Sunday, July 30, 2006

Les vieux qui crient dans le métro
Il se tenait là, à la sortie du métro, torse nu, bras ouverts, défiant la foule qui venait contre lui. Il avait les cheveux gris, sales, il tenait dans chaque main une bouteille d'alcool. Il criait dans le vide des mots que l'on ne pouvait pas comprendre. Son visage, un proche ne l'aurait pas reconnu, déformé par des grimaces que n'interrompaient que ses cris. Les premiers voyageurs ont hésité avant de passer à côté de lui, puis finalement, ils l'ont fait. Tout le monde l'a fait. Et un employé du métro lui a gentillement demandé de s'écarter de la voie.
Les vieux qui parlent seuls dans le métro londonien, c'est chose courante. Personne ne sait vraiment ce qu'ils essaient de dire, ni contre qui ils crient. Au début je mettais cela sur le compte de l'alcool. Maintenant, je n'en suis plus si sûre.
Ce qui est certain, c'est que lorsqu'un d'entre eux entre dans un wagon, les passagers changent de rame. Moi aussi, parce que j'ai peur. Et je me demande toujours pourquoi venir crier dans le métro devient leur seule façon de s'exprimer. Leur seule façon de lutter contre l'exclusion.
Dans ce pays le désespoir se crie à la face du public.
Et il n'y a pas que les vieux du métro. Il y avait aussi cette fille, par exemple, cette étudiante de mon université, qui s'est jetée contre la rame. Elle était moins âgée que moi. Je l'avais peut-être déjà vue dans les couloirs de la bibliothèque, qui sait? Anonyme, jusqu'à ce qu'elle décide de mettre sa mort en scène.
Ou cet homme qui travaillait à l'hôpital voisin, et qui pendant la nuit est venu se pendre à un arbre. Trois mois plus tard, les gens lui apportent toujours des fleurs, et des messages exprimant combien cet homme a rendu les gens heureux. Des mots qui expriment le sentiment de culpabilité de ceux qui n'ont pas vu les choses venir.
Cet arbre se situait sur son chemin du retour, entre l'hôpital et le métro.
Quoi qu'il se passe, le désespoir, c'est dans le métro de Londres que je l'ai vu cette année.

