Wednesday, April 26, 2006

European Voice
Il est temps que je vous parle un peu de mon stage... Cela fait quand même plus d'une semaine que j'y suis. Armez-vous d'une tasse de thé, emportez le laptop dans le canapé. La séance va être longue.
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Tout y est radicalement différent de "The Independent". La newsroom est nettement plus petite: 5 reporters et 3 designers-subeditors. L'éditrice a un bureau presque plus grand que notre newsroom. Et à côté, séparés par un couloir, il y a tout le service compta et publicité. Nous partageons une cuisine dans laquelle nous nous échangeons les ragots les plus divers, en passant par les petits potins des press officers de la Commission aux gros ragots des journalistes qui travaillent dans le même bâtiment.
Le monde de la presse est si petit...
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Mon tout premier article: la République de Macédoine adhère-t-elle aux critères de Copenhague? J'avais deux jours pour le réaliser.
Permière étape: chercher ce que la Commission a publié à ce sujet. Chance, elle a publié un énorme dossier au moment où la Macédoine a bénéficié du statut de canditat. C'était en Décembre 2005. Mais la Macédoine ne remplissait pas tous les critères pour que les négociations d'entrée puissent commencer. Depuis, rien.
Sans me déconcerter, j'appelle le service de presse pour l'élargissement de l'Europe. Au moment où j'ai prononcé le mot "European Voice", j'ai senti comme un large sentiment d'exaspération, et pour cause: comme nous allons publier une édition spéciale sur l'élargissement, cette pauvre attachée de presse nous a tous vus défiler à la chaîne. Nous aurions dû l'inviter à boire un thé, avons-nous plaisanté dans la cuisine: ça lui aurait fait gagner du temps.
De façon un peu cavalière, elle m'a dit que "tout était dans le rapport" et qu'elle n'avait rien à ajouter.
Bon, deuxième étape: appeler les spécialistes. J'appelle un think tank, European Policy Centre, qui m'a passé une spécialiste.
Le monde de la presse est un petit monde... Il est apparu que nous étions dans le même building, et qu'elle connaissait quasi tous les gens de la newsroom.
Et là, voilà qu'elle me dit: "le problème, c'est la corruption". La corruption, réponds-je? "Oui, mais pas seulement en Macédoine! C'est une maladie de toute la région" (sous-entendu: des Balkans). Ah bon? Je feuillette le rapport: ah oui, c'est marqué noir sur blanc, le niveau de corruption est élevé.
A la fin de la journée, je présente mon état d'avancement à mon éditrice, et elle regarde mes allégations de corruption. Elle réfléchit. "Il te faut un second expert" me dit-elle.
Le lendemain, je le trouve. Il confirme. "Mais c'était pire sous le précédent gouvernement", ajoute-t-il. "Et d'ailleurs c'est pire ailleurs". Mais finalement je n'ai même pas utilisé son interview, je n'avais pas la place.
Réaction numéro trois: avoir l'opinion du côté macédonien. Armée de ma meilleure volonté, je téléphone au ministère des affaires étrangères de Macédoine. On me répond en macédonien. Je continue en anglais. On me transfère d'un bout à l'autre du ministère sans que je puisse comprendre un traitre mot ce qu'on me raconte - et sans vraiment avoir l'impression d'être comprise non plus. Finalement, on me passe celui qui, apparemment, était le seul anglophone du ministère. "Mais à qui voulez-vous parler, au juste?" me demande-t-il dans un anglais assez hésitant. Y a-t-il un porte-parole? Je demande. "Un... ah... c'est que... nous n'avons pas de porte-parole". Un service de presse? Je réponds, sans me démonter. Non, ils n'ont pas de service de presse. Quelqu'un qui pourrait me renseigner sur le sujet, alors? "Envoyez-moi un email avec vos questions" me demande-t-il. Je m'exécute et n'en entends plus parler de lui.
