pourtant je me souviens, à leur âge, tout me paraissait si intense. Le moindre de leur propos aurait pris des dimensions démesurées. Des tensions, des difficultés, de la joie, exprimés à demi-mots sous une façade encore incertaine. Je ne pourrais plus m'en contenter maintenant.
A ce moment présent, l'intensité, je la sens en regardant les lumières de la ville. J'ai la sensation que la ville m'appartient toute entière, avec toute ses fenêtres et toutes ses vies. J'ai la sensation de lui appartenir aussi. J'ai la sensation d'être exactement là où j'ai envie d'être, alors que le temps s'est effacé dans un halo de lumières que le train laisse derrière lui.

Monday, August 21, 2006

Vive les vacances
Ah les vacances... Je les avais attendues, je les avais rêvées, je les avais fantasmées, j'en bavais déjà, et maintenant que les voilà... Il pleut.
Image: BBC Weather, vendredi 18 août 2006
C'est tellement dommage, me voici forcée de me lever tard, de faire du shopping, de fréquenter les pubs et de partager debauches de repas! Alors que j'aurais pu, par exemple, faire du sport ou faire ma lessive. J'en ai le coeur brisé.
Trève d'ironie. Ci-dessous vous pouvez observer la somptueuse pizza "made from scratch" d'Eyglo, qui sous nos yeux affamés a couvert une pâte faite maison de quelques couches de fromage, de haché, de petits oignons, de poivrons, de salami et de pili-pili.
De ma vie je n'ai rien mangé d'aussi bon.
Mais ce n'était pas grand chose comparé aux brownies de son copain Binni (qui a lâchement avoué avoir utilisé un mélange à brownies de Sainsbury's auquel il a rajouté un peu de chocolat).
Voici les deux chefs-coq, posant fièrement au moment d'une digestion difficile.
Vous l'avez deviné, une grande partie de mes vacances se déroule autour d'une table et d'un plateau de nourriture.
Le thé de 11 heures avec les uns, le lunch avec les autres, le thé de 17 heures avec les troisièmes et le diner avec les derniers. Quelques escapades au centre de Londres, du cooconing devant Desperate Housewives sous-titré chinois (5h30 d'affilée samedi), un peu de bière, de vin et de chocolat chaud. Quelques cookies Merriman sortis du four, des muffins, des salades égyptiennes, de la feta grecque et du poulet mexicain.
Le premier qui me parle régime reçoit mon poing dans la figure.