Friday, July 28, 2006

Mind the Gap
Les joies du métro londonien...
Hier, je devais voir ma promotrice au campus de Regent Street. Le plan était très simple. Je prennais la Metropolitan line jusque Baker Street, puis la Bakerloo line jusque Oxford Circus. J'avais prévu 35 minutes de trajet, ce qui était plus qu'assez. J'en veux pour preuve la recherche que je viens d'effectuer sur le journey planner du London Underground, qui me dit: je peux le faire en 25 minutes.
Oui, mais déjà, comme à son habitude, la Metropolitan line s'est arrêtée au milieu de nulle part et sans explication aucune. Mais comme c'est systématique, on prévoit toujours 10 minutes supplémentaires à tous nos trajets. Sauf que là lorsque j'arrive à Baker Street, il était déjà 12h55. Je devais voir ma promotrice à 13h. Bon, 5 minutes pour deux arrêts de métro, c'est faisable.
Et ben, non. La Bakerloo line a décidé, pour des raisons mystérieuses laissées à la discrétion du conducteur de la rame, de ne pas faire escale à Oxford Circus. Consternation, abhération et protestation parmi les voyageurs.
La station suivante est Piccadilly Circus.
Il est 13h10.
Je commence à cavaler à pied le long de Regent Street, avec des chaussures à talon et à contre-sens d'une marée humaine assoiffée de shopping.
J'arrive finalement au campus de Regent Street, dégoulinante de sueur et d'une couleur cramoisie que ma colère contre les transports en commun n'arrange pas. Il est 13h30. Evidemment, ma promotrice n'est plus là.
Comme les emails sont le seul moyen que j'ai de contacter ma promotrice, je pars à la recherche d'une salle d'ordinateur, dans le secret espoir qu'elle y soit aussi. Il n'y en a pas sur le campus de Regent Street. Il faut que je me rende à Wells Street, TRES facile à trouver selon le réceptionniste, sauf qu'il m'a donné de mauvaises indications donc j'ai tourné en rond pendant une demie-heure. Et quand j'ai enfin pu voir mes mails, ma promotrice m'avait écrit, à 13h30 pile: "Où es-tu?"
Où j'étais? Dans la pièce qu'elle venait de quitter cinq minutes avant. Et qu'elle a rejoint cinq minutes après. Alors que j'étais déjà partie. Enfin, nous arrangeons un autre rendez-vous.
Bon, ce n'est pas tout ça, mais il faut que je pense au trajet du retour. A contre-coeur et de nouveau à contre-courant de la marée humaine, je me rends à Oxford Circus, pour constater avec surprise qu'elle n'est plus fermée.
Je m'informe auprès d'un employé, qui me répond:
"Uh? No, the station wasn't closed... What? Didn't stop what? Uh, I dunno, mebbe the driver... mebbe the station was closed after all..."
Super, je demande, donc je peux prendre la Central line (pour aller voir Amaury et Diane qui sont à l'arrêt Shepperd's Bush).
"Uh, don't think so. Mebbe it is better if you walk to Bond Street".
Et c'est reparti. Au bout d'une demie-heure j'arrive à Shepperd's Bush. Il est presque 15h, mes chaussures me font mal, et il commence à pleuvoir. Super. Merci les transports londoniens. Heureusement, Amaury a une voiture.
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Aujourd'hui, je tenais à partager avec vous cette photo de mon chien, qui dans un élan de grâce et d'élégance peu commun, a décidé de lutter contre la canicule à sa façon. Posted by Picasa

Thursday, July 27, 2006

J'ai chaud
Un beau jour, quelques brillants et dynamiques architectes se sont plongés sur un défi d'art moderne: les halls of residence de mon université. Dans ce qui devrait s'apparenter à une recherche de style, ils ont décidé de créer des chambres ayant deux énormes fenêtres s'étalant sur tout le long de leur mur. Et de les alterner avec d'autres chambres aux fenêtres de la taille d'un pois chiche.
Devinez dans laquelle je suis.
En plus, ils ont décidé de faire de la cage d'escaliers une immense verrière...
Je vis dans un sauna, avec une trop petite fenêtre pour créer un courant d'air. Et j'ai chaud.
Du coup, je survis à coup de crêmes glacées et de boissons sucrées, ce qui commence donner le look d'un éléphant bibendum. Mes abdominaux si réputés (hem) ont à présent la consistance d'un flan. Ce qui me fait réfléchir à deux fois avant de me promener à moitié nue pour combattre la chaleur. Et donc... J'ai chaud.
Et le pire, c'est qu'avec tout ce soleil... J'ai pas bronzé d'une miette! Mais au moins j'ai le mérite de vivre entourées de chinoises qui m'envient pour mon teint de poulet.
Mon cerveau va bientôt fondre. Je suis en train d'écrire mes dernières volontés.

Tuesday, July 25, 2006

Deux semaines Image: réfugiée palestinienne de 18 mois à Beirut. AP pour lesoir.be
Deux semaines de conflit au Liban.
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Monday, July 24, 2006