Soupçonnant qu'il ne me rappellerait pas, j'appelle le ministère de l'économie macédonien. Ils ont justement un département de l'intégration européenne, et je tombe sur la responsable en question. L'interview était plus que chaotique, mais elle m'a donné quelques phrases intéressantes que j'ai combinées et réécrites dans un meilleur anglais. "Puis-je citer votre nom?" je demande. Question embarrassante. Ma correspondante n'y avait pas songé. Oui, je peux, répond-elle après une longue hésitation. "Quel est votre nom?" ais-je redemandé. Elle me le dit. Je ne comprends pas. Je lui demande d'épeler. Elle n'y arrive pas. Elle me dit: je vous l'envoie par fax. Je lui donne le numéro du bureau et n'ait jamais rien reçu. Soit c'était délibéré, soit elle n'a pas bien compris le numéro.
Quatrième réflexe: parler aux ambassades de l'UE. J'appelle la délégation de Skopje à Bruxelles. On me demande aussi d'envoyer mes questions par email. J'apprendrai plus tard que c'est là également qu'ont échoué mes questions destinées au ministère des affaires étrangères macédonien. Jamais eu de réponse.
J'appelle l'ambassade de l'UE à Skopje. L'officier de presse (probablement le seul de la capitale, si j'en crois ma brève expérience), très sympathique et jovial, m'appelle directement par mon prénom, me tutoie, se la joue cool.
Mon cours d'Investigative Journalism me repasse brièvement dans l'esprit: ne jamais faire confiance à un officier de presse qui essaie de vous mettre à l'aise. Ne jamais lui laisser prendre le contrôle de la conversation. J'insiste. Je rappelle, encore et encore. Vers la fin de la journée, victoire! J'obtiens l'ambassadeur en personne.
Toute fière de mes prouesses, je retourne auprès de mon éditrice. Elle regarde mes sources, et me dit: "c'est très bien, mais peux-tu avoir la réaction d'un parlementaire?" Je la regarde avec de grands yeux. A quoi cela va-t-il bien me servir? Elle rajoute, il doit être Finlandais, de préférence, car je ne suis pas sans savoir que la présidence de l'Europe ira à la Finlande au moment où l'élargissement en question aura lieu.
Finalement, il n'est pas Finlandais, mon parlementaire, il est Slovène. Quelle importance? J'ai ma quote.
Tout cela me donne un article bien ficelé, plein de citations de partout, de points de vues et de débats. Environ 1000 mots.
Il a été réduit à 500 mots par les subeditors... Je verrai demain le carnage.
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Ce matin, l'éditrice m'a envoyée à une conférence de presse.
Un brunch. Car c'est bien connu, quand les journalistes ont la bouche pleine, ils posent moins de questions. C'était tellement bon, j'ai considéré l'option du doggy-bag, mais je n'ai pas osé.
La conférence était sur un projet appelé "Cafés d'Europe", ouvrant le 9 mai 27 cafés dans les capitales européennes, où auteurs, parlementaires et citoyens échangeraient leurs points de vue. Notre point de vue à nous, c'était que auteurs et parlementaires allaient venir, mais n'auraient comme public que la presse, les ambassadeurs et intellectuels de l'Europe. "N'avez-vous pas l'impression de prêcher à des convertis?" a demandé un journaliste. Virulente réaction. "Nous ne prêchons pas", répété avec détermination.
Pas de chance pour lui, l'orateur était ministre des affaires étrangères de l'Autriche. Une question fuse sur la réunion des ministres des affaires étrangères (des pays membres de l'Europe) qui devait se tenir début mai, mais qui a été reportée et réportée maintes fois sans d'explication. Une occasion en or qu'aucun journaliste n'a laissée passée. Au bout d'une dizaine de questions harcelantes et déconcertantes, l'orateur s'est mis en colère. "Il ne s'agit pas du sujet de cette conférence et je ne suis pas la personne appropriée pour en parler". Regards déçus dans l'assistance. Un homme a murmuré quelque chose en Allemand à côté de moi, je soupçonne un "mon oeil" en plus vulgaire.
J'ai sympathisé avec les gens à côté de moi. "European Voice"? me regarde-t-on d'un air sceptique. De toute la newsroom, je suis celle qu'on ne connait pas.
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Toujours là? Félicitations. Le thé a refroidi, le sofa est devenu trop mou, mais je verse une larme à votre élan de fidélité. Demain, vous pourrez voir mes beaux articles.