Saturday, August 19, 2006

Mauvais rêve
Je viens de me réveiller. Un mauvais rêve. L'un de ceux qui vous fait sursauter, sans souffle, sous le choc, le coeur battant. Un rêve dont on n'arrive pas à percevoir le sens mais que l'on sait avoir beaucoup d'importance.
C'était une fin d'après-midi, et nous étions à plusieurs à tuer le temps autour d'une falaise. Les visages, je ne m'en souviens plus; je sais seulement que ces gens m'étaient familiers. Des gens très proches de moi, tous de mon âge ou moins âgés. Nous voulions passer de l'autre côté de la falaise.
Alors j'ai fait un pont de corde: deux cordes principales reliant les deux bords du précipice, reliées entre elles par des liens perpendiculaires et en oblique. Je devais d'abord tisser les cordes entre elles, puis rajouter des planches de bois par au dessus.
Seulement personne n'a pu attendre les planches de bois. Les gens ont commencé à traverser, le vide en dessous d'eux, et aucun sol pour les en protéger. J'avais beau leur dire, revenez, le pont n'est pas fini, ils s'y lançaient quand même. Ce n'était plus un jeu. C'était dangereux. Ils avaient peur.
Et l'un d'eux, juste un enfant, s'est lancé sur les cordes, tel un funambule. Je l'ai regardé s'avancer avec terreur. Je savais très bien ce qui allait se passer et je ne pouvais l'en empêcher. Il a perdu l'équilibre. Et il est tombé.
Pendant l'espace d'une minute, tous les regards se sont fixés sur la chute. On ne soufflait mot. La chute interminable, sans un cri, sans un souffle, bouche bée mais n'y croyant pas, connaissant cependant la fin. Le temps s'est arrêté en une minute d'horreur. L'enfant est tombé dans l'eau. Sans un son, sans aucune violence, comme s'il n'était pas mort, mais il était mort. Je savais qu'il était mort, c'était si réel, mon coeur chavirait, malade, et tout cela c'était la faute de mon pont.
J'ai posé ma main sur l'épaule d'une personne à côté de moi, sans un geste de tension qui, déjà, était un geste de condoléances.
Et je me suis réveillée.
Je sais que ce rêve signifie quelque chose d'important, mais je n'arrive pas à mettre la main dessus. Ces falaises, ces personnes, je les ai vues les jours précédents. Et même ce geste, la main sur l'épaule, je l'ai effectué la semaine passée. Mais ce pont, je ne l'ai jamais vu. Qu'est-ce qu'il représentait? Quel était ce pont que je voulais offrir aux autres, et qui n'était pas prêt?
Je n'ai eu qu'un seul rêve d'une telle intensité auparavant. C'était lorsque j'ai visité Mathilde en Espagne au mois d'avril.
Dans mon rêve, j'étais assise sur le lit dans lequel je m'étais endormie. On m'avait prévenue: il y avait dans le coin un insecte parasite qui pondait ses oeufs sous la peau. Quand on en voyait un, il fallait agir vite: avant que l'oeuf n'éclose, il fallait l'arracher, sinon on était perdu.
Et quand j'en ai vu un sur ma peau, je n'ai pas réagi assez vite. L'oeuf a éclot. Ce sont alors des centaines d'insectes qui ont voyagé à travers mon corps par dessous ma peau, partout, me déchirant de tous côtés. Je pouvais les sentir bouger. Je ne pouvais rien faire pour les arrêter. J'ai paniqué. C'était comme si c'était réel.
Ils se sont fixés autour de mon ventre, comme une ceinture. Comme un bébé, j'ai pensé, avant qu'ils ne jaillissent de mon estomac, transperçant ma peau comme des milliers de lames.
D'une certaine façon je sais que ces deux rêves sont connectés, mais je ne sais pas dire en quoi. A quelque chose que je n'ai pas réussi à faire à temps. Construire un pont, enlever des oeufs. Dans les deux cas le drame s'est produit. Deux drames qui jouaient avec mes plus grandes peurs, la peur de ce qui peut traverser ma peau et la peur du vide.
C'était comme un avertissement. Comme si je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps. Quelques secondes ratées, et l'oeuf avait éclot, et les gens étaient sur mon pont de corde. Le temps... C'était ça qui m'avait fui. Qu'est-ce qui peut donc être si important qu'il ne souffre pas de délai? Ou bien est-ce juste la peur du temps qui passe?

Thursday, August 17, 2006

Vive les mariés!!!
Elégance... Ambiance... Bombance! (copyright tante Axelle) Tout était au rendez-vous pour le mariage d'Olivier et de Marie à Poitiers.

Ah mon cousin Olivier, d'un an mon aîné... Lorsqu'on était haut comme trois pommes, on s'évitait comme la peste: j'étais une fille, il était un garçon, je jouais à la poupée et lui aux petites voitures, il n'y avait aucune entente possible. Mais les temps ont bien changé depuis et déjà, le voilà marchant vers l'autel avec sa dulcinée... *coup de vieux*
La fête a commencé bien avant le mariage, si je puis dire. Comme tout le monde venait de l'étranger, nous nous sommes rassemblés la veille dans le "château" (copyright Star Academy?) et nous avons improvisé une "veillée" dans les champs.

(Ils sont tous plus bronzés que moi c'est d'un déprimant).
Nous avons chanté, crié, beuglé de manière à réveiller tous les habitants des alentours. Nous avons fait une ronde des totems, un loup garou, récité des fables de la Fontaine (heu, oui) et couru tout nus dans les fourés (heu, non).
De bons auspices pour commencer en grande forme la journée du lendemain... Après tout, nous pouvions dormir: le mariage n'était qu'en début d'après-midi.
Tout cela, c'était sans compter sur le coq de la ferme voisine. Je reconnais que nous avions peut-être dérangé le cycle nocturne de l'animal qui, confus, n'a pu attendre l'aube, mais rha! mais qu'est-ce que ça se lève tôt ces bêtes! Et qu'est-ce que ça crie!
Bref, nous étions réveillées aux aurores. Et que font une dizaine de filles lorsqu'elles ont la vie devant elles pour se préparer?