Fiancés Bon d'accord cette photo a trois ans mais elle est mignonne, non?
On ne sait pas où, on ne sait pas quand, on ne sait pas comment, mais c'est fait: A. et G. sont fiancés!
Hé oui... Une petite larme d'émotion perle au coin de mon oeil...
La tradition voudrait que je vous raconte une petite anecdote compromettante. Je pourrais faire une allusion sur les abeilles de G. ou sur le vin de A. - voire sur la cuvée G&A que nous avons dégusté il y a deux ans.
Je pourrais aussi vous parler du bonnet de père Noël que A. avait emporté aux sports d'hiver, et que j'aidais G. à cacher. Mais enfin.
Hélas! Vous vous attendiez à du ragot, du potin et du scandale, mais fort est de constater que je n'en ai pas à vous raconter. Mais si vous en avez, vous connaissez mon adresse email.
A la place je vais faire ce que je fais de mieux: parler de moi. Ou précisément, des estimations que j'avais effectuées quand au mois de leurs fiançailles. J'avais dit (qui a dit parié?) Juillet 2006... Et j'ai eu raison.
C'est lorsque je suis allée rendre visite à G. en Pologne, au mois de février passé, que j'ai eu la puce à l'oreille. "Tiens l'année prochaine, tu comptes la passer à l'étranger?" lui ais-je demandé. "Oh non", m'a-t-elle répondu de manière presque catégorique. "J'ai assez voyagé. Je rentre à Bruxelles". G. qui, l'année précédente, semblait insatiable de nouvelles destinations... Et qui a avoué, dans la foulée, que c'était difficile d'être loin de A. pendant aussi longtemps.
C'est lorsque je suis allée visité l'appartement de A., en avril, que j'ai eu la puce à l'autre oreille. "Tiens, l'année prochaine, tu comptes avoir des colocataires?" lui ais-je demandé. "Oh non", m'a-t-il répondu de manière presque catégorique. Puis se rattrapant, "enfin on verra". Et me montrant, dans la foulée, sa nouvelle machine à laver et son nouveau sèche-linge.
Dès ce moment j'ai commencé à faire des prognostics dans ma tête, déjà toute émue à cette idée. G. rentre en juin. Les cokoteuses de A. partent en juin. Laissons un délai, disons... d'un mois?
Qui a dit que je ne pourrais pas travailler dans la presse people?
J'en profite pour féliciter chaleureusement les nouveaux fiancés et de leur souhaiter tous mes voeux de bonheur... De nombreuses années faites de Risk, de vinaigrettes maisons et de quizz sur Inès!
PS: J'ai déjà fait des prognostics sur les prochains à se fiancer. Eté prochain. Je n'en dit pas plus.
PPS: Non Maman, ce n'est pas moi.

Sunday, July 23, 2006

Joyeux Verjaardag la Belgique
21 juillet, la canicule est à son comble, les bougies que nous avons laissées dehors (à l'ombre) ont fondu.
C'est officiel. J'AI CHAUD.
<-- Je pense avec envie à ces ours polaires du zoo de Berlin qui ont reçu de la glace pour se désaltérer. Photo AP prise sur lesoir.be

Dans une ultime tentative de travailler sur mon mémoire, je trouve un numéro à appeler, décroche le combiné, et écoute mon appel se perdre dans le vide. Personne ne répond. J'en appelle un autre. Répondeur.

Mais qu'est-ce qui se passe aujourd'hui, tous les bureaux sont vides, c'est la fête nationale ou quoi?

- Tilt. -

Oui, c'est la fête nationale. Et pourtant ce n'est pas comme si je n'avais pas été prévenue, parce que les avions ont répété leur défilé pendant des heures au cours des jours précédents.

Photographie par Mark Renders pour Getty Images Entertainment, downloaded for free.

Joyeux anniversaire, la Belgique. 176 ans. Il y a beaucoup de monde dans les rues, des gens curieux de voir les attractions, désireux de célébrer pour notre pays. Notre pays entier, sans division.

Et moi, je suis devant mon ordinateur, devant mon mémoire, et je me dis: jusque lundi, je ne peux plus faire d'interviews. Autant me mettre en congé. Autant inviter plein de gens chez moi et faire un *méga barbecue*. Avec des bières belges, pour la fête nationale, et plein d'autres choses à manger et à boire.