Monday, April 24, 2006


Trop niquédélique, Baby!

Ce samedi, Austin s'est rendu à Ostin, et nous nous sommes tous mis sur notre 31.

Nous étions invités bien galamment par Jérome (à gauche), Fred (à droite) et par l'Assistant (qui accueillait les invités lors de la photo).

La superbe touche de Julien.

Pour l'occasion, j'ai fait une razzia dans la garde-robe de ma grand-mère et j'ai trouvé cette pure merveille de robe ainsi que des bijoux fantaisies qui, selon toute apparence, auraient appartenus à ma tante.

Yeah, baby, yeah! Une pose avec Eliane devant la Shaguar.

Vous pouvez remarquer le travail des maçons (inside joke au copyright Strepy)

Et deuxième pose devant la même voiture, quelques heures plus tard. Remarquons au passage le magnifique mini-short de Gwen (un short Mickey... elle vous expliquera).Et enfin, voici une photo artistique de moi dansant un rock avec l'Assistant.

J'ai toujours détesté ces attroupements de mecs qui attendent le moment où les filles tournent trop et où leurs jupes remontent.Merci l'Assistant, merci F-Red, merci Jérome! C'était une soirée groovy, Baby. Dès le lendemain il a fallu que je me rue à la dvd-thèque pour louer le trois que je n'avais pas encore vu. Pour être honnête, j'ai même fait deux dvd-thèques: j'ai fui la première après qu'un vieux vicelard mais susurré dans l'oreille "vous sentez très bon, mademoiselle".

Je peux aussi constater que certains d'entre vous n'avaient pas perdu leur Mojo... Mais ça, ce sera bientôt dans le forum ragot.

D'ailleurs, en parlant ragot! J'ai laissé mes boucles d'oreilles dans la veste d'un des invités (le ragot consiste à savoir dans la veste de qui).

Saturday, April 22, 2006

Chasse aux oeufs
Vous l'attendiez tous avec impatience, voici mon post consacré à la chasse aux oeufs!!!
Strepy m'a devancée et en a fait un récit détaillé sur son blog mais je garde l'exclusivité des nombreux et prolifiques ragots appris au cours de la journée.
Des heures durant, les cloches de Pâques (qui a dit Alice et moi?) se sont amusées à tracer un chemin, y ajouter des motifs en forme de flèches, étoiles, coeurs et smileys. Tout ceci s'est vu anéanti en cinq minutes sur le passage d'une nuée d'étudiants affamés. Ces petits oeufs innocents se sont vus brutalement arrachés du sol par une horde de barbares hurlants, dépecés de leurs emballages et croqués sauvagement... Aurait-on pu imaginer plus cruelle fin?
Diane, sans se départir de son verre

Is that an egg in your pocket?

Qui est venu le premier: l'oeuf ou la poule?Cours, Forest, cours!Alexis, chasseur expérimenté, s'en revient de la chasse avec le fauve.Et après la chasse aux oeufs a commencé une soirée RAGOTS comme j'en ai connu peu jusqu'à présent - et croyez-moi, je suis assez expérimentée dans le rayon. Je pense que je vais ouvrir une agence de presse avec tout ce que j'ai appris.
Ragots chez les mecs Ragots chez les fillesRagot à gauche, ragot à droite
Et ragots qui continuent sur le nouveau forum de F-Red! Je profite pour en faire brièvement la pub dans l'espoir qu'il me laisse être modérateur du forum ragot (accès réservé aux membres).
Weeeeeeeee!!!!
J'ai décroché un stage à The Times! Hé oui ça rigole plus...
J'ai envoyé ma demande en janvier, j'ai reçu une réponse en avril et je commencerai en novembre. Je suppose que la file d'attente doit être longue, car attente cela a été.
Pour ne pas faire de jaloux, voici un post consacré aux photos d'Alexis. Ou plus précisemment, à ses photos prises sur les pistes.
Voici moi-même skiant sur une piste noire (en hors-piste).

Et me voici à l'arrêt. (De Ray?)
Et nous voici, imitant Alexis (je pense). Je spécule qu'il s'agit d'antennes d'extraterrestres, idée donnée par Alexis suite à son extraordinaire performance au pictionnary.
Je pense que le moment est bien choisi pour lancer une ou deux petites "on ne dit pas".

  • On ne dit pas le ton monte, mais la fille moche prend l'escalier
  • On ne dit pas un pinailleur, mais un mari infidèle
  • On ne dit pas la camisole, mais la drogue rend seul
  • On ne dit pas l'Arabie Saoudite, mais où se trouve l'Arabie? (Ce à quoi on ne peut que répondre: "c'est par là, mec")
  • Une invention d'Alice: On ne dit pas tamari, mais es-tu marié?