Elles se préparent. Elles utilisent la moindre minute pour se crêper les cheveux et se poudrer le nez. Et au final, elles sont quand même en retard.
Le salon de coiffure a été établi chez la famille Siraut, où la gente féminine était la plus largement représentée. Et Emilie, notre coiffeuse itinérante, est passée sur les cheveux de tout le monde... Tandis que je me dépatouillais avec le Babyliss et maquillais celles qui étaient passées à la coiffure. Finalement nous avons exhibé nos tenues de mariage, et surprise:

Moi qui pensais être originale avec une robe à pois, raté! Aaaah, oui que voulez-vous, c'est très tendance cette année. Vous le saviez? Moi non plus. Au final on avait pas l'air bête.
La messe était très jolie, et ma foi fort émouvante (malgré les passages en latin que seuls les plus vieux ont compris). J'ai définitivement adhéré au sermon lorsque j'ai entendu le passage "ménage à trois", parlant tout innocemment de laisser une place à Dieu dans leur vie de couple. Non je n'ai pas l'esprit mal tourné, mais avouez qu'on entend pas beaucoup ça dans une église...
Quelques images de la messe et de la réception:

On m'a déjà adressé quelques compliments sur Xavier "faisant le rat avec un chapeau de vieille". Félicitations Xavier, en effet... Nul besoin de préciser que le chapeau était le mien.
Après la messe, après la réception, le dîner, et avec lui quelques beaux discours:
Oncle Patrick: "Prenez les lettres du mot Marie, et vous obtenez aimer"
Charles-Antoine: "L'amour rend aveugle, mais le mariage lui rend la vue".


Et après moultes belles paroles, larmes de rire ou d'émotion, festin de roi et libations généreuses, nous nous sommes lancés sur la piste de dance, certains de façon plus enthousiaste que d'autres.
Pierre-Antoine, par exemple:


Alors que certains s'accordaient à dire qu'il avait le "visage mobile" de son père, Gwendoline, un peu gênée, m'a confié de façon empressée: "je te rassure, ce n'est pas comme ça qu'il m'a draguée".
Au final, le mélange Franco-belge a très bien marché. Même si dans la famille de Marie on me demandait "le plaisir de leur accorder une danse", tandis que du côté belge, c'était plutôt: "bon, tu viens là? ou j'invite ta soeur." Et je profite de l'occasion pour dire que non, ce mariage n'a pas été une opportunité de rencontrer de bons partis. Et aussi que ceux qui ont parié que je serai la prochaine sur la liste vont perdre leur argent.
Tard dans la soirée, les mariés ont découvert leur voiture couverte de mousse à raser, de papier WC, remplie de ballons dans lesquels étaient cachés la clé.

Et après de longs au-revoir aux nombreux frères et soeurs, ils sont partis! Vive les mariés!
Et longue aussi a été la nuit après cela. Un de mes derniers souvenirs, voler un plateau-repas dans le frigo et le manger en douce avec mon cousin Stanis. Remonter dans ma chambre en essayant de ne réveiller personne. M'allonger dans le lit, et... entendre le coq chanter.
Rha. Mais achevez-le, j'ai pensé. Avant que le sommeil ne m'achève.
Félicitations Olivier et Marie, vous allez nous manquer pendant ces deux prochaines années.

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Wednesday, August 16, 2006

Fini!!!
Miracle. Mon final project est fini. Il est rendu. Je n'ose y croire, c'est trop beau pour être vrai: je suis en VACANCES!!!
Vous pouvez downloader mon project via ce lien. Et attention, j'ai des droits sur ce truc! Si vous le publiez sans mon autorisation ou sous un autre nom, c'est puni par la loi.
Merci à l'Assistant pour m'avoir prêté une place sur son serveur.
Sur ce, veuillez m'excuser, mais je m'en vais célébrer par des festins orgiaques et des libations abondantes.