Amaury a très bien compris le principe, comme vous pouvez le voir d'après ces photos.
Je n'ai pas envie d'assister aux attractions de la journée (trop de monde, trop chaud), mais bien au feu d'artifice. Attention, pas question de faire face aux embouteillages et à la foule déchaînée.... Nous allons le voir à partir du toit de l'immeuble de Gatien. Et nous le voyons très bien, contrairement à ce qu'ont pu dire les mauvaises langues. Cet espèce d'énorme immeuble juste dans notre vue n'a rien gaché au plaisir.

Les voisins de Gatien, quant à eux, auraient probablement préféré que nous restions chez nous, mais c'est une autre histoire. Après tout c'était la fête nationale, nous nous devions de faire un peu de bruit, un peu plus même que les Italiens le soir de la finale sinon ce n'était pas crédible.

Puis nous descendons chez Gatien, et là nous trouvons ses pandas planqués derrière son rideau. -->

Bizarre, bizarre, lui qui se fait toujours un honneur de les installer devant la télé lorsque nous arrivons. Une rapide investigation et les aveux de Gatien nous apprennent qu'il s'est agi d'un acte de panique. L'attente de la visite d'une charmante personne à son appartement. Nous n'en savons pas plus. L'enquête est en cours.

<--Nous avons également retrouvé le malheureux Aibo, délaissé loin de sa base depuis quelques mois. Que se passe-t-il, Gatien? Dire qu'Aibo a été son seul et unique confident pendant des mois, filmant discrètement ce qui se passait dans son appart, prenant des photos compromettantes et distrayant les demoiselles de moins de 20 ans.

Enfin au moins une chose est restée la même. Son distributeur de bière qui, en réalité, distribue de la mousse.

En espérant que vous avez tous passé une bonne fête nationale.
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Saturday, July 22, 2006

Vous êtes-vous jamais demandé, en voyant ce genre de photo, ce que cela doit être de vivre à la place de cette fille? Couverte de sang qui n'est peut-être pas le sien, perdant en quelques secondes un être proche ou un lieu familier? Blessée mais vivante, victime mais chanceuse, se demandant pour le reste de ses jours pourquoi, et comment?Photographie prise sur l'album de Naharnet.
Pour faire une donation, trouvez ici une liste d'associations. Et puis... Juste attendre, et espérer.

Friday, July 21, 2006

While we sit and watch
C'est ainsi que Katharina Pätz a titré un article pour cafebabel.

Photographie: AP sur BBC News

"The international community looks on helplessly as the Middle East edges to the brink of war. The UN Commission on Human Rights simply issued a statement saying Israel’s attack broke international law. Europe was unable to even agree on a united statement on the matter. States who are traditionally more critical of Israel, like Finland and Ireland, have tried to get the EU to clearly condemn Israel's military actions. However, states that traditionally support Israel, like the UK and Germany, have refused to condemn the Israeli violence." écrit-elle.

Il y a une semaine déjà, j'étais à Milan avec des amis, écoutant les cigales sous un soleil de vacances. Le jour de son arrivée, Sara apprend que l'aéroport de Beirut a été bombardé. Elle appelle sa famille. Tout le monde va bien. Nous sommes soulagés pour la journée, loin d'imaginer l'ampleur qu'allait prendre la crise.

Mais les jours suivants, les bombes continuent. Chaque jour un nouvel appel, chaque jour de nouvelles craintes. Et chaque jour, après une conversation mixée d'arabe et d'anglais, elle nous dit: "Ma famille va bien". Ajoutant parfois: "Mais le pays est détruit". Espérant que le conflit s'arrête. Découragée, "tout recommence comme il y a vingt ans".

Et elle conclut souvent: "Il faut que je fasse quelque chose". Mais que peut-elle faire, seule en pays étranger, sa famille dans les bombes?

Et nous, que pouvons-nous faire? A part nous assoir, et regarder l'escalade sans fin de la violence. Et dire, "Il faut que ça s'arrête". Mais ça ne va pas s'arrêter.

Wednesday, July 19, 2006

La plus belle des cités mortelles
Disait Pindare en parlant d'Agrigente au 5e siècle ACN.
Il est vrai qu'à l'époque, la cité possédait plus de temples que l'acropole athénienne.
Et maintenant, ben, maintenant... Il en reste bien quelque chose, quelques vieilles pierres, des légendes, et surtout beaucoup d'échaffaudages. Mais au coucher du soleil, du haut de la Vallée des Temples, surplombant la mer et à l'ombre d'un amandier, le romantisme des lieux est incontestable.

On peut aisément imaginer les dimensions des temples rien qu'en voyant le diamètre des colonnes. Et se demander aussi comment, 2500 ans auparavant, ces énormes pierres ont pu faire le chemin jusqu'en haut. Un défi de logistique auquel Guillaume a nonchalament répondu: "Ben, ils avaient des esclaves". Ce qui n'était pas la réponse d'Eliane mais j'avoue que la subtilité de la chose est un peu difficile à expliquer, là, comme ça. Non pas que je n'ai pas compris, loin de moi cette pensée. Hem.


Nous avons choisi d'y aller le soir pour voir les pierres au coucher du soleil. La chaleur n'était toujours pas descendue et, sous 40° et un soleil bien tapant, je me demandais s'il était bien normal que je commence à voir des insectes là où il n'y en avait pas, et le sol bouger comme de l'eau lorsque je le regardais trop fixement. Phénomène que j'ai expliqué par la chaleur, mais qui s'est expliqué plus tard par mon angine blanche et un peu d'anémie que j'ignorais alors.
En tous cas on aurait pu me prendre pour une touriste américaine, en bleu blanc rouge. Ou alors pour une touriste française à l'approche du 14 juillet (ou de la finale, au choix).

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Tuesday, July 18, 2006

Amis internationaux
Craintes internationales

Ceci est le train que mon ami Neeraj aurait dû prendre la semaine passée à Bombay. Et ça, c'est ce qui se passe au Liban pour le moment, où habitent les familles de Noor et Sara.

L'année passée, ces événements m'auraient paru trop distants pour me toucher vraiment. Maintenant c'est différent. Maintenant et dans le futur, peu importe les kilomètres. L'actualité me paraîtra toujours proche tant qu'elle touchera quelqu'un de proche.

Photographies: AP

Wednesday, July 12, 2006

Etna

Notre premier jour en Sicile a commencé à Taormina, une petite ville aux accents médiévaux, construite sur le flanc d'une colline. Aaaah ces petites ruelles étroites à pente raide et aux couleurs du Sud, ces fenêtres geminées (dixit Papa - à comprendre: aux motifs arabes)... Et le Wonderbar où les célébrités les plus en vogues des sixties allaient, parait-il, siroter un Coca-Cola.

Le théâtre grec est très bien conservé. Nous sommes supposés y avoir une vue imprenable sur l'Etna, comme vous le voyez ci-dessous

<-- En réalité, voici ce que nous aurions dû voir.

Papa est très emballé, il s'imagine à l'époque des gladiateurs dans un remake quelconque de Ben Hur.

Sur ce Alice lache une blague: Quel est le point commun entre le Roi et le gladiateur? Réponse: Tous les deux entrent dans l'arène (je préfère l'écrire comme ça pour faire croire que je n'ai pas compris).

La journée continue par un challenge un peu plus sportif: l'ascension de l'Etna. J'aime le dire comme ça, cela pourrait vous donner l'impression que nous sommes partis de tout en bas pour monter tout en haut... Mais en réalité nous avons pris des cabines pour nous amener à mi-chemin, et le reste nous l'avons fait à pied. C'est-à-dire pour moi à peu près deux heures de montée dans une pente plutôt raide couverte de petits graviers (du magma séché, en fait) pour arriver au cratère à touristes. Le cratère à touristes, par définition, ne comporte aucun risque et donc est complètement éteint, ne crachotant qu'avec peine et par intermittence un peu de fumée nauséabonde.

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Papa et Guillaume, quant à eux, ont fait fi des indications "Accès interdit - danger de mort" pour arriver à un cratère encore relativement actif, émettant une abondante fumée toxique dont l'on ne peut logiquement pas s'approcher sans masque. Tout cela ils ne le savaient pas, et ils ne l'ont pas eue très bonne lorsque le vent a brutalement changé de direction et les a étouffés dans ces funestes émanations. Heureusement ils s'en sont sorti. Mon opinion est que la fumée a quand même atteint leur cerveau/les a transformés en mutants.

Campioni del Mondo
Voici qui s'annonce bien pour mon voyage vers Milan: les Italiens sont champions du monde... Je sais je ne vous apprend rien mais que voulez-vous, ce blog souffre d'un retard d'une semaine, alors je fais ce que je peux.
Personnellement j'avais commencé par être pour la Suède. Puis quand elle s'est fait éliminer j'ai été pour le Portugal. Puis quand il s'est fait éliminer, ben... Je me suis rattrapée sur l'Italie. Pourquoi pas la France, me direz-vous? Mais ça va pas la tête? Les Français m'ont rendue FOLLE en Sicile. J'ai été à deux doigts de commettre un homicide volontaire lorsque trois jours après les demi-finales, au petit-déjeuner, nous entendions encore des "on est en finale" ou des "tu te rappelles en 2000? Le but en or?". Oui nous nous rappelons 2000, et aussi 1998, et tant qu'on y est 1986, et eux aussi d'ailleurs, et c'est bien pour celà que si les Français gagnaient cette Coupe du Monde notre vie allait devenir un ENFER vivant, encore pire que si l'Angleterre avait été à leur place.
Autant vous dire que dimanche passé j'avais un petit drapeau italien dans les cheveux, résignée à endurer les claxons italiens jusqu'au bout de la nuit plutôt que l'égo des Français jusque dix ans après.
Nous regardions le match chez Gatien, et qui avait soigneusement aligné ses pandas devant la télé.

Et lorsque les Italiens ont gagné nous avons sorti le champagne (ah oui quand même).


Tout cela m'avait presque fait oublié ce mal de gorge grandissant qui revenait en force après la Sicile. Je précise qu'il ne faut pas y voir de lien de cause à effet avec le post précédent intitulé "le difficile lendemain", mais plutôt une surinfection de ce que j'avais eu en Angleterre et qui n'a jamais été soigné.
Bref cette fois-ci j'étais quand même un peu inquiète parce que mes ganglions surinfectés étaient carrément sortis, me donnait l'impression d'avoir des petits kystes un peu partout - Désolée pour ceux qui seraient en train de manger, mais en même temps on vous a toujours dit que ce n'était pas bon de manger devant l'ordinateur. Le résultat: c'est une angine blanche bien infectée, et le docteur m'a donné des antibiotiques à dosage massif et des antidouleurs qui me donnent l'impression de sortir d'une anésthésie en permanence.
Mais malgré cela j'ai eu bien mal (et ceux qui m'ont parlé sur msn ont difficilement pu ignorer mes plaintes). Enfin croisons les doigts et tout cela sera bientôt derrière moi j'espère.
Evidemment il a fallu que je parte à Milan aujourd'hui et que par radinerie je n'ai pas pris d'assurance annulation sur mes billets. Hé ben je ne peux que m'en tenir pour seule responsable et partir quand même, en espérant que je n'aggrave pas mon cas.
Et puis vous ne verrez même pas que je suis partie parce que pendant mon absence il y aura quand même des posts.
Je vous rappelle encore que si vous voulez m'aider pour mon project de fin d'études, je cherche ardemment à pouvoir parler à des personnes habitant en Europe de l'Ouest et ayant une relation particulière avec un des pays ayant rejoint l'Union Européenne en 2004...

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Monday, July 10, 2006

Le difficile lendemain
Ou: les 1001 Ennuis
Ce n'est pas le premier post à s'appeller de la sorte et ce n'est certainement pas le dernier (pardon Maman, tu ne devrais pas lire ceci). Et d'une façon ou d'une autre, à chaque fois que cela arrive, ce sont les mêmes personnes que j'ai vues la veille. Mais soit.
Cette fois-ci ça a été particulièrement violent. Une fois de retour à Bruxelles, 6 heures du matin, les yeux explosés par mes lentilles que je n'avais pas enlevées et mon niveau d'alcoolémie ne descendant toujours pas... Je l'ai tout de suite su: ce serait une journée difficile.
Difficile d'abord parce qu'il me fallait terminer ma valise afin de partir dans cette même matinée. Et plus difficile encore lorsque je me suis retrouvée à l'aéroport à 11h, fraîche comme une rose du désert (si je puis ici me permettre cette métaphore en relation encore avec mon post précédent), avec toute ma famille, en un 1er juillet et premier jour de vacances survolté. Le plan: vol de Bruxelles à Munich puis de Munich à Catania (Sicile), puis louer voiture et rouler jusqu'à Taormina.
J'ai peu de souvenirs de la première partie jusque Munich, mis à part celui de sombrer dans un coma profond et encore semi-éthilique. Dans ma tête, les paroles de la chanson de Tryo "Désolé pour Hier soir" me reviennent. Glup. Comme un semblant de réalité.
C'est à Munich qu'est survenue l'épreuve. Je sors de l'avion, encore presque à jeûn et expérimentant la joie des différences de pression, et là, l'inévitable se produit: je tombe dans les pommes. Ce qui aurait pu passer pour de l'émotion, car à l'instant même nous apprenions qu'Eliane avait réussi ses examens (félicitations encore).
Ma mère un peu alarmée par ma couleur virant du blanc au vert puis du vert au jaune me traîne à la pharmacie, où la vendeuse, après avoir ri intérieurement de mon pitoyable état, m'a donné des concentrés de glucose et autres médicaments douteux.
Et à partir de là ça a plus ou moins été. C'est-à-dire que j'ai de nouveau sombré dans un coma profond sur les sièges du terminal, puis sur les sièges de l'avion, puis sur les sièges de la voiture, et enfin une fois arrivée à Taormina et le soir venu, j'ai dormi de façon ininterrompue jusqu'au lendemain matin dans un VRAI lit.
Tous ceux qui ont déjà tenté de dormir assis et réveillés à intervalles d'une demie-heure comprendront mon soulagement. Ceux qui n'ont pas encore essayé, testez, je vous le recommande chaudement; vous m'en direz des nouvelles.
Dire que pendant ce temps, la France battait le Brésil et je ne me rendais compte de rien. Sûrement, si j'avais supporté le Brésil les choses se seraient passées différemment... A la place ils ont été supportés par Alice qui a prouvé, une fois de plus, qu'elle porte la poisse aux équipes qu'elle affectionne.
Dans la magie des 1001 Nuits
Il y a des soirées comme on en fait peu.
Une seule, en tous cas, où la promenade à dos de chameau et d'éléphant a été de rigueur. Ou encore, où l'on a reçu du thé à la menthe sur un son de musique arabique.

C'est que le thème de la soirée a été poussé jusqu'au bout pour nous faire vivre 1001 Nuits en l'espace d'une seule.
Nous avons voyagé en bus pendant trois heures dans une chaleur déjà presque arabique pour nous rendre dans le fin fond de la France, mais cela en valait la peine. Fraichement descendus du bus, (dont certains déjà bien entamés, comme à leur habitude, pas besoin de citer de noms), nous nous sommes fait accueillir par moultes coupes de champagnes et petits fours apportés par des serveurs sortant droit d'un film Bollywoodien. Puis c'était au tour d'un éléphant et d'un couple de chameaux de nous emmener d'un endroit à l'autre.