Et enfin, pour finir, je vous annonce triomphalement que je me suis achetée un hard drive de 100 Gigas. Et oui je me geekise que c'en est affolant. Je n'ose même pas noter le commentaire de Seb suite à cette révélation, c'est trop terrifiant...

Tuesday, April 18, 2006

Les photos de Kanako
Kanako n'est pas Japonaise pour rien... Elle a bombardé de photos aux sports d'hiver. Et ses photos sont souvent plus réussies que les miennes... C'est pour cela que je me permets de faire un album photo spécial Kanako.
Joyeux Anniversaire Kanako!
Alice ne comprend pas

Une partie endiablée de Colon de Catane (regardez, Gaëlle se concentre... elle va encore gagner c'est sûr!)Les fillesLes mecsEt encore les mecsTempête de neigePanorama de la PlagneEt parapente aux Arcs. Merci Kanako!

Monday, April 17, 2006

JOYEUSES PÂQUES!
Ou, comme me l'ont dit quelques personnes à l'humour prononcé, Joyeuse fête... (Pâques, fête des cloches).
Voici quelques photos du repas familial:

Une publicité pour TuPyj:

La Chasse aux oeufs:Les emballages de chocolats que j'ai mangés (dont la majorité sont des Milka rouges, avec biscuit à l'intérieur):
La cloche de Pâques:Cousins, cousines, oncles et tantes de passage sur mon blog, silencieux à l'ordinaire, laissez vos commentaires.
Les Arcs
Aaaah, les vacances... Combien de temps les ais-je attendues!
Je reviens d'une semaine de ski aux Arcs. Non, je ne me lasserai jamais de cette station. Cette fois-ci j'étais accompagnée de Gaëlle, Alexis, Kanako et Laurent, et je rejoignais ma petite famille en blocus.Le séjour serait trop long à raconter. Je ne peux qu'exprimer ma frustration face aux trois victoires consécutives de Gaëlle aux "Colons de Catane". Celle-ci avait d'ailleurs emmené son double malégique dans ses valises ("Gaëlle" entre guillemets), qui s'est amusée à casser la vaisselle, à empêcher Alice d'étudier ou à amener le mauvais temps.
Non pas que le temps ait (vraiment) été mauvais. C'est vrai que notre séjour a commencé par une superbe tempête de neige, mais celle-ci nous a laissé une neige superbe au retour du soleil. Nous avons tous grillé comme des diots, à l'exception de Kanako qui est repartie avec un bronzage resplendissant lui donnant l'allure d'un panda.
Nous sommes aussi allés skier une journée à la Plagne:
Il semblerait que l'influence japonaise ait été déterminante pour nommer les pistes de la Plagne. Nous avons descendu Kamikaze, Hara-kiri et Banzaï, pistes toutes aussi rassurantes que leurs noms.

Sur les pistes encore, nous avons croisé les chasseurs alpins se déshabillant (alors que la vue était bien plus jolie de l'autre côté, dixit Alexis). Nous avons discuté des malheurs d'Inès de la Fressange, qui avait perdu l'homme de sa vie (profession: esthète et marchand d'art). Nous avons croisé des panneaux plus qu'expressifs:
Et nous avons aussi souhaité un bien joyeux anniversaire à Kanako.
Et enfin, pour conclure, une superbe photo de la vue à partir du chalet:

Friday, April 07, 2006

J'ai un problème.
Les chiffres le montrent:
  • Voici 1 mois que je n'ai plus rangé ma chambre
  • 3 semaines sans faire ma lessive
  • Je pars dans moins de 24h
  • Pour environ 2 mois
  • Ces heures seront entre autres occupées à respecter 3 deadlines

Et j'ai promis à un ami que je laisserai sa soeur loger dans ma chambre. Ma chambre qui ressemble à ceci:

Cela ne s'est pas arrangé par la suite. Pendant:

Ce n'est que vers 2h30 du matin que j'ai réussi à donner à ma chambre un air civilisé (tout en sachant que je me levais vers 6h pour attraper l'eurostar).

Après (le lendemain, tôt):

Monday, April 03, 2006

Ceci n'est pas un poisson d'avril
(ou: la Blue 2006)

Les photos sont sur le site! Allez sur http://www.cecinestpasunpoisson.be/, password poisson.

En voici quelques unes (au risque de passer pour une égocentrique)






Et pour finir, à paraître dans Playboy:

Et voici le commentaire de Strepy. Merci à tous!