Tuesday, August 15, 2006

Je suis vivante
Incroyable mais vrai: malgré toutes les mauvaises prédictions, vents contraires et astres néfastes, j'ai survécu au vol Londres-Poitiers.
Mais quelle aventure! Sitôt arrivée à Stansted près de trois ou quatre heures avant mon vol, je découvre ceci:


C'est la file devant le check-in de mon vol. Oui oui, c'est bien un check-in, ce que vous voyez en tout petit dans le fond... J'ai attendu quelques heures, mais je peux m'estimer heureuse.
Mon vol n'a pas été annulé et -ô miracle- n'avait même pas de retard. C'est là que j'ai plaint amèrement tous ces voyageurs scrutant les tableaux où défilaient les "delayed" et les "cancelled". Tous les vols intra-Royaume-Unis étaient annulés, ainsi que ceux vers les grandes capitales européennes. A Belfast, où était Shirley, certains vols portaient même la mention: "relax and shop".


Dans la file d'attente, on nous distribue des sacs anti-terroristes, c'est-à-dire des sachets en plastique transparent. Nous ne pouvons y mettre que le strict minimum. J'y ai mis mon porte-feuilles et ma carte d'embarquement. A la limite j'étais aussi autorisée à y mettre des médicaments (avec prescription médicale), des lunettes (sans boitier) ou de l'alimentation pour bébés (si j'avais eu le bébé qui allait avec).
Pas de gsm, pas d'appareils photos, pas de livre et surtout rien de liquide. J'ai donc mis à profit mes quelques heures d'attente à prendre des photos, à envoyer des sms, à aphoner ma bouteille d'eau et à lire.
Au passage de sécurité, je dois enlever mes chaussures et me soumettre à une recherche corporelle. J'avise le douanier le plus sexy, je me dirige vers lui d'un air confident, mais je me suis fait intercepter par une dondon à nattes qui m'a fouillé le moindre morceau de tissus en me regardant d'un air suspicieux.
Et j'arrive dans l'avion, un blueberry muffin de chez Starbucks à la main, me demandant comment diable j'allais passer cette heure de vol, lorsque je vois la fille à côté de moi... Sortir un livre. Scandale! Esclandre! Injustice! Comment cet objet interdit a-t-il passé le contrôle de sécurité?
Elle l'a acheté au tax-free, me répond-elle.
J'aurais dû y penser.

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Friday, August 11, 2006

Is it a bird? Is it a plane?
No, it's Superman!
Voilà précisemment l'unique solution à mon problème aérien qui va se poser d'ici 30 minutes.
Parce que j'en ai reçu, des conversations msn rassurantes... Comme Kanako, ce matin:

KANAKO_TOKYO says:
I just realised that attacks tend to happen on specific
dates, like 77, 911, 711...and let's assume that yesterday thing was actually
aimed for today, 811

Iiiiik! Ou bien encore, hier, l'Assistant:
Vincent [pit-thon] says:
altitude de croisière d'un moyen courrier =
?
Vincent [1492] says:
disons 10km
Bibil - prend l'avion demain, et est
dans la merde says:
rha
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde
says:
haut
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde
says:
combien de temps ça met pour tomber
Vincent [1492] says:
30s sans
frottements
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde says:
tu
déconnes?
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde says:
aussi
rapidement?
Vincent [1492] says:
x=g.t²
Vincent [1492] says:
x=10
000m ; g=9.81m/s²
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde
says:
rha je vais même pas avoir le temps de penser à la mort
Vincent
[1492] says:
avec frottements, on peut dire que la vitesse maximale de chute
est de 200km/h
Vincent [1492] says:
3minutes
Bibil - prend l'avion
demain, et est dans la merde says:
ah
J'ai commencé dans ma tête une liste des choses à faire avant de mourir et j'ai constaté que je n'avais le temps d'en réaliser aucune.
Alors, comme certains s'accordent une dernière cigarette, moi je vais m'accorder un blueberry muffin du Starbucks.
Bon, je vais partir à la quête de sac plastiques transparents. Et vous ferai un rapport détaillé de la situation à Stansted...
PS: Ne prenez pas ce post trop sérieusement, que voulez-vous qu'il m'arrive sur un avion Ryanair de Londres à Poitiers?