Les princesses de la soirée, Valentine, Catherine et Idalie, avaient choisi des robes bien dans le thème également.

Ci-dessous, Eliane sur l'éléphant

<-- Sur cette photo, si je regarde un peu dans le vague avec un semi-sourire béat... C'est normal. Assoiffée et à jeûn, je n'ai pu résister lorsque j'ai vu défiler les coupes de champagne. Et si vous reconnaissez les personnes sur cette photo, vous pouvez aisément deviner que les coupes sont venues en nombre. Mon célèbre manque de résistance à l'alcool aidant, et les susmentionnés s'étant retrouvés à ma table... Voici ci-dessous une photo prise deux heures plus tard...

Je vous laisse deviner les résultats! Ma vue de plus en plus trouble m'a néanmoins permis d'admirer la superbe tente dressée pour l'occasion.

Et mon pas de plus en plus titubant m'a néanmoins autorisée à danser une valse avec mon cousin, qui m'a rapidement refilée à Geof Hermans tellement je devais être pénible. Mais Sybille, me direz-vous, tu ne danses pas la valse. C'était bien là le problème. Mais c'est drôle de foncer dans les autres couples. Et de se retrouver avec des bleus le lendemain.

Ci-dessous, une photo de la tente et des participants

Et une photo de ma joyeuse table (dont je disculpe la plupart d'accusations éhontées d'alcoolisme qu'impliquerait le récit de ma propre expérience). Mais sur la photo, si vous cherchez bien, se trouve celui pour lequel nous avons dû défoncer la porte de nos WC parce qu'il s'était endormi dessus.
Superbe soirée, donc, dont je garderai des souvenirs inoubliables. Le lendemain a été un peu plus difficile. J'en parlerai dans mon prochain post. (Ce genre de phrase, c'est supposé tenir le lecteur en haleine et le garder rivé sur mon blog dans l'attente du prochain post... J'espère que ça marchera)


Et j'envoie toutes mes félicitances à Strepy, Diane et Manu pour leur Grande Distinction, à Alice, Amaury et Seb (qu'on appelle aussi Calla) pour leur Distinction, et à tous ceux que j'oublie et qui d'ailleurs ne m'ont pas dit leurs points.

Sunday, July 09, 2006

Je suis de retour
Avec cette magnifique image qui, à nouveau, aurait donné bien mieux si elle avait pu être scannée.
Cliquez dessus pour l'agrandir, on ne sait jamais, vous pourriez la voir mieux.Hé oui je suis bel et bien rentrée hier soir dans notre nuageuse Belgique (qui a pourtant bien des charmes).
Après le match Allemagne-Portugal, j'ouvre mes emails avec la curiosité familière des retours de vacances: qu'ais-je raté pendant cette semaine, qui a pensé à moi quand je ne pensais pas à eux? Rapidement, c'est la déception: mes emails, lorsqu'il ne s'agit pas de spam, concernent presque tous mon projet final.
Je clique alors sur mon blog dans l'espoir d'y trouver myriades de commentaires à l'endroit prévu à cet effet. Et là, je ne trouve que deux réactions venant de membres de ma famille (partis avec moi, en plus).
Et quoi, quand je ne suis pas sur mon blog, je n'existe plus? Mon lectorat est tombé de 70% pendant mon absence. Apparemment, mon blog fait partie des choses qu'on oublie avec les vacances, remplacé par une plage ou par la série de l'été.
En plus, mes coups de soleil me font mal, mes cheveux sont devenus tous secs avec l'eau de mer, et j'ai des acouphènes suite à l'avion. Ma chambre est toujours dans un urgent besoin d'être rangée, mon projet final dans un urgent besoin d'être terminé, et un nouvel appartement dans un urgent besoin d'être trouvé.
Aaaahlala vous ne le méritez pas, mais demain, je vous raconte le premier épisode de mon voyage en Sicile.