Tuesday, December 05, 2006

Bibil n'est pas déprimée
Si si, je vous jure, c'est vrai! Merci beaucoup pour tous vos emails et vos coups de téléphone inquiets, mais mon moral va bien, et ne s'est jamais porté tellement mal par ailleurs.
D'accord, j'ai laissé quelques posts pessimistes, mais il faut mettre ça sur le compte du stress, de la fatigue, de la pluie, de la nuit qui tombe à 16 heures, du manque de vie sociale et de la quantité indigeste de boulot qu'on a sur le dos.
C'est vrai ça fait beaucoup, résumons ça et disons que je suis fatiguée. Epuisée? A bouts de forces? A vous de choisir le synonyme que vous préférez.
Ou pour vous donner un meilleur aperçu de la situation, cela fait 10 semaines qu'on est comme en blocus, sauf que le vrai blocus est encore à venir et cela ne va pas être de la rigolade. J'arrive encore à gérer, à rendre mes essays à temps et tout ça. J'aime les sujets que j'étudie (encore bien sinon je me jeterais tout droit du haut des escaliers de la bibliothèque (d'ailleurs je me demande pourquoi personne ne l'a fait jusqu'à présent (j'aime mettre des parenthèses dans les parenthèses (d'ailleurs je vous en rajoute encore une)))).
Mais c'est vrai, toute mon énergie intellectuelle est aspirée par mon écran d'ordinateur et du coup toute ma créativité s'envole, le stress arrive, le temps me manque, et ce blog en souffre. Je ne fais plus qu'y mettre ce que j'ai sur le coeur quand je suis angoissée.
Mais je vous rassure, je vais bien.
Par contre... J'ai un peu parlé autour de moi (de la vie sociale? On aura tout vu!) et beaucoup de gens ont l'air de très mal gérer le stress. Hier, à la bibliothèque, je me suis assise à la table d'une de mes classmates. Elle a passé son dimanche après-midi avec sa flatmate à boire une bouteille de vin et à rejetter tout travail pour préserver sa santé mentale. "This master makes me feel so depressed", m'a-t-elle dit en baissant la voix, comme une confidence honteuse. Et c'est vrai que venant d'elle cela en était peut-être une, car pour moi, elle faisait partie des filles qui arrivaient à tout cumuler et avec le sourire.
Ensuite, je suis allée boire un café avec des amies de cours, c'est-à-dire avec celles qui avaient encore le temps d'aller aux cours. "I am so stressed inside", a avoué l'une d'elles sur son double espresso. Elle avait l'air si fatiguée! "I am so tired outside but so nervous inside, and the more nervous I am, the more tired it makes me feel".
Dans la study room, le soir, une chinoise a eu un nervous breakdown. Il était genre une heure du matin, elle a commencé à pleurer hystériquement, à trembler de tout son corps, sans pouvoir se contrôler. Et personne ne l'a regardée d'un air bizarre. On comprenait tous. On essayait de la réconforter, mais que pouvait-on faire?
Et ce matin, 8 heures (et déjà mon deuxième café de la journée), je vois débarquer ma flatmate dans la cuisine, les yeux gonflés comme des balles de ping-pong. Elle n'avait pas dormi. Elle a dû rendre un projet énorme la veille, et ce matin elle a dû rendre un autre essay. Elle a tenté en vain de repasser un pull pour pouvoir aller aux cours mais elle était trop à côté de ses pompes, elle a abandonné après avoir renversé toute l'eau du fer à repasser.
Alors à côté de ça, hein... Moi et mes occasionnels état d'âmes, mes problèmes de digestion stress-café, mon retard permanent et mon spleen face à la pluie... Il n'empêche, je me pose de sérieuses questions quant au bien fondé d'un tel forcing. D'accord, la LSE doit bien tenir sa réputation de quelque part mais quand même, il faut savoir rester humain.
Allez je vous mets une petite vidéo du week-end, c'est un funambule à Covent Garden.

Sur ce, je m'en retourne explorer les élucubrations démentielles de mon cher ami Nietzsche. (Le nihilisme est à la porte! Soyez-en avertis). La citation du jour:

When a woman has scholarly inclinations, there is usually something wrong
with her sexuality. Nietzsche, Beyond Good and Evil, §144

1 comment:

Anonymous said...

Je suis bien d'accord avec lui...