Thursday, August 10, 2006

Il fallait encore que ça tombe sur moi.
Ca peut paraître con, mais je n'aime pas l'avion. La foule de l'aéroport, les files où on est debout, les délais, et surtout le stress de se crasher droit au sol du haut d'une centaine de kilomètres. J'ai évité la mort (au moins) en allant à Varsovie, et maintenant, lorsque je peux éviter, j'évite. En un an, je suis devenue la plus grande adepte d'Europe de l'eurostar et des trains anglais.
Mais parfois, l'avion est nécessaire, comme ce week-end par exemple, où je dois me rendre à Poitiers pour le mariage de mon cousin.
Et juste la veille du départ, voilà ce qui arrive.
Terroristes en vue, tous les aéroports d'Angleterre sont paralysés, donc de longues files avec beaucoup de monde et peu de chaises en perspective. Pas de bagage à main autorisé (et je fais comment pour transporter mes affaires?). Et la perspective d'exploser en plein vol, aussi.
Le site web de l'aéroport de Stansted est inaccessible, mais néanmoins l'on nous rassure:

The airport itself is experiencing severe disruption to its operation.
Check-in and hand search processes are severely affected, and this will continue throughout the day. We would ask passengers not to come to the airport today unless absolutely necessary. We would also advise those passengers who must travel today to consider using public transport and be prepared for long delays as a result of these measures.
In brief: Hand baggage restrictions are in place; Passengers will be handsearched; Footwear and all items (including pushchairs and walking aids) must be x-ray screened; Liquids will be removed from the passenger.


Ambiance ambiance. Je me prépare déjà à une journée de stress où l'on va (encore) me prendre pour une terroriste, où l'on va me répéter toute la journée que ma vie est en danger et que je n'arriverai jamais vivante à destination.
Je m'étonne que ma mère ne m'ait pas encore appelée pour m'interdire de monter dans cet avion. Peut-être même que l'avion sera annulé...
Est-ce que je dois écrire une lettre d'adieu?

Wednesday, August 09, 2006

Je hais le régime
Photographie: David di Biose pour Stock.xchng
Toute ma journée je l'ai passée à fantasmer sur ça: des trucs gras à manger, des petites tartelettes et des muffins. Et à la place, j'ai mangé des fruits et des légumes, avec en accompagnement le matin un bol de céréales, le midi des tartines et le soir un mini-steak. J'ai interrompu systématiquement toutes les conversations msn de l'Assistant lorsqu'il en venait aux programmes informatiques pour aller chercher des fruits (pardon Vincent, mais j'avais vraiment faim). Et, pire, partie dans mes rêveries de sucre, j'ai laissé échapper le mot "moule" dans le post précédent; je ne m'étendrai pas sur le sujet, mais je l'ai regretté par la suite.
Pliiiiize Amaury continue à corriger mon mémoire!!!
Et puis, là, l'ambiance au kot n'est pas à son zénith: les deadlines, les travaux, je ne croise plus personne, et pourtant on est 16 - à l'exception d'une pieuvre ou d'un pied de poulet. Quand je croise, c'est pour parler de stress et de temps qui passe.
En parlant de temps qui passe, je commence à me préparer mentalement au mariage de mon cousin ce samedi... Il n'a qu'un an de plus que moi. Dans l'église, je vois déjà les tantes me pincer le gras du bras (qui ne fait qu'augmenter avec les années) et glousser: "Alors Sybille, tu es la prochaine sur la liste! Quand nous amènes-tu un petit fiancé?"
Enfin, d'un autre côté, je vais pouvoir me baffrer de trucs bien caloriques et arrêter de rêver de sucre fin par cuillères entières.
Sur une autre note, j'ai découvert ce blog aujourd'hui:

Cliquez sur l'image. Je sais que cette semaine les posts parlaient de moi, mais c'est que je n'ai pas de mots pour parler des autres.